II INTRODUCTION
Sous l'influence d'étroites inspirations , Racine avait tâché de faire oublier les ardeurs inassouvies de Phèdre en se tournant vers la tragédie religieuse. Le rire menaçait de disparaître pour longtemps de la scène française , et dans les premiers jours de septembre 1709, la mort avait enlevé Kegnard au moment menu ou. son talent annonçait un émule de Molière.
Tenue, durant les dernières années de Louis XIV, sous une tutelle rigoureuse et austère, la FranS aspirait avec impatience à l'heure de son émancipation : celle-ci fut aussi excessive que la contrainte avait été pénible. L'époque qui suivit la mort du Koi, fut un temps de frivolité et de licence extrême. Il y eut, avant l'heure de l'épuisement, qui ne fut pas longue à survenir, une exagération incroyable dans les dérèglements qui accompagnèrent ce réveil des plus néfastes : exagération dans la dépravation des mœurs, exagération dans certaines productions littéraires qui dépassèrent peu à peu toutes les bornes.
L'Art d'aimer, ce poème assurément inoffensif et encore réservé, préludait timidement aux vers plus sensuels et profondément libertins de Parny. Des personnages des plus graves, comme poussés par ce courant irrésistible, trouvaient tout simple de se délasser de travaux et de devoirs austères, en mettant au jour des œuvres qui ont mérité, et quelquefois à bon Iroit, l'épithète d'erotiques. Le