INTRODUCTION. VII
bon ion qui a disparu de nos jours pour prendre des allures tout à fait contraires.
Aujourd'hui l'esprit n'est pas toujours de trèsbonne compagnie, ainsi qu'il sut toujours le rester au XVIII^ siècle^ et la plaisanterie moderne frise presque toujours la trivialité ou le manque de savoir-vivre. La société, à l'époque où. vivait Montesquieu, était assurément très-dissolue et engagée dans une voie funeste , mais, après avoir mis de côté les mièvreries et le précieux du XVIb siècle, elle avait su s'approprier un ton, des manières et un charme indéniables, qu'on a remplacés aujourd'hui par le sans façon ou par une familiarité outrée.
Nous devons à présent rappeler les conditions et les circonstances dans lesquelles sortirent de la plume de Montesquieu les deux ouvrages que nous avons jugés dignes de faire partie de la Collection des petits chefs-d'œuvre. Ils montreront sous un jour nouveau les aptitudes diverses d'un écrivain de premier ordre que la réflexion et l'étude avaient rendu supérieur à tous, et qui ne se présente d'ordinaire à nous que sous l'apparence d'une gravité imposante.
C*€st en IJ25 que parut, mais sans nom d'auteur, le Temple de Gnide. Le privilège du Koi porte la date c/u 29 janvier et l'édition originale, celle-là même que nous reproduisons, ne fait mention d'aucun achevé d'imprimer. On peut approxi-