XVI INTRODUCTION
Dans Arsace et Isménie, les descriptions voluptueuses ne sont pas aussi fréquentes que dans le Temple de Gnide; on y distingue de plus une noblesse et une puissance de style de beaucoup supérieures. L'exposition du caractère d'Aspar, Venumération de ses vertus, sont des lignes d'une concision et d'une grandeur adniirables. Il y a bien d'autres passages empreints des mêmes qualités, et il serait trop long de rapporter tous ceux qui méritent d'être cités. On lira et on relira peutêtre ce poème, bien au-dessus du mépris de La Harpe qui le comptait a pour n'en». L'invocation de la reine de Bactriane, le tableau de la cour du roi de Médie,sont des morceaux remarquables, et, de même que dans le Temple de Gnide^ on trouve dans Arsace et Isménie des lignes d'une poésie charmante. Dans ces œuvres de second ordre, la langue ne cesse pas d'être à la hauteur de celui qui la parle, et elle est tout à fait digne des idées qu'elle exprime.
En rappelant les critiques qui accueillirent au dernier siècle, aussi bien que de nos jours, les deux productions de Montesquieu réimprimées par nous, nous avons cherché à adoucir la note et le caractère sévère de ces appréciations et tenté de montrer que, somme toute, ces deux écrits, malgré leurs défauts, renferment encore des beautés de premier ordre. Peut-être certains passages semblent- ils singuliers sous la plume d'un ancien magistrat;