VIII INTRODUCTION
mativement reporter au mois d'avril lyzS la date de l'apparition du volume qui fut publié à Paris chez Simart. Celui-ci logeait « rue Saint-Jacques, au Dauphin ».
L'ouvrage était offert au public sous le voile de l'anonyme : il en avait été de mênie déjà en 172 i pour les Lettres persanes^ mais les contemporains au courant de toutes choses ne pouvaient s'y tromper. Montesquieu était déjà assez connu pour qu'un ouvrage de lui ne passât pas inaperçu et pour qu'il lui fût sans peine attribué du moment qu'il en était l'auteur. Au reste, si le moindre doute s'élevait à cet égard, nous trouverions facilement dans la correspondance de Montesquieu certains passages parfaitement explicites qui dévoilent le mystère et qui ne laissent aucun doute sur la paternité de l'œuvre qui nous occupe. Le 26 avril 1788, à propos d'une réimpression du Temple de Gnide accompagnée des Ames rivales de Moncrif, Montesquieu écrivait à celui-ci la lettre suivante^ :
J'oubliai d'avoir l'honneur de vous dire, Monsieur, que si le sieur Preau *, dans l'édition de ce petit roman ^, al-
I. Montesquieu, édition publiée par L. Parelle, tome VIII, p. 222. (Paris, chez Lefèvre, 1826, in-8.)