‹ Le temple de GnideChapitre 6 sur 25 · VI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VI INTRODUCTION

s'adonna plus d'une fois à ces compositions brillantes et faciles en apparence et dans lesquelles la fiction et Vesprit entraient pour la part la plus grande. Ce sont des œuvres des plus légères, mais qui nous conservent le souvenir et le vivant cachet de cette littérature frivole qui tenta, presque sans exception, à cette époque, les esprits les plus élevés. De telles frivolités, quand elles atteignent la perfection qui caractérise quelques-uns des écrits de cette nature, ont encore droit à notre entière admiration. Dans le Temple de Gnide, dans Arsace et Isménie, Montesquieu, à côté de passages diffus et trop pleins de recherche, a semé des pages exquises qu'on ne pourra s'empêcher de relire avec le plus grand charme, et que caractérisent déjà la profondeur de pensée et la haute sagesse qui constituent le meilleur de son talent. En abandonnant de temps à autre ses études et ses méditations philosophiques pour s'appliquer à ces écrits plus simples, mais non moins travaillés, il semblait avoir souci de nous garder les traditions du beau style et de cet esprit de bon goût et de

leurs parures et leurs ornements. » [Lettres persanes, lettre CXXXVII.) Voltaire ne pardonnait pas à Montesquieu d'avoir parlé des poëtes dans ces termes. Quand on lui reprochait les traits qu'il lançait contre l'auteur du Temple de Gnide, il se contentait de répondre : « Il est coupable de lèse-poésie. » (Voir La Harpe, Pans, Didot, gr. in-8, t. III, p. 262.)

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