IV INTRODUCTION
ses plus indiscutables caractères, l'œuvre de Montesquieu nest cependant pas exempte de tentatives littéraires marquées au coin de cette galanterie affectée et souvent trop libre qui fut tellement à la mode à la fin du siècle dernier.
Les deux ouvrages que nous réimprimons, le Temple de Gnide ef ArsaceetIsménie ont été jugés avec une égale sévérité par les critiques nombreux qui se sont jusqu'à ce jour occupés de l'auteur de /'Esprit des Lois. Après avoir accordé sans réserve à Montesquieu tous les éloges, ils ne lui ont pas ménagé les appréciations les plus sévères en parlant de ces deux productions, qu'il ne faut pas à coup sûr placer au-dessus des autres écrits de leur auteur. Si l'on tentait de les reléguer dans un oubli sans appel^ ce serait, croyons-nous, une exagération d'une autre nature, et d'Alembert , dont le jugement a été en cette occurrence moins sévère que celui de ses contemporains, a dit avec sagesse, en parlant du poème en prose intitulé le Temple de Gnide , qu'il dépendait des écrivains les plus célèbres dans ce genre de fixer le rang qu'il devait occuper, et qu'il méritait de pareils juges^.
Plus tard, dans un supplément destiné à com-
I. Éloge de Montesquieu, par d'Alembert. [Encyclopédie, tome V, 1755.)