INTRODUCTION. V
pléter son Éloge de Montesquieu*, d'Akmberl citait, après Vavoir approuvé sans réserve, le jugement que La Harpe avait porté sur le Temple de GNiDE,/e déclarant dicté par la vérité et par le bon goût. L'opinion de La Harpe était néanmoins des plus sévères et émaillée de critiques assez vives : seule la conclusion était exacte et juste en appelant le Temple de Gnide « une bagatelle ingénieuse^ décorée du nom d'un homme de génie ». C'était là bien juger.
Quand la gloire d'un écrivain a pu atteindre, presque de son vivant, les hauteurs où celle de Montesquieu est parvenue , il sera toujours utile de remettre au jour les moindres de ses productions. Il convient de les préserver de l'oubli , de les isoler — pour leur plus grand avantage — de l'œuvre générale et de leur attirer un peu de cet éclat qui entoure les écrits d'une importance plus considérable.
Avant de devenir un philosophe de premier ordre, l'auteur de /'Esprit des Lois , qui méprisait cependant quelque peu la poésie et les poètes-,
i . Ce supplément se trouve dans une édition des Œuvres de d'Alembert publiée à Paris en i8o5. Il vient à la suite de V Eloge de Montesquieu.
2. « Ces auteurs dont le métier est de mettre des entraves au bon sens, et d'accabler la raison sous les agréments, comme on ensevelissoit autrefois .les femmes sous