‹ Le temple de SatanChapitre 21 sur 33 · ET LE GRAND PONTIFB ACTUEL DE LA. SECTE · texte numérisé non relu

ET LE GRAND PONTIFB ACTUEL DE LA. SECTE

€ . . Une abominable asêociation^

qui 9e revêt d'une hypocrite oslen- ^ . . ..

tation de vertu. » * ^ «•' ««* 9rand «ofct/, en pro-

S. s. PiB IX. voguant toue leê examens, que

(Bref eondtmnant la t«tcte de Vintras, noui faiêong œuvre de vie. »

10 fdorier 18M.) ^^t cri do balut, par Jean-BapUst*.

P4g«'22.} A Ils ont élevé un autel au démon de l'impureté et il$ en ont fait leur Dieu, »

(RpigT. d'une brochure du lieur Goizoli, réYélateur dea mystères deTilty-s.-Seoles. ]

Le 20 août 1842, le tribunal correctionnel deCaen condamnait comme escroc à cinq ans de prison, cent francs d'amende et aux frais * le fondateur du

* L'escroquerie semble une vertu de tradition dans le Saint-Carmel; car le pontife acluel de la secte, à qui nous ferons la grâce de

tx nipcNMTCUR DEC •SUPRÊMES sâvËoicmMS DE uuiwftiUï

(Lcflrt de B*p(ifle fc M* Maria M*"**,iiMt-i)

Cartnel ou de VŒuvre de la Miséricorde : Elie Inimême réincarné dans la personne d'un ouvrier prophète, Pierre-Michel Strathanail, de son nom angelique *, — et de son nom vulgaire, Ettgène Vintras.

Le nouveau pontife fit opposition à cette sentence, qui n'en fut pas moins confirmée, en appel à Gaen (20 novembre 1842), en cassation à Paris (3 juin 1843).

Du reste, l'accusation d'escroquerie n'est pas la seule qui fût imputée à sa charge. On est prié de prendre en bonne note ces quelques lignes de l'abbé Constant : a Vintras, que ses sectaires posent en nouveau Christ, eut aussi ses Iscariotes : deux membres de la secte, un certain Gozzoli et un nommé Alexandre Geoffroi, publièrent contre lui les révélations les plus odieuses. A les croire, les sectaires de Tilly-sur-Seules (ainsi se nommait leur résidence) se livraient aux pratiques les plus obscènes ; ils célébraient dans leur chapelle particulière, qu'ils nommaient le cénacle, des messes sacrilèges auxquelles les élus assistaient dans un état complet de nudité ; à un certain moment, tous gesticulaient, fondaient en larmes en criant : amour!

taire son nom, fut également condamné de ce chef à trois années d'emprisonnement, vers la fln du second empire. Citer la date exacte de Tarrêt et dire quel tribunal le prononça, équivaudrait à nommer le personnage... Enfin, il fut condamné et subit sa peine.

' L'un des dogmes de la secte attribuant aux hommes, avant le péché, une origine angélique, le prophète distribue libéralement des noms en « ël » à tous les adeptes du Carmel. Ci'tte désinence constitue la raison sociale de l'établissement. Il est à croire que la statistique nominale des anges incarnés figure aux Archives de l'Œuvre.

r amour! et ils se jetaient dans les bras les uns des r autres ; on nous permettra de supprimer le reste. ; C'étaient les orgies des anciens gnostiques, mais sans qu'on prît la peine d'éteindre les lumières. Alexandre Geoffroi assure que Vintras Tinitia à un genre de prière qui consistait dans l'acte monstrueux d'Onan, exercé au pied des autels ; mais ici le dénonciateur est trop odieux pour être cru sur parole*. »

On verra tout à l'heure combien ces accusations portées contre Vintras concordent avec celles relevées à la charge de son successeur. Il n'est pas jusqu'à la « chapelle particulière » du maître qui ne fasse songer à V « oratoire secret » du disciple. Seulement le premier garde jusque dans ses pires folies une certaine allure — hautaine, primesautière, lyrique et paradoxale — à laquelle Tautre prétendrait en vain^. Eliphas Lévi veut douter de la dernière accusation qu'il relate. . . Sa réserve se conçoit et l'honore, en l'absence de preuves qui fussent décisives. Mais le célèbre magiste savait-il qu'à la date du 25 août 1842, Vintras écrivait à Geoffroi (de son nom d'ange Jehoraël) :

« A range adorateur, au doux Jehoraël, je prêterai assistance. L'amour à ton sacrifice l'unira toujours ^... » (Énigmatique !]

Et au 6 septembre de la même année, ces lignes.

< Hist. de la Magie, pp. 484-485.

3 Voyez le style de Vintras: souvent ridicule, il se sauve toujours de la platitude. Celui du pontife actuel est uniformément fétide et baveux.

^ La France mystique, par Alexandre Erdan, Coulon-Pineau, 4835, 2 vol. in-8, figures. — Tome I, page 244.

qui paraissent moins obscures ; on craint dès lors de comprendre :

« Mon tout aimé Jého, lorsque me» affections cherchent l» tiennes, tout est en feu et je suis prés de toi ! Je plonge alon dans une mer de flammes, dont chaque vague est une iami bouillante. Les jouissances célestes, nous voyant dégagés de dm sens et de leurs rudesses, descendent sur nous; elles nous enivreol d*une sainte et divine volupté ^ »

Langage habituel au prophète. Voyez ce qu'il écrite la comtesse d'***(/)/<oc^do5/), au sujet d'un joli mousse {A zzolethaël) , VAnge des Tropiques , pour qui la grande dame semble avoir eu un béguin — en Dieu :

« Notre Azzolethaël est brûlant d'afTections et de pensées; il est beau de toute la beauté d*une fière et timide candeur. Son regaid est prorond comme sa belle âme; son cœur est suspendu sur ses

lèvres Il t'aime : dans sa prière, il te nomme à Dieu sa mÀre

embrasée, ou à Jésus, dans son mt/stère d^'amour {???), soo eucharistique sœur. » (9 novembre 1846*.)

« Que pourrais-je te dire maintenant, sinon un fait qui va de nouveau incendier tes nobles affections pour VAnge des Tropiques (textuel!). J'ai demandé à lire dans son cœur : le Verbe m'a répondu de le presser sur le mien et de souffler sur son âme (!!?). Je l'ai fait, Dhocedool! II est tombé, criant grâce et merci (nous voilà renseignés) : puis une vie nouvelle qui a surpris physiquement nos chefs {sicl) est devenue sa vie. Ses yeux

lancent le feu; le ciel de ses paupières cache des éclairs » (du

14 décembre 1846-'*).

Il ne nous a point paru mal à propos de rappeler ces bribes de correspondance, que cite Alexandre Erdan, au tome T' de sa France Mystique. Ainsi le lecteur est introduit de plain-pied dans les mystères

* La France mystique, tome I, page 244. ^ l a France mystique, tome !, page 245. ^ La France mystique. Ibid.

«ecrets du Garmel, et peut-être trouvera-t-il que les lettres du Pontife sont à leur place, en introduction à celle de son héritier spirituel* : ces deux séries ^pistolaires semblent s'éclairer d'un jour réciproque ; •elles se sont mutuellement un commentaire des plus ^piquants et des plus instructifs.

Nous ne saurions dissimuler, au demeurant, qu'Eugène Vintras n'était point un banal imposteur, ou -quelque dévot vulgaire et perverti. L'abbéL.-F. André, -qui stigmatise cet homme, au nom de la religion et de la morale, confesse « qu'on ne saurait lui refuser un véritable génie et une puissance étonnante d'attraction sympathique. * »

Ce Vintras, un des plus prodigieux médiums qui aient manifesté jamais le grand livre des ambiances hyperphysiques, a bâti toute une synthèse pseudomagique, tohu-bohu de néo-gnosticisme, assaisonné •d'une précieuse dévotion à la Vierge et à saint Joseph : le sublime et le grotesque s'y croisent et s'y marient.

Il est remarquable que cet ouvrier sans lettres, tout à coup saisi de l'Esprit comme les prophètes albigeois, terrassé de la grâce et désormais débordant de révélations sous Tinflux divin — telle une coupe trop pleine dans une main fébrile — ait pu produire en quelques années une œuvre aussi massive que la somme*

Glaciales, empesées et dogmatiques, celles-ci semblent exposer de sang-froid la doctrine dont celles-là — brûlantes et passionnées — paraissent offrir la vivante adaptation.

2 Affaire Rosette Tamiaier, précédée (Tune notice sur P.'M. Vintras et sa secte. — Carpentras, 1851, in-12, page 4.

d*un Thomas d'Aquin; une œuvre où des pages nantcs d'éloquence et d*intuition se distinguent, dans le plus indij^este fatras de platitudes et d* dites que Ton puisse concevoir. Il eût pu rééditer à gloire le mot célèbre : Pleniis siwi sei'^monAus (car parle volontiers latin, sans savoir le premier mot cette langue). Il est même juste d*observer que ses nuscrits abondent en citations de Pères, de Docteurs, textes bibli([uès, etc., références généralement exai et qu'il a jetéos sur le papier à tout hasard et sans soi de vérification. Les témoins de ses extases afi unanimement qu'il n*avait aucun livre sous les jeUt lorsqu'il gritîbnnait ses révélations incohérentes.

Trrs curieuse en somme, cette olla-podrida va Texamen. La seule liste des ouvrages dont elle

compose emplirait plusieurs colonnes. Et ceux-là sont plus nombreux encore, qui demeurèrent manuscrits.

Mais ce qui fit la grande célébrité de Vintras dans le cerclo, déjà important alors, des amateurs du merveilleux, ce furent les prodiges qui éclataient autour de lui, et sur toutes choses, l'api^arition d'hosties sanglantes, partout où il montait à Tautel.

Des dessins bizarres et des signes inconnus apparaissaient en caractères de pourpre sur des hosties immaculées quelques instants auparavant ; un vin délicieux ruisselait dans les calices, devant nombre de témoins sans trêve renouvelés; d'un tableau représentant une desconte de croix, le sang découlait, rouge et vivant, à la grande stupeur des magistrats chargés

d'une enquête * ; les cloches sonnaient d'elles-mêmes, etc

^ Ceci est l'affaire de Rosette Tamisier, à Saint-Salurnin-les-Apt (1850-1851). Nous reproduisons le portrait de celte extatique et le croquis du tableau miraculeux, qui attira tant de curieux et de pèlerins dans la chapelle du château.

Les 10 novembre, 13 et 16 décembre 1850, Rose Tamisier étant en prière dans la chapelle, on voit le tableau se couvrir de sang. CSe liquide mystérieux (que des médecins — notamment le D^ Clément — ont analysé à Téprouvette et au microscope, et dont ils certiOent l'identité chimique et physiologique), ce liquide semble découler du flanc droit du Sauvt^ur. M. Grave, sous-préfet d*Apt, accouru pour faire cesser ce qu'il considère comme une mascarade, \érifie le miracle dans de telles conditions d'évidence, qu'il en signe le procès- verbal. Il y a longtemps que le maire et le curé de Saint- Saturnin se sont déclarés convaincus. D'autres agents de l'autorité — onicicrs municipaux, capitaine de gendarmerie, etc. — constatant également la réalité du fait, signent une attestation en règle.

Quand le phénomène est sur le point de s'accomplir, la cloche de la chapelle, spontanément ébranlée, sans que nulle main humaine en ait touché la corde, convoqu»? d'elle-même les fidèles à la vérification du prodige.

Les mômes faits se reproduisent encore, le 19 et le 21 décembre.

L'émotion est immense; on accourt de très loin : les pèlerins se pressent dans les auberges du pays, qui regorgent et ne désemplissent pas.

Finalement, l'autorité épiscopale intervient, déclare qu'il n'y a pas miracle (il suffisait, bien entendu, que Rose Tamisier fût suspecte d'affiliation à l'église de Vintras, pour qu'on s'obstinât à nier les faits en dépit de toute évidence). —Bref, la cabale religieuse l'emporte, et Rose, arrêtée, se voit traduite devant le Tribunal correctionnel de Carpentras. Malgré tous les eiïorls du ministère public pour établir la fraude, malgré la pression exercée sur les témoins, on ne peut absolument découvrir aucun indice contre « la sainte » : c'est le nom que donne à Rose la province fanatisée. Le Tribunal, qui d'ailleurs croit sans preuves à la mauvaise foi de cette pauvre fille, se déclare incompétent (jugement du 3 septembre 18*U).

Chose incroyable! le gros argument du Procureur de la République, pour établir qu'il y a jonglerie et non pas miracle, c'est que, dans le dernier phénomène observé, le sang paraissait rigoler de bas en haut, contre les lois de la pesanteur. Ainsi, ce profond logi-

Ji36 LE TBMPLB DE SATAN

Que Viutras fût un thaumaturge puissant, nous ne saurions le mettre en doute. On nous dispensera de rééditer les détails extrêmement curieux, précis et complets, que Tabbé Constant fournit sur Pierre- Michel, dans son Histoire de la Magie (pp. 480-490) et surtout dans sa Clef des Grands Mystères (pp. 150 166 et seq.). Rien n'est mieux établi que l'authenticité parfaite des phénomènes, si ce u*est l'origine médiumnique et nullement céleste de ces prodiges.

Éliphas est fort peu tendre pour le pontife, — et il a raison .

Ily a quelques années, notre éminent ami, l'abbé Roca {qui, tout en rejetant avec fermeté la partie anarchique et inadmissible des dogmes de Vintras, admirait la puissance et la profondeur d'intuition que cet étrange prophète manifeste par intervalles), l'abbé Roca nous fit tenir quatre pages manuscrites de la main d'un vieux prêtre, qui fut un des plus fidèles sectaires deTilly-sur- Seules. Récit évidemment erroné de diverses circonstances qui signalèrent une visite rendue à Vintras en mai 1861 , par Éliphas Lévi, — ce factum enregistre les soi-disant remords du mage, soudainement pénétré de la grâce divine et saluant dans l'Œuvre de la Miséricorde la plus sublime des manifestations providentielles.

Au bas de la quatrième page, on lit cette note, de la plume du Chanoine Roca : — « Prière à M. de Guaita

cien — posant en principe la possibilité du miracle — pari de ce fait qu'il est plus surprenant encore qu'on ne supposait, pour conclure qu*il ne peut y avoir eu miracle!

de vérifier si le jugement critique porté par Èliphas Lévi, sur les doctrines du Garmel, est antérieur ou postérieur kceiieconversation, et si le pamphlet dont il est question ici, et que condamne Eliphas lui-même (1), ne se confond pas avec ledit jugement, tel qu'il subsiste dans ses écrits. Ce point est très important pour moi. »

A cette heure, Éliphas est mort; il est facile de le faire parler.

Malheureusement pour le narrateur de la fameuse entrevue, la Clef des Grands Mystères, où Vintras est exécuté de main de maître, vit le jour dans cette même année 1861, où l'abbé Constant, de passage à Londres, en compagnie de son disciple polonais, le Comte Branitzky, n'avait su résister à la tentation de lui exhiber un prophète : tous deux étaient allés voir Vintras. L'abbé Roca peut lire en outre, à la page 203 de la Science des Esprits, paru en 1865, cette phrase décisive : « Une voix sort du mur; elle nous parle. Nous ne savons pas d'où elle vient. C'est saint Michel I dit ce pauvre Vintras ;c'es{ le Diable! s'écrie ce méchant M. de Mirville, qui s'indigne d'être appelé bon, et tou^ deiuv écrivent de gros livres. Mais enfin, que disait cette voix? — Des pauvretés ^ et alors ce n'est pas saint Michel; des vulgarités, et alors ce n'est pas le Diable. »

Il est difficile d'être plus formel; mais nous avons mieux à offrir à notre ami, l'abbé Roca, c'est-à-dire des preuves plus concluantes encore.

Nous avons déniché en 1886, chezBaillieu, 53, quai des Grands-Augustins, un exemplaire du Glaive sur Rome et ses complices (Londres, Dulau, 1855, in-8).

Ce volume, Tun des plus dithyrambiques qu'ait écrits Vintras, provient de la bibliothèque occulte d'Éliphas Lévi. Ses marges sont criblées de notes autographes très curieuses. Au verso du faux titre, on lit dix vers, également de la main d'Éliphas ; nous les croyons inédits et c'est pour nous un plaisir d'en offiîr la primeur au public' :

V tOCi /€<ttd4^cc^ €^

C^^ fji^ ^MJ^ ^ cr^^^^r^

* Éliphas Lévi étant, à notre gré, l'une des plus grandes intelligences du \ix' siècle, nous ne voulons pas perdre une si belle occasion de fournir aux curieux un spécimen de son écriture.

Qu'en diles-vons, mon cher abbé? Vous êtes prié <le prendi-e la date en bonne note: 1864. — Voilà comment, en 1861, Viulras a converti Gonstanl.

Désirez-vous plus encore? — Je puis, pour votre instruction particulière et l'édification de tous les occultistes, cueillir quelques-unes des notes marginales dont Eliphas a bigarré ce livre. Elles sont assez piquantes pour valoir les honneurs de l'impression.

Plusieurs pages de Vlnlroduelion portent cette mention approtialive : Bien. — A la page 1, cette phrase : Ici commence le galimalias. — Pages 11 et 12 -.Impiété, ignorance, bêtise et

détire Cette satire du plus beau de tous les cultes est

ignoble et sotte. — A !a page 17, où l'auteur parle « des riches trépieds » où brûlent des <> dêsiiifcctanls », Constant ricane en marge: Camphre et phénol Bûbœuf. — Page 23: Fureurs slufiiUes contre un doiime qu'il proclamera lui-même. — Vinlras disant, à la page 30, » que Dieu n'a eu recours à aucunes molécules » pour ert'er le monde, on lit en marge ; O M. Prudhomme.'... Ex nihilo nihii. — Page 37 : Galimatias double. — Page i'9 : Cancans de portier. — Page 315 : Ceci, mieux écrit, serait très beau '. — Page 249 : Quelle abominable frénésie! —

Page 290 : Prose en pers blancs Ce n'est pas un sti/le, c'est

une scie. — Vintras s'écriant [mfime page) : « la vie des prophètes, appartenant à tous, n'est vraiment lourde que pour eux, i> Éliphas «ouligiie et observe que leur prose l'est pour les autres! Viulras invoquant » l'Elernel né de Dieu [sic] », Ifliphas s'exclame, en véritable enfant terrible qu'il est parfois : Net de Dieu! S... de Dieu! — Page 296, il ajoute : liien n'est hideux comme ces ébauches ou plutôt ces débauches de poèmes sacrés, et ces vers blancs, eérilablement cadacèreux, qui font la yrimaee et a'applatissent, comme des fœtus mal eonseroés. — Page 302 : Comme il déteste les prêtres, ce faux pontife de iorguetl et de la folie! — l.a page 304 présente cette fine appréciation marginale : Il y a du beau dans ce i/alimaiias : c'est comme du soleil d travers un carreau crotté ! — Vintras vaticine (page 320) : <• Vous

* Nul parti pris, comme on peut voir.

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Elh bi'ra. ai<>a cher cfaaxiome. que tcnb ett semble? Et ir^juT-rz-TOfiâ p«»rçmpcûire Ia nèpoose d*iizi dis^ ciple d'ÉIiphas au facCiim d'an disciple de Pierre

>* :us âTioQs à cœurd'ab^-ja.lrç la mémoireda snnd

par [-^ LU'îirr** d-» :a 0?aiiniïii«» !*TI . -ioatteraft à piMiser •^n'EÎH pt:k3 L^-i. nort «ta !*"> i irai:*? «* apor«iatit>Q* •rriliqae*. «w do moîn^ T-.'*'.T'i-t*-^-'** -iVaîr^ •?!•»*. b«a p»î«tiîr>aî>îaient i rep»>^c«^ oo il «»i!h^~: L-» >lL2aîn «or [•? %^r^^ Au. fuii titre. Toki l« passace aaqori 1 tra^t «t:* aot* : <« Là IriT»^» de ccurtiaan qai rtMuit sur !a pâî-i *: :i.j!>i p^iitr:::'» 'i* l'inilpootlf* «le \aiKj et 4? T->ttl. c«? lai •«rr'ra Ç4.« ►!* r»a«ii<r coatrç l'anr* ^fit^rmiDatear: La cnxi «fot §<ra ^c:irit iior». mai* h*îa« 1 1\ .^ a* «ra jamais U cr»?ii. A? frâce. » >oaL:iva* p4< -^ ie cette p:ira*«?. izi prîmes en IS53, paraît, à toat pf«Mi<ir*;. ifiranzemect pr«>ptiêti-7ue.

ïiagiste d'un pareil soupçon d'infamante résipiscence. Ce devoir accompli, nous enregistrons volontiers un fait dont on ne saurait disconvenir ; il s'agit de l'irruption, partout où Vintras séjournait, d'un véritable tourbillon de folie, entraînant tout : hommes, b^les, et jusqu'aux choses inanimées; déracinant les convictions les plus atfermies, affolant les plus belles intelligences, faisant dévier de la foi catholique les Docteurs les plus austères et les plus éprouvés '.

M. Madrolle, théologien fameux et fort disert, l'abbé Charvoz. curé de Montlouis-les-Tours, ne sont pas les seules défections tapageuses dans le parti catholique. L'abbé J.-F. André, auteur de l'Affaire Tamisier (Garpentras, sept. 1851, in-12, fig.), s'en explique avec terreur : — « Peu à peu, dit-il, la secte, une des plus séduisantes qui aient paru, s'est glissée partout comme un cancer. Des hommes honorables, des ecclésiastiques estimés se sont enivrés au dangereux calice. L'abbé Léopold Baillard, du diocèse de Nancy, a entraîné un nombre prodigieuxde prosélytes. La mystique société a produit tous les prétendus saints et saintes porteurs de stigmates sanglants — on en compte aujourd'hui plus de trois cents en France. — les visions, les apparitions, les incidents de Béelzébulh et de Behémol et d'autres choses encore. » (Page 5.)

I C'est saas doute en parUnt de celle règle générale, qae ('«aleur du /actum TanUisiste dont il vieDt d'êlre question, met uoft scrupule dans la bouche d'Êliptias ceUi^ phrase incroyablp : » On m'acaitbien dit — nevoyes pas Pierre-Michel, parce qu'il ooua ëéduira ;je cous assure que Je sais parfaitement gagné!

Et plus loin : « L'influence magnétique de VOrgane est sans bornes ; d'un mot il bouleverse les têtes. » (Page 7.)

Le duc de Normandie — en d'autres termes, Naûndorf, le prétendu Louis XVII — s'était converti d'autant plus aisément à la nouvelle secte, que son adhésion était intéressée. Le prophète lui prédisait que Dieu l'asseoirait sur le trône de France, et qu'il serait le Grand Monarque.

Car il faut vous dire qu'il y a un emploi de grand monarque, dans la sacrée boutique d' « Élie ». A part les noms angéliques attribués à tout élu du Garmel, à part les ministères qui font entrer chacun dans l'esprit et la vertu d'un grand personnage des livres saints (Abraham, Melchisedech, Daniel, Élie, Jean- Baptiste et même Joseph et la sainte Vierge), il y a dans l'Œuvre de la Miséricorde une profusion de litres, qualités, noms, prénoms, surnoms, etc., à donner le vertige. On sait que les faux mystiques ne détestent point se distinguer par de glorieuses dénominations :

Quand on prend du galon. Von n'en saurait trop prendre.

Bref, sans songer à établir même l'esquisse d'une classification, si générale soit-elle, je vais citer pêlemêle quelques titres éliaques. En tête il faut nommer la grande héroïne du Garmel, la Jeanne du Salut, qui « introduira le Grand Monarque » [sic). Il y a encore trois Jeanne mystiques : Jeanne du Fouet, qui chasse les démons ; Jeanne de V Etoile, dont le rôle est de montrer le chemin du Marisiaque; enfin Jeanne du

Lys, dont la mission est de s'unir du pur amour avec iesplusgranls saiiils. Il y a également trois 7os(^jj/iH(e. Puis viennent les pontifes de Cordiale et Sainte Effusioji, de Cordiale et Sainte Unification, de Prudence, d'Adoration, de Sagesse, de E^génération, etc. Enfin les catégories des âmes, que le prophète a su répartir par provenances angéliques : les Glaivataires {sic), les Virginitaires , les Voxalaires, les Donataires... Voilà quelques spécimens du répertoire sacré des Fils de la Miséricorde. On me fera grâce du reste...

Qu'il me suffise d'ajouter que la sainte Vierge habite Loches, et que Molchisedech va tous les soirs fumer son cigare sur le pont de la Guillotière.

On en sait suffisamment à celte heure sur le comple d'Eugène Vintras et de sa secte, pour qu'il soit possible d'en venir à la doctrine et aux œuvres de l'infâme sorcier qui se flatte de succéder à ce grandiose aventurier du mystf^re.

La tâche que j'assume comme Rose ^ Croix est aussi triste que répugnante; mais je la considère comme un devoir.

L'Ordre kabbalislique de la Rose ^ Croïi' n'a-l-il pas inscrit, en tête de son concordat, la mission qu'il se reconnaît et qu'il proclame, de combattre la sorcellerie partout où il la rencontre sur sa route, de la

' L'Ordre kalibahstique de la Rose ■!« Croix ne doit pas Être coofoodu avec le Tiers-ordre de la Roue-Croix eathùHque, réiremment insttlui- par Joséfbin Pëlida». — Aucun lien n'existe entre euï.

ruiner dans ses œuvres et de l'annihiler dans ses résultats ?

Les Frères se sont engagés d'honneur à poursuivre les adeptes de la Goëtie, soi-disant mages dont l'ignorance, la malice et les ridicules décrient nos mystères, et dont l'attitude ambiguë, non moins que les doctrines scandaleuses, déshonorent la Fraternité universelle de haute et divine Magie, à laquelle ils revendiquent effrontément la gloire d'appartenir.

Puisqu'ils ontl'audacede se dire des nôtres,nou8 aurons la hardiesse d'arracher les masques de dévotieuse vertu dont ils se parent, et, les révélant à tous dans leur hideur inavouée, de les traîner au grand soleil :

Nous les avons condamnés au baptême de la lumière !

Qu'on ne vienne pas nous parler, à leur sujet, de mansuétude et de charité chrétiennes: nous en manquerions à coup sûr, si nous laissions ces Satans faire en paix de nouvelles dupes et grossir le torrent pestilentiel de toute abomination mystique !

Qu'on ne nous taxe point d'exagération : nous serons réticent !

Qu'on ne nous soupçonne pas de calomnie : les calomniateurs ont coutume de nommer celui qu'ils dénoncent, et leur dénonciation reste anonyme ; quant à nous, à l'inverse, nous ne livrerons pas le nom véritable d'un goétien de la pire espèce ; mais c'est sans crainte que nous signerons le nôtre : Stanislas de Guaita ^'.

Que le pontife d'infamie garde donc le domino du pseudonyme : nous ne lui en laisserons aucun autre.

Noire but n'est pas de flétrir un homme, si misérable et si criminel soit-il. Notre but est de dénoncer à l'inquisition du mépris public une doctrine abominable, qui n'a séduit, hélas! que trop de naïfs... Notre but est de confondre une secte honteuse ', im ne compte aujourd'hui qu'un trop grand nombre de prosélytes pour la plupart égarés et d'adhérents, presque tous irresponsables...

Le disciple actuel d'Eugène Vintras, qui se donne pour le légataire spirituel du prophète, le continuateur de sa mission et l'héritier de son pontificat suprême -,

■ M ne faudrait pas croiru que la secte du Carmel de Baptiste — sorte de lupanar mysliquR — constitue un fait isolé, une anomalie dans l'histoire cotiLemporaine des aasociations religieuses.

Nous lisuDs à la page 1S3 du remarijuable ouvrage de M. ie D' Gibier, ['Analyse de» choses, qu' " L'n écrivain anglais de talent... avait réussi â fonder en Orient une communauté, où se trouvaient un certain nombre du Jeunes lllles et femmes anglaises ou américaines de bonne société.

u l.a communauté (poursuit l'auteur) avait, et a encore, au moment précis oi^ J'écris, des adtiérents et des adhérentes en Europe, même à Paris et en Amérique : J'en connait» quelques-uns, des deux sexes. Eh bien! derrii're le piélisme et le mysticisme raffiné des adeptes, se cachaieul, et se cachent encore, les pratiques obscènes les plus dégoûtantes, élevées à la hauteur d'un principe et d'un culte ad majorem Dei gloriam.

« Après ta mort du faux prophète, ses disciples se préparaient h répandre, par initiations occultes, les doctrines qui leur avaient été secrètement confiées et aprùs les précautions que l'on devine ; ua convoi de Jeunes gens des deux sexes, quelques-uns mariés, se préparaient à partir pour lu Levant, lorsqu'une Jcunu néophyte du nouveau Priape onanique eut les yeux ouverts h temps : le charme de la suggestion était rompu. Elle lit, avec une grande abnégation, tout son possible pour réparer la mal accompli et l'empêcher de se perpétrer à nouveau, (jrâce i elle, aujourd'hui l'association est en train de se désagréger. »

~ II faut ajouter, pour être vrai, que notre hiérophante n'est que

est un défroqué sexagénaire, docteur en théologie, naguère un des flambeaux de la casuistique.

De même que Vintras prétendait incarner Tesprit du plus illustre nabi d'Israël et signait Élie ! — ainsi son disciple se vante d'incarner le précurseur de la loi chrétienne et signe volontiers — Jean^-Ba^tiste I

Encore est-il des cas où, persuadé qu'en vertu du principe assez commode des unions spirituelles, il fusionne hypostatiquement avec un certain nombre d'autres personnages, il signe — Jean-Baptiste, Élie, Gabriel, Daniel, Abraham...

Ce n'est plus un homme : c*est un consistoire incarné !...

Jean-Baptiste fut condamné, dès le commencement de 1887, comme sorcier et fauteur d'une secte immonde, par un tribunal d'honneur initiatique, secrètement constitué pour connaître de ses œuvres et de ses doctrines.

Cette condamnation, qui portait la mise au jour de certaines pièces, lui fut aussitôt signifiée par une lettre de M. Oswald Wirth, en date du 24 mai 1887. On donnait au coupable le temps de la réflexion et du repentir... En dépit de l'avertissement, il n'a pas discontinué de faire des prosélytes et des victimes.

Souverain pontife sehismatique du Carmel cTElie. La plupart des églises carinéliennes se sont séparées de lui, à des époques difTérenies et sous des prétextes divers ; la grande majorité des Pontifes

Ta renié formellement

Dans ces circonstances, il semble prudent de ne pas généraliser nos accusations, et encore que tout héritage venant de Vintras nous soit à bon droit très suspect, noua n'affirmons rien quen ce qui touche Jean-Baptiste et son école.

On dévoile donc aujourd'hui partie de ses œuvres ténébreuses, mais sans le flétrir nominativement. Il suffit qu'à l'avenir, dupes et victimes possibles soient mises sur leurs gardes.

Le personnage n'est pas totalement inconnu dans le monde de roccultisrae. Pour éviter de livrer son vrai nom, tout en le désignant de telle sorte, qu'il soil aisément reconnu de tous ceux que désormais il tenterait de séduire, nous lui donnerons le pseudonyme de Docteur Baptiste. Bien plus, désireux de nous conformer loul à fait à la tradition catholique de la rigueur envers les œuvres, sans préjudice de la modération à l'égard des personnes, nous tairons jusqu'au lieu où se dresse le Carmel du pontife incriminé. Bornons-nous à dire que ce dogmatisant habite une des grandes villes de France.

L'atlaire du Docteur Baptiste a été très soigneusement et très minutieusement instruite. Les volumineux dossiers' de dépositions, de preuves et des pièces

' Ces dossiers, qui sont en nos mains, rpnferraent nolammcnl : !■ une collcclion de lettres aiitograplies du pontife (plus de iSOO pages des formats ia-4 et in-8) : correspondances avec W" Maria M.,., avec Oswald Wirth, avec Hené Caillié ; — 2» uu très grand nombre de brochures, la pluparl manuscrites ou autographiêes, quelquesunes imprimées ; — 3> quarante et quelques pages iu-4 des dépositions de M'" Maria M..., contresignées par M. Wirtb ; — 4° quelques lettres à notre propre adresse, comme à celle de plusieurs de no» amis; — 3° des notes sur Baptiste, de provenances diverses; — 6° des livres et des manuscrits de sacriilces cl de liturgie éliaque, etc..

Presque loutes les lettres qui condamnent le Docteur sont de »a propre main et signées de lui; d'autres sont de la plume de M. M... (l'hôte généreux iju^. pratique en sa faveur l'hospitalilc & la mode écossaise), mais apostillées par le Docteur. Nous les possédons loutes en original. Donc, pas d'erreur possible.

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à conviclion sont déposés aux archives de la Rose >^ Croix ; publiés, ils rempliraient sans peine deux volumes in-folio...

C'est dire que nous n'en pourrons citer que d'infimes extraits ; du moins tâcherons-nous de les choisir significatifs et probants.

Précisons d'abord en quoi consiste le grand arcane du Carmel, son mystère de honte et d'iniquité. Nous' ferons la preuve ensuite, pièces authentiques en

main Cette méthode présente un grand avantagea

elle nous dispensera tout à l'heure de commentaires explicatifs, à chaque ligne de nos citations : mis au fait, le lecteur comprendra tout sans effort.

Oal'a vu. L'homme à qui le Docteur se flatte de succéder n'était point le premier venu, comme thaumaturge ni comme mystique.

Vintras, qu'une pénétrante intuition mit à même de plonger dans certains mystères — dont il travestit ensuite la notion, en les accoutrant, au gré de son imagination maladive, des plus incroyables oripeaux, — Vintras avait fort bien saisi la loi de gradation biologique qui, soudant l'un à l'autre tous les chaînons des existences minérale, végétale, animale, hominale, céleste et spirituelle, fait monter des gouffres de la matière (où croupit, dans Tinconscience, le plus infiine instinct) la chaîne ininterrompue et progressive de la vie universelle, qui s'élève, de règne en règne, de sphère en sphère et de hiérarchie en hiérarchie, pour aboutir enfin au pied du trône même de l'Unité.

Vintras connaissait mal le mécanisme de Vlnvolution, ou descente (par sous-multiplication) de TEsprit dans la Matière; mais il paraît certain, je le répète, qu'il avait compris le mécanisme de VEvplutioyi répercussive, ou du retour synthétique des sous-multiples spirituels déchus, s'affranchissant par efforts succesifs des entraves matérielles, pour se réintégrer au sein de la céleste Unité, qui a nom le Verbe éternel.

Gela posé, l'on concevra que l'œuvre du salut, dans la doctrine du Carmel, consiste :

1*" Dans la Rédemption indwiduelley qui n'est autre que l'ascension de la monade humaine, évoluée à travers les étapes d'un progrès indéfini, jusqu'à la parfaite restitution de cette monade au giron de l'Unitémère, d'où jadis elle émana ;

2* Dans la part que prend chacun à la Rédemption collective, en prêtant assistance aux autres monades adàmiques (soit humaines, soit élémentaires — c'està-dire non encore évoluées au stade hominal), à cette fin de « leur faire gravir, échelon par échelon, l'échelle ascendante de la vie », et finalement do les assumer avec soi, dans son propre essor vers l'Unité.

Ces vues sont correctes ; mais voyons quelle adaptation le Docteur Baptiste fait de tels principes orthodoxes à l'ontologie religieuse, à la morale et particulièrement à la célébration du culte éliaque, ou néo-chrétien.

Le dogme suprême et secret du Carmel, tel que nous Talions dévoiler ici, rejsort déjà virtuellement de la doctrine primitive d'Eugène Vintras; Jean-Baptiste n'a fait que l'amener à son plein développement. Ce Doc-

teur est logique; il est même, en son genre, un sérieux théologien *. — S'il n'a pas le génie de son maître, il a su déduire, des prémisses posées par lui, les plus extrêmes conclusions.

Quoi qu'il en soit, il paraît oiseux de débattre ici la responsabilité imputable à chacun. Que Vintras-ÉUe ait été plus ou moins loin, peu nous importe. Qu'il se soit arrêté là, que son disciple ait poussé jusqu'ici, nous ne saurions nous attarder à ces distinctions, pour nous sans intérêt. Exposons la doctrine carmélienne, telle que l'enseigne le Docteur Baptiste : sous la garantie d'un serment de discrétion absolue. Dénonçons les rites de son Église, tels que ses fidèles les célèbrent : dans le plus inviolable secret.

Le carmel éliaque admet donc l'ascension rédemptrice des êtres — depuis le plus infime jusqu'au plus glorieux — sur l'échelle progressive de la vie.

Cette ascension, avons-nous dit, peut se concevoir à deux points de vue : individuelle et collective.

Chacun doit en conséquence : 1* travailler à sa propre ascension; 2^ participer dans la mesure de ses forces à l'ascension générale des êtres.

Mais en quelle sorte? Et d'abord, par où s'y prendre? Posons des principes.

Il est de règle absolue que nul ne peut donner que ce qu'il a.

Donc, il faut acquérir avant de vouloir donner; il

* Il pa<isait autrefois, paraît-il, pour un des maîtres de i*exégèse.

faut « se célesti/ier » avant de prétendre aider son prochain à revêtir la nature céleste.

Donc, l'ascension collective se subordonne à l'ascension individuelle, qui est le premier devoir ^

Ce devoir, comment l'accomplir ? Nous touchons au grand secret du Garmel.

C/est par un acte d* amour coupable que la chute édenale s'est effectuée; c'est par des actes d'amour religieusement accomplis qu£ peut et doit s'opérer la Rédemption.

N. B. — Le Docteur Baptiste, acceptant au pied de la lettre l'ingénieuse allégorie du Talmud (reproduite au livre de Zohar^), enseigne que l'humanité s'est dégradée par un double adultère, dans les personnes d'Adam, souillé aux caresses de Lilith, et d'Eve, flétrie au baiser de Samaël: ainsi la vitalité corporelle du premier couple fut infectée dans sa source même, par le ferment de la concupiscence, qui s'y mêla... La preuve en est dans la sentence de répression fulminée par l'Eternel. Ne dit-il pas à la femme : « Tu accoucheras dans la douleur? » C'est ainsi qu'Eve fut punie, suivant le proverbe — et littéralement — par Oïl elle avait péché.

Poursuivons notre exposé de la Doctrine carmélienne.

^ C'est de ce principe que Too conclut à la nécessité d*une purification, avant de se livrer aux actes vivifiants (voir plus loin). * Allégorie exposée dans notre chapitre i, page 72.

L'union des sexes, restitutive de Tandrogynat (qui fut Télat édénal) a pour étemel symbole Tarbre même de la Science du Bien et du Mal.

G^est la clef des ascensions, comme aussi de la déchéance.

L'intention droite ou perverse divinise runion des sexes ou la marque d'un stigmate infernal ; les conséquences de cet acte sont, suivant les cas, la vie ou la mort. Anormale ou contraire aux lois de la sainteté, l'union d'amour constitue un crime infâme et dégradant ; normale ou conforme à ces lois \ elle est pour rhomme Tunique voie de réintégration aux droits primordiaux de sa nature: c'est le Sacrement des sacrements.

Le rapprochement sexuel peut donc s'effectuer en mode infernal (comme au paradis terrestre, où s'accomplit la chute d'Adam-Ève) ou bien en mode céleste (comme on le pratique dans le Saint Carmel, dont le nom seul veut dire : chair élevée en Dieu).

Le Docteur Baptiste et ses fidèles s'unissent d'amour sur tous les plans et avec les êtres de toute hiérarchie : 1° avec les esprits supérieurs et les élus de la terre, pour « se célestifier », acquérir soi-même des vertus et ascensionner'^ individuellement ; 2^ avec les profanes et les esprits inférieurs, élémentaires, animaux.

^ Nous verrons toiil h l'heure que ces lois sont merveilleusement élastiques.

2 Nous dirions ascondre, si nous ne voulions offrir au public un spécimen du vocabulaire en r.«a?o au <^armel. — Avec ses docteurs» il faut se faire à toules les surprises.

à cette fin de " célestifler » ces pauvres natures déchues, de les faire participantes des vertus acquises. enfin de leur faire gravir, degré par degré, l'échelle ascendante de la vie.

C'est là ce que Jean-Baptiste appelle le Droit de procréation, privilège sacré, qu'il considère comme le plus sublime apanage de l'initialion au Saint-Carmel.

Tous les règnes de la nature sont ouverts au néophyte, qui reçoit, par le fait de son entrée dans cette religion, l'investiture du droit délégatoire de pro-création : son rôle est désormais de faire monter, à tous les êtres en voie d'évolution, l'escalier de la nature universelle. Il jouit pleinement de la sainte liberté des enfants de Dieu '.

Hors des unions, point de salut. Tous les hommes, dans la secte, possèdent toutes les femmes, et réciproquement. Ce communisme de l'amour fait partie intégrante de la religion : l'autel est un lit; l'hymne sainte, un chaut d'universel épithalame ; le baiser est un acte sacerdotal et qui s'étend à tous les êtres : il se multiplie en s'épanouissant, comme une fleur vivace, à travers toutes les sphères concentriques des natures visible et invisible.

Le problème, on n'y saurait trop insister, se pose donc en ces termes : — I" s'unir d'amour aux êtres supérieurs, aux égrégores des hiérarchies lumineuses, aux saints élus, pour asceudre soi-même : et ce sont

1 Celle liberté est le droit des élus; mais il est formeliemenl enseîfiné plus loin que le droit du ui^ophvlu est celui de l'élu. Ne faut-il pas que I' " apprentissage " soit rendu possible?

les unions de sagesse; — 2* s'unir d'amour aux êtres de nature inférieure, aux esprits élémentairesy aux humanimauœ, pour les faire ascendre avec soi : et ce sont les unions de charité.

Le tout est de leur faire monter Péchelle, sans risquer soi-même de la descendre...

On voit où conduit cette doctrine, en morale et en sociologie religieuse : — 1* à la promiscuité sans limite, à l'ubiquité de l'impudeur ; — 2"* à l'adultère, à l'inceste, à la bestialité ; — S"" à l'incubisme enfin et à l'onanisme... érigés en actes inhérents au culte, en actes méritoires et sacramentaux.

Voilà donc la base dogmatique de cette religion, dont le temple apparaît un lupanar sacré, et dont la croix rédemptrice s'érige en lingham de chair !

Les nombreux extraits que nous allons fournir, et dont nous attestons sur l'honneur l'autlienticité parfaite*, mettront en lumière plusieurs dogmes fondamentaux du Garmel, qui se rattachent au droit de procréation — axe central autour duquel tout pivote : citons etitre autres la théorie curieuse des corps glorieux

Le lecteur est maintenant dans le cas de tout comprendre; il n'a plus que faire de nos explications. Désormais, notre rôle consistera surtout à rapprocher

^ Quand le moindre doute est possible, nous nous hâtons de le faire observer.

des textes. C'est le Ponlife lui-même qui va prendre la parole; c'est lui-môme qui se trahira.

Mais avant de passer aux extraits, il nous faut rendre compte au public des circonstances qui ont mis dans nos mains toutes ces pièces à conviction; il faut qu'il en comprenne l'authenticité sans conteste, la valeur et la portée.

Lorsque nous croisâmes le Ponlife du Carmel sur notre route d'occultiste, il se donna franchement à nous — d'aucuns diraient effrontément — pour un adepte des plus hauts grades, un héritier des Maîtres de la Sagesse kabbalistique. De Vintras, tout d'abord, il ne fut pas question. Baptiste n'avait en bouche que la '< Tradition orthodoxe des sciences divines ».

Nous crûmes quelque temps à sa bonne foi, comme y crurent aussi plusieurs de nos frères, initiés à la même école que nous, et qui se mirent, vers la même époque, en rapport avec le Docteur. Quant à son initiation, elle ne tarda pas à nous inspirer une singiUière méfiance. L'homme nous paraissait encore sincère, que déjà nous étions désabusé sur le chapitre de l'adepte ; il nous semblait se faire illusion à lui-même. Et présentement que le personnage nous est bien connu sous tant d'aspects déplorables, quelques doutes nous sont restés sur ce point-lil. Il est certain qu'il a des heures de défaillance, où il s'écrie : — " Mais, pourquoi donc Dieu ne me confirme-t-il pas ma mission' parle

^ Dossier n^ i. — Oéposition de M"' Maria M..., supplémeDtj p. 43.

moindre signe ? Car je n'ai rien, absolument rien, qui me soit une preuve de ma grande mission. » Mais à d'autres heures, il se monte la tête, il se bat les flancs, et nous n'estimons pas impossible qu'il en arrive à croire à sa science, à sa mission, à son adeptat.

C'est en raison même de ce doute, qu'il nous a paru convenable de taire son nom et jusqu'à celui de la ville où il fait sa résidence. Nous n'aurions pas ce dernier égard pour un charlatan pur et simple, un vulgaire imposteur. Ces épithètes, il les mérite assurément à plus d'un titre ; mais peut-être son âme de faux prophète s'éclaire-t-elle par intermittences d'une lueur de sincérité...

Tant que nos relations se bornèrent à l'échange de quelques lettres, tout alla bien. Le « missionné du Ciel » se retranchait derrière les méandres d'un langage qui est celui de certains mystiques : ampoulé, filandreux et vague, parabolique et dévot, souvent énigmatique et toujours diflPus. Quand on procède par idées générales et qu'on élude toute controverse précise, il est aisé de ne pas trahir son ignorance. N'avonsnous pas dit d'ailleurs qu'il ne manque pas d'instruction élémentaire, et qu'il est même, à son point de vue, un assez passable théologien ?

Bref, si nous gardions encore quelques illusions à cette époque, elles tombèrent vile, quand nous eûmes l'occasion de voir le prophète et de discuter avec lui. Sa conversation ne soutenait pas l'examen *. Il fuyait

^ Comme il avait interprété « suivant une révélation d'En-Haut »,

notoirement le terraio solide de la controverse. Mis au pied du mur, il se retranchait, soit derrii'-re l'impossibilité de traiter de pareils sujets au hasard d'une conversation à bâtons rompus, soil derrière la réserve que lui imposaient la prudence §1 les traditions mystérieuses de son école. 11 nous fit enfin l'aveu qu'il était le successeur d'Eugène Vintras ; nous dûmes réprimer quelque affreuse grimace, car il tint compte de no» répugnances, en ajoutant i> qu'on pouvait s'enlendro sur un autre terrain : celui de l'occultisme traditionnel 11. Nous lui témoignâmes aussitôt le plaisir que nous causait cette déclaration, car Vinlras nous était bien connu et jamais nous n'eussions pu saluer une autorité de ce genre.

Cependant de graves soupçons se faisaient jour dans notre esprit. Prudemment questionnés, deux adeptes de la secte avaient trahi quelque chose des arcanes d'ignominie... Quant à nous, désireux d'en savoir plus long, nous fîmes nos efforts à provoquer de nouvelles confidences. Les plus graves révélations nous furent faites, peu de jours après, spécialement par l'hôle du prophète, brave et digne vieillard, fourvoyé de la meil-

les symbole» conKlituUrs du PenUgramme d^lsillé (tel que le donne Éliphas Lévi), noua fîmes un Jour observer à Baptiste qu'il Iraduis&il par ' Esprits de l'eau et lilsprils du feu t deux « signes » qui étaient tout simplement le» noms d'Adam DTK fl d'Eve nin en hébreu. Sans se déconcerter le moins du monde, il nous Ql cette réponse mémorable (nous avons encore sa lettre) : — Vous acet parfaitement raison, au sens philosophique; mais au point de eue du sens de tOrdre dioin.je ne suis pas moins dans le vrai, de mon eàté!

leurc foi dans un monde interlope : il nous laissa pénétrer des mystères dont il ne concevait en aucune façon la gravité. Quand nous quittâmes la ville de X... nous étions fortement en éveil, sinon édifié sur le caractère du personnage*

C'est alors que se précipitèrent certains événements imprévus, auxquels se trouva directement mêlé le Docteur Baptiste, et qui eurent pour premiers résultats de manifester son ignorance présomptueuse d'une part, de l'autre, sa vaine audace et sa froide perversité. Son âme fut mise à jour comme son esprit : tous deux se révélèrent conjointement, marqués du quadruple stigmate qui est la signature même de Satan : orgueil, impuissance, bêtise, envie.

C'était en février 1887. Une enquête fut ouverte par un tribunal vehmique. Ses débats n'appartiennent pas au contrôle de l'opinion, mais les présentes révélations sont executives de la sentence qui fut alors prononcée.

Qu'il nous suffise de dire qu'un de nos Rose ^ Croix, (chef pour Paris, du 2* degré de l'Ordre), M. Oswald Wirth, remit entre nos mains une volumineuse correspondance, qui levait les derniers doutes, touchant les mystères du Garmel.

M, Wirth avait fait la connaissance du Docteur en août 1885, par l'entremise d'une amie de Châlons, naguère encore fervente sectatrice du Carmel, M"* Maria M... De part et d'autre des relations s'engagèrent; de nombreuses lettres furent échangées.

Mis sur ses gardes, d'un côté par telle demi-confidence échappée à AT** Maria M..., de Taulre par certaines phrases équivoques et à double sens qu'il avait démêlées dans la correspondance de Jean-Baptiste, M. Wirth ne tarda point à deviner l'infamie du sanctuaire et l'immoralité du Pontife.

Dès lors, il conçut et prit à sa charge une mission double, et dont il s'acquitta par la suite avec une modération et une prudence également rares : désabuser M"' Maria M... et faire un coup de jour sur Jean-Baptiste.

Il joua donc près de ce dernier les disciples de la vieille roche, et ne laissa paraître ses véritables sentiments qu'en décembre 1886, quand le Garmel n'avait plus de secrets pour lui. M"* Maria M..., qu'il n'avait point eu grand'peine à convaincre ni à remettre dans la voie du devoir et de la raison, lui fut d'un précieux secours dans cette comédie discipulaire, qu'il sut conduire durant quinze grands mois. 11 amena doucement le Docteur à se trahir par sa propre plume. Ces lettres sont en notre possession, toutes écrites et signées de la main du personnage ^

Les premières n'offrent point pour nous un intérêt bien direct. Celle du 8 juin 1886 contient déjà de» données, qui, pour être encore vagues, nous semblent néanmoins dignes de trouver leur place ici.

« La délégation de la science pour faire ascensionner loa* len

* Elles porieni même, amalgam/f« enM;mbl«, le nom myiitique du Docteur et son nom réel.

460 LE TBBiPLE DB SATAN

êtres el de la puissance qui n*est qu*une copaiiicipalion au«poa- \oir créateur, pour faire gravir aux êtres d'en bas les échelons pour avoir une vie de plus en plus parfaite, devait être TapaDige de la nature humaine ; et c*est par là que rhomme est, par droit de pro création, el doit être en fait par Flnitiation, revêtu de U royauté, qui est une association, par délégation, aux droits et i la puissance souveraine du créateur *...

« C'est ici, vous le voyez, que la loi logique nous amène à It question de la chute, par laquelle la nature humaine se trouve privée de cette royauté... 11 faut bien que tout homme avoue et confessé qu'en dehors de Finit iation, non seulement il ignore les voies et moyens de faire ascensionner les êtres, mais qu'il est lui-même sous la domination des lois qui le rendent esclave des vices et des passions.

« Le voilà placé dans une alternative terrible, qui ne lui ofl^ aucune issue, ce roi de la nature. S'il écoute la doctrine du catholicisme romain, il se dit obligé en droit à une continence absolue, et alors la nature en récolte lui inflige les plus terribles démentis, en se refusant plus ou moins à cette compression, que la nature humaine sent ne pas être conforme aux lois de son origine créatrice,

« Mais s*il cesse de prêter l'oreille à cette doctrine catholique, il n'a devant lui que des issues de corruption, qui le précipitent dans la voie des vices et des passions.

(c Tout cela avait attiré mes réflexions, et ce problème, semblable à celui du sphinx, pesait sur ma conscience comme un cauchemar. Je criai vers le ciel, afln de recevoir la solution de cette énigme...

« Il ne tàut pas entrer bien loin dans l'initiation, pour voir que la solution ne pouvait être que dans la voie de Camour.

« Ici donc se posait à son tour la loi des sexes, condition essentielle de toute loi d'amour, selon les lois constitutives de la nature humaine (sic).

« Pourquoi Dieu a-t-il opéré la division des sexes ? — Moïse dit le fait, mais il se tait d'une manière absolue sur la raison de ce fait. Cela était réservé aux seuls initiés,

« L'homme donc se trouve en présence d'un besoin dont LA NATURE LUI FAIT UNE LOI, et il ne Sait à cet égard rien de rien, ni sur la cause' du besoin qui le domine, ni sur les lois divines à suivre.

* Excusons-nous près du lecteur de lui soumettre un pareil galimatias : il faut bien qu'il juge.

« Lft société lui oitore les portes du mariage ; mais que d^entraces sociales à cette condition, qui ne résogt hikm, pour ainsi dire, concernantle terrible problème.

>' Nous arrivons ainsi au cœur de uolre sujet : r.'eat ici où la Tiérilable Initiation commence. Nous sommes en face dea générations qui ont quitté la terre et qui liabilent celle armée de mondes qui roulenl dans l'immensité de l'espace... Comment établir des relations de vie aree les êtres de ces mondes T Et puis les uns vivent dans la [umiëre; les autres, au contraire, sont plongés dans les ténèbres. ConimenL se concilier les uns et éviter Wa autres ?.,.

" Et ceux qui oioent sur la terre, n'est-it pas possible d'établir des relations de oie avec les êtres qui se trouvent dans les mêmes dinicuUâs où nous nommes?...

« OM l'Initiation doit résoudre ce easie problème !

•> A coup sâr, ce problème est résolu. — Cher llls, vous êtes digne de le connallre et de recevoir ces sccri>ts que j'ai payés par les épreuves les plus terribles 1 Mais que j'aie la joie de pouvoir vous les transmettre par l'Iniliation.

<< Soyez béni des suprêmes bénédictions de celui qui est vie, lumière, amour vivifiant et réf^cnérant, pour transformer les élres ! » t Jean-Baptiste [Dossier l.—Z.e((/'erfw S Juin ISB6, pansim.)

Six jours après, une longue lettre apportait à M. Wirth de nouvelles révélations.

Le Docteur se répète de toutes les manières. Son style incontinent — liqueur filandreuse, saumâtre et d'une diffusion nauséabonde, — son style est gluant comme sa pensée. Nous ne donnons que des extraits épistolaires, encore sommes-nous obligés de les décanter constamment ' :

u Cbcr (Ils béni du cîel..., il ne faut pas conrondrc le droit de pro création avec celui de la génération, car il en est absolument distinct, et Ift pro-création est différente et indépendante surtout du droit et poucoir de génération.

< C'est-à-dire que nous élaguons les phrases inutiles ou redondantes, mais sans jamaiii changer un iota, comme on pense!

a La nature humaine ayant été divisée en deux sexes, le Droit de pro-eréation n'est possible à exercer que par le fir-

MENT DE VIE DES DEDX, A LIMAGE DU POUVQIB DE GéHÉRATIOIf...

(< Cest le Ferment de vie, produit daos Tétai de pureté et de lumière, que l'iniliation nous apprend à atteindre, qui fait asceasionner les êtres, par le Droit de pro création délégué par Dieu.

« Il est évident que, dans Vexerciee de ee droit et pouvoir de pro-eréation, les deux êtres, élevés par V Initiation à cette royauté, se trouvent dans la sainte Liberté des Enfants de Dieu,

i< La société a établi des lois pour le mariage, et cela avec raison. Mais à Végard du droit de pro-création, il ne saurait en être ainsi. Néanmoins, si des époux légitimes étaient initiés, il n'y aurait pour eux qu'une facilité plus grande à exercer le droit de pro-eréation : car celui-ci s*kxbrge tous les jours, tandis que la génération est soumise à des lois de la nature. ..

« Ces principes remis en mémoire, il reste à établir que le droit et pouvoir de pro création est licite aux initiés^ qu'il est conforme aux lois et aux règles divines, et qu'il re saurait être permis a nui. être d'incriminer l'exercice de ce imorr« EN aucun cas et sous AUCUN PRÉTEXTE, purcc quc Dicu le légitime

en face«,r des initiés Exercer ce droit est l'acte le plus

MORAL qu'il soit possible. . . en vue de faire ascensionner les êtres des trois règnes de la nature, par les ferments de vie dont ils * se sont rendus capables de faire une effusion, dans la lumière, la pureté, la sainteté et la bénédiction qu*ils ont su acquérir

« Ce pouvoir de pro-créalion, essence de la Royauté de la nature humaine, avec le droit de génération, ne saurait être recouvré sans une préparation. Et c'est ici où a été la plus grande difficulté de ma mission

« La Doctrine, en théorie, est possible par lettre; car c'est une voie de science : mais la science expérimentale exige et requiert de se placer sous Végide d'un maître qui surveille les voies

suivies »

(Dossier 1. — Lettre du ik juin 1886,pas«f*m.)

« L'iniliation par pure théorie serait vaine et même dangereuse. Connaître les voies et les moyens de ce droit de pro-création... et ne pas en faire une application en faveur des êtres dont nous

1 Ils « les Initiés », non pas « les ttres », comme on pourrait le croire d'après la construction de la phrase. Du reste, le sens général est évident.

«ommes les rois par riailiBlioD, ce sérail le crime dea crimes, le forfait dea forfaits. Ce serait là ce crime contre le SaiDt-Espril,qui n'esl rémissible ni en ce inonde, ni dans l'autre ! Aussi, pour ëvilor ce malheur. Dieu ne permet pas l'Inilialiim parfaite à ceux qui ne t'accepteraient qu'en théorie et pas en pratique. »

{Dossier i. — lettre dunjuin i%m, fragment.)

Deux interminables homélies, datées du 10 el du 13 août 1886, sont en vue de réclamer de M. Wirth une discrétion à toute épreuve. M, WirLh devant, en effet, rendre visite à l'abbé Z*" — une nouvelle conquête du Garmel, du moins les sectaires se berçaient-ils de cette illusion — Baptiste n'était pas tranquille : il appréhendait vivement qu'une parole imprudente ou prématurée n'éveillât des scrupules dans la conscience de l'excellent prêtre, qu'il prétendait conduire aux unions tout doucettement el sans le brusquer. Déjà l'on n'avait été que trop vile en besogne avec cel ecclésiastique, l'objet de toutes les sollicitudes du Docteur. Ce qu'il écrit à ce sujet a bien son mérite :

<i Devant les cliirlés éblouissantes de laDoclrine de Vie, le

cerveau de notre ami (l'abbé Z"*), quoique si admirablement doué, volait en éclals; il se prenait la tête, en disant : " Arrélez-vous, je n'y liens plus ; mon cerveau éclate. " Or, si l'exposé de la doctrine produisait de tels effets, ooua comprenez qu'il était impossible, acant une préparation suffisante, de passer de

la théorie doctrinale à la mise en fpuores Vous le voyeï

donc, nous n'avons pas mfime abordé la question des actes, de la manière d'opérer. . . »

(Dossier 1. — Lettre du l'S août 18S6, passim.)

Quoi qu'il en fût de ces appréhensions et de ces répugnances, le Docteur Baptiste, jugeant l'abbé Z"" en bonne voie de s'apprivoiser, ajoutait, vers la fin de cette même épître :

« Voilà où en est notre ami... Il se prépare, se dispose, et c*esl là la condition indispensable au pouvoir de la pro-créatioo, à ses œuvres et à ses opérations de vie. Il ne va pas au delà, en ce moment.

« Pour vous aussi, il n*y a pas d*obstacle à cette préparation ; si vous le coulez, dites oui, et je ve charge de voos r faire pbi-

PARER ET DISPOSER, comme notre ami, sinon mieux encore

J'attendrai votre bonne réponse »

(Dossier 1. — Lettre du 13 août 1886, in fine.)

Je me charge de vous y faire ^préparer ! Qu'entendait par là notre Pontife ? — Une lettre adressée par

lui à M"* Maria M nous l'apprend : cette initiée

au Garmel, nous l'avons vu, habitait alors la même ville que M. Wirth. Or, voici ce que le Docteur lui écrivait, vers la même époque :

« Je vais poser ici les principes de droit éternel qui dominent la question qui nous occupe.

Premier principe, — LasainteLibertédesËnfantsdeDîeun'existe que dans le Uègne glorieux, et nul n*est dans le Règne glorieux que par la foi et la doctrine du Carmei;

« Deuxième principe, — Les apprentis, c'est-à-dire les appelés, ont les mêmes droits que les élus, les uns pour apprendre, les autres pour faire : mais ceci suppose Tacceptation du Garmel;

« Troisième principe. — La loi des Unions est Tarbre de la science du bien et du mal. Celles qui sont faites selon les lois de la déchéance conduisent à l'abîme; celles qui sont faites selon les règles divines ouvrent les voies de la destinée,- .

« 11 est facile, d'après ces principes, de connaître la ligne à suivre, concernant le prétendant à rappel (on devine que c'était M. Wirth!). S'il accepte la foi éliaque, s'il regarde la doctrine du Garmel comme vraie et divine, il entre dans les droits des apprentis, qui sont ceux des élus.

« Il est bon de procéder avec prudence, réserve et sagesse,

ET DE NR P\< NODS EXPOSER A ÊTRE MAL JDGÉS. VoUS aveZ VU COmme

nous avons réussi ici avec M. X... et MlleZ... ; mais c'est parce que nous ne nous sommes pas trop hâtés...

« A vous dire vrai, il me paraîtrait bon qu'il (M. Wirth) connût LA >'ÉRiTÉ PAR VOUS, ET MÊME LA PRATIQUE, mais VOUS savcz à quelles conditions, pour le bien et l'honneur du Carmei! »

(Dossier 3. — Lettre à A/"<= Maria M,., du 7 septembre 1886.)

Ainsi, voilà de quelle sorte le D' Baptiste voulait « faire préparer » M. Wirlh !... Mais M"' Maria M... n'entra pas dans celle manière de voir. Elle s'était <îonstamment refusée aux unions, et pratiquait la reli- ^on carmélienne, à cela près. Le Docteur espérait toujours qu'elle viendrait à ses vues, et souvent il entrait dans de violentes colères, lui déclarant « qu'elle ne parviendrait jamais à rien, si elle ne se pliait à l'obéissance passive. Hors désunions, s'écriait-il, hors /ies unions y point de salut ! »

(dossier 4. — Déposition de ilf"» Maria M..., pages 24-25.)

Une autre lettre du Docteur à M"** Maria M

prouve surabondamment que cette demoiselle, excellente somnambule, qu'il estimait en communication avec les Esprits de lumière, était opposée au régime des unions.

Un jour que les mamans célestes (sic) avaient, par

l'entremise de M"** Maria M , sévèrement flétri ces

pratiques, le Docteur, fort perplexe, écrivit à la Voyante une lettre impayable, que nous allons trans- -crire presque tout entière :

« Je vous remercie, Eve bien-aîmée, de la répoQse de nos chères mamans célestes.

« Qu'il me soit permis de vous mettre sous les yeux ma double situation, comme missionné vis-à-vis de moi-même, pour ma personnelle ascension, et comme missionné vis-à-vis des autres élus.

« Il semble qu'il y ait opposition entre ces deux missions, et cependant il faut que je les concilie :

« 1». — Je dois m'occuperde tout ce qui concerne mon ascension. C'est un devoir absolu, car je ne pourrai que donner ce que j'aurai acquis ;

w 2«». — Mais Jean-Baptisle doit aussi se multiplier par dix * (s/cî et s'il ne se multiplie, il ne fera rien et n'obtiendra rien.

« Mais alors, chère Eve, vous voyez le problème à résoudre pour Jean?

« 1*. — Si Jean ne s'occupe que de sa propre ascension, il peal bien aller dans la voie de sa propre perfection. Mais, dans ce cas^ il ne se multiplie pas par dix ;

« 2*. — S'il veut se multiplier par dix, comme c'est son devoir absolu, sous peine de n'arriver à rien ; dans ce cas, comment concilier les règles qui sont si parfaites pour l'ascension de Jean, avec It nécessité de se multiplier par dix f

« Voilà ce qui m'embarrasse : Je voudrais faire en tout la colonie de nos célestes mamans, car je sais que les règlei qu'elles donnent sont parfaites.

« Mais, Je cous Vavoue, je coudrais aussi me multiplier par dix. .

« La chère Madame S,.., au nom d'Élie, n'avait pas prèscrit des règles si sévères que celles de nos chères mamans célestes!...

« Ouvrez votre cœur à ces grands problèmes; priez bien et voyez ce que vous diront soit Élie, soit nos mamans eélesles...

« Jean-Baptiste... »

(Dossier 3. — Lettre non datée, à M^^* Maria M...)

Rien h'est bouffon comme la béate perplexité et la mauvaise humeur contenue, que respire cette sorte de consultation épistolaire. Le ton doucereux et cafard^ le style fade et prolixe, Tabondance des répétitions — toutes choses écœurantes partout ailleurs — semblent au contraire décupler le comique de cette pièce réjouissante... Aussi, tenions-nous fort à la produire, contraint que nous sommes de passer sous silence une foule de détails des plus curieux. Notre cadre, en effet, se refuse à de tels développements. Force nous est d'en venir à la conclusion de la correspondance avec M. Oswald Wirth.

* Mettre 1 dans le 0, — le phallus dans le cteïs.

Ce jeune occultiste qui, sur beaucoup de questions, en savait infiniment plus que le Docteur ', commençait à se lasser de lui départir les titres de «Mage sublime et vénéré, suprême dépositaire de la Vérité sainte, Initiateur céleste des enfants de la terre aui divins arcanes de la Lumière et de la Vie ! » ou encore ceux de « Sublime et illustre Maître, Missionné du Ciel pour la rédemption delà Terre, auguste ei puissant Hiérophante des arcanes du Saint-Carme! '■' ! » Car M. Wirth, ayant résolu de « faire parler » Jean-Baptiste, avait senti, avec une juste sagacité, qu'il ne pouvait conquérir la ciladelle de sa confiance aveugle, qu'en bombardant le donjon de son incommensurable orgueil

Bref. Wirth en avait assez de ce rôle ambigu; il statua d'en finir vers la fin de novembre 1886. II écrivit donc au prophète :

"... Au sujet des sublimes doclrines du divin Cnrmel, je crois que je reçois en ce mninent comme une révi^lalion de cette initialioD suprême, doal j'ai un si ardnnl désir de recevoir l'investiture. J'espère du mains que je ne suis pas te jouet d'une illusion, ou des manœuvres des mauvais esprits...

« Suivant [es intuilioas qui me vienaeal .l'Initié ne peut entrer dans la plénitude de sa puissance théurgique, que par son union avec une. personne du sexe opposé au sien... Mais cette union n'est

• Dès celte époque, en effet, M. Wirth avait pénétré quelques-unes des vérités ésolériques, qui sont encore perceptibles, quoique déformées, sous les symboles de la Franc-Mai;onnerie.

> Nous n'exagérons rien ; ces appellations sont textuelles. M. Wirlh, qui les variait avec art, ne manquait jamais d'en faire un étalage pompeui en têla de chacune de ses lettres au pontife. El ce benêt de s'y laisser prendre, comme un geai à la pipi^e.

468 LE TEMPLE DE SâTâK

pas le mariage ordinaire, dont le but est la génération. Ici il ot s*agit que de Tacte religieux par excellence..., mais il faut ooe préparation, une puriûcation préalable bien autrement sérieuse que pour la communion ordinaire; car c'est là le Sacrement des SaerementSj celui qui donne toute la vie, ou toute la mort

« Cet acte est, de plus, essentiellement libre, c'est-à-dire absolument indépendant des convenances physiques, requises en ooe de la génération... Tous les hommes sont les maris cT une même femme, et de même toutes les femmes deoiennent les épouse» d'un seul homme.

« Les affections ne sont pas individualisées, mais deviennent collectives; Fensembledes initiés ne forme plus qu'un seul homme et qu'une seule femme^ et ils sont constitués en cela à l'image de Dieu... «

La question était hardiment posée et la réponse devait être décisive. Elle ne se fit pas attendre. Mis de la sorte au pied du mur, l'hiérophante n'hésita plus à livrer sa pensée tout entière :

« Cher Élu aimél Vous avez très bien compris les voies divines où le Ciel vous conviait et oà il vous dirige f...

« Vous avez bien vu la condition du droit suprême de pro-création... Dans l'exercice de ce droit divin, au degré le plus élevé, nous sommes ce que l'écriture nomme des dieux : Ego dixi, dit estis !

« C'est là le sixième sens, qui a été perdu dans la déchéance, et dont il faut rentrer en possession faic.'). C'est là l'exercice de la royauté hominale sur les êtres des trois règnes de la nature, sur la terre et dans les mondes.

« Cest le Ferment de la vie, qui, greffé sur le principe de vie des êtres des trois règnes^ leur fait monter^ échelon par échelon^ Véehelle ascendante de la vie, voila, bien le sacrement

DBS sacrements, COMME VOUS LE DFTES SI BIEN.

« Mais nul ne peut être seul, dans l'exercice de ce droit de procréation : un seul n'a que des fluides. Le ferment de vie est la combinaison de deux fluides,

« Mais il est, dès lors, d'une nécessité absolue, que les deux opérants soient dans la condition d'élévation de la Royauté de la nature humaine.

« La loi logique nous fait clairement voir pourquoi la liberté desjlls de Dieu est, dans ces conditions, un droit absolu : c'est COMME CN ROI QUI PEUT SE MARIER AVEC TOUTES, m,ais à Condition que son épouse soit de race royale.

« Cette liberté, qui semble si grande à l'heure actuelle, où les filles royales sont si rares, n'a pas, vous le voyez, une grande étendue,

« Mais elle s'étendra, à mesure de V Initiation dans VOrdre divin.

« VOTRE CONCEPTION A CET ÉGARD, ET L EXPOSÉ QUE VOUS EN FAITES DANS VOTRE LETTRE, EST D*UNE PARFAITE EXACTITUDE.

« Il est évident que la question de génération est soumise à d'autres lois,..

t< Vous serez le premier disciple de la vie dans Tordre masculia * ; VOUS serez le premier dans cette élection, qui est l'attente de tous les êtres de la création !.. .

« Recevez le saint et vivant baiser de la fraternité de vie. Soyez béni, etc..

« f Jban-Baptistb... »

(dossier 1. —Lettre du 24 novembre iBS%, fragment)

Quelques jours après, estimant n'avoir témoigné qu'un insuffisant enthousiasme, Baptiste revient sur la lettre soi-disant inspirée de M. Wirth. Le Pontife a eu le loisir de tendre les cordes de sa guitare : écoutez l'hymne ardente et triomphale qui vibre sous ses doigts :

— « Cher fils du Ciel, béni de mon cœur et du cœur des élus I Si, depuis dix ans que je connais le divin Carmel, mon cœur a connu bien des joies de Tordre céleste, celle qui m'a inondé l'esprit et l'âme, en lisant votre précieuse lettre, doit être placée au premier rang

« Maintenant, cher Élu, cous êtes le vrai Fils du Ciel. — Quand je vous ai donné ce nom, il semblait très étrange d'appeler Fils du Ciel un être qui vit sur celle terre. Mais je parlais ainsi dans la loi de votre appel, et voici que ce titre est celui que je dois vous donner à cette heure, si je veux parler dans la lumière de la vérité, selon le vœu de mon cœur.

* Bien que les autres élus du Carmel soient moins avancés que M. Wirth, on verra plus loin que le Baptiste ne laisse pas que de les faire pro-créer aussi; sans doute à titre d'apprentisl

« Vous dites avec une parfaite exactitude : « J'attends maiotenanl Foccasion de passer de la connaissance scient ifîque aux actes si^ flants; car la science n*acquiert de la valeur que par ses appliatioos. » Vous avez raison: nous aussi, nous sommes prêts; il y a longtemps que nous attendons le jour béni qui se montre à nos yeux.

« Le premier entre les élus, vous allez commencer la chaîne qui va éleoer en haut l'échelle de la oie (sic !) ; soyez le bienvenu que le Ciel a disposé, et que TEtoile qui a brillé à vos yeux vous conduise au milieu de nous!

« Vous alleux devancer tous les autres, et le premier ooiu entrerez dans la craie et éternelle royauté de la nature humaine. Vous n'êtes plds mon disciple, cher élu, vogs êtes ci AUTRE moi-même. Quc votre destinée est belle, et quelle consolation elle apporte à mon cœur!

« Enfin il est résolu, non plus dans ma conscience et dans mon expérience personnelle, mais dans le cœur d*un être libre et indépendant, ce problème qui va faire des enfants de la terre de vrais Fils de Dieu !

« Nul, autour de moi, n*est aussi ava.ncé qcb vovs : je ceux parler dans r ordre masculin.

*< Dans l'ordre féminin, j*en ai déja^ ainsi que le dit votre lettre. Venez mettre fin a votre initiation, par lbs actes vivifukts

DE cette science SACRÉE, EN VENANT AU MIUBU DE NOUS. VoUS ÊTES attendu AVEC JOIE *, CAR VOTRE ÉLECTION EST CONNUE ICI D£ CELLES QÏH ONT ÉTÉ CHOISIES PAR LE CIEL POUR ENTRER DANS CES VOIES VIRGI- NALES

« Nos dernières lettres sont restées un secret autour de moi. La raison en est que chacun doit rester le maître de l'application qu'il peut faire, de la science qui est donnée.

M C'est une règle de prudence pour éciter les coups de traître; car il y a des êtres pour qui les secrets de conscience des autres ne sont pas sacrés.

« Je ceux qu'ils soient sacrés ; car ils le sont devant Dieu!

« Jean-Baptiste. »

(Dossier 1. — Lettre du 2 décembre 1886, passim.)

Voici maintenant le pot-aux-roses : une lettre du 5 décembre, signée de trois jeunes filles initiées au

* Ecoutez le léno, qui propose ses filles! Tout à l'heure, il leur laissera la parole, afin qu'elles s'ofTrenl elles-mêmes.

Garmel, contre-signée ile leur mère (!) el apostillée

d'une approbalioD ponlilicale du Baptiste :

« Béni Fils île Dieu, aimil du Ciel et de nos cœursl.... Nous avons admir-^ l'action céleste de la lumière en voua; car, sans avoir eu l'occasion tf étudier à fond la doctrine d'Ëlte, cous aoet au néanmoins aooir l'intelligence du plus profond des mystères.

« ClRHEL VETIT DIRE CHAin ËLEVÉK EH DIEU, ET LA LnXIÈBK O'e.1 HADT -VODS A FAIT COKNAITRK COMHEnT OH SE CËLESTrFIE ICI-BIS, PAR l'ACTI HËHEQtil A tTÉKT QDI EST ENCORE LA CAUSE DR TODTES LES DÉCHËARCES

UUKALES (Ceci est clair.)

« Aussi, combien noos désihons voos voib ad uilieu de nous! Nous «vons si souvent prié au saiot-autel, afin qu'il nous soit accordé de voir un élu tel que le Ciel le veut et que vous allez l'âtrel

<[ Le Ciel a Tait de grandes promesses au cheT du divin Carmel,

pour le jour où il aura de vrais disciples autour de lui Notre

niBU serait de vous ooir à côté du Père, comme un premier élu, pour faire ta chaîne de oie

ce Si vous venez, vous podrbei constater notre bon vouloir, afm ■QUE DE LA VOIE DE i.A SCIENCE, IL VODS SOIT peuuis o'abbiveu a celle BB LEiPÉniENCE ; Car Dieu ne Juge pan les êtres sur leurs lumières, mais uniquement sur les actes de vie dont ils se montrent capables

<' Celle qui vous a en cordiale aiïection :

11 Nous saluons, comme celle qui a tenu la plume, le Fils du Ciel, dans la bénédiclion de rélection où il entre :

Idhelael. AnandaËi..

'i J'approuve la doctrine de eette lettre, signée des noms angéliqucs du Trio, et par la mère :

Shephael. « Jeas-Baptiste. »

(DossiEH I.— Lettre du S décembre 188(1, passîm.)

Il semble que cetle épître collective mette les points sur quelques I, mal venus jusqu'alors, dans le texte éliaque.

C'est la seule dont Voriginal ne soit pas entre nos mains : elle fut réclamée el rendue. Mais on eut la prévoyance d'en garder l'empreinte, ce qui revient au même...

Voilà donc où en était la correspondance mystique de Baptiste avec M. Wirth, quand le « Maître de h Sagesse » fut prévenu que son disciple se moquait de lui!

Alors, il crut pouvoir revenir sur ses pas, nier tout son enseignement antérieur ; alors il protesta qu'on ne Tavait pas compris.

On hésite, à lire les dernières lettres du Docteur ; oui, vraiment on hésite, ne sachant ce qu'on doit admirer davantage, de Taudacieuse duplicité ^ que

< La mauvaise foi du Docteur ne se manifeste pas moins criante en d'autres occasions. Elle éclate particulièrement, au sujet du marquis de Saint-Yves. Tant que Baptiste croit que cet illustre tbéosopbe pourra s'incliner devant sa mission, il eo fait un grand prophète, A quelques mois de là, il le critique haineusement.

Dans sa lettre à M. Wirth, en date du 8 féTrier 1886, il parle « ...du grand initié, du voyant illuminé Saint- Yves ». — « Ahf poursuil-il, que j'ai été ému à la lecture des pages qui exposent la base de l'ouvrage de M. Saint- Yves : La Mission des Juifs f Cet élu n*a pas reçu Tinitialion d'un vivant de la terre; il la tient du ciel. Mais quelle science est en lui, et combien il apparaît au-dessus de ses contemporains! Qu'il est doux et bon de lire ces pages y que la lumière d' En-Haut a inspirées! Enfin, je ne suis plus seul... Vous voyez qui nous sommes. Oh! relisez les écrits de M. Saint-Yves, et à cette école vous apprendrez ce qu'est un voyant illuminé, qui a reçu ce que f appelle V initiation!,,. »

(Dossier 1 . — Lettre n« 1 1 .)

Au môme M. Wirth, le Docteur écrivait le 7 juillet 18So, c'est-àdire cinq mois après l'éloge dithyrambique qu'on a lu : — « La Lumière de la prophétie... est une nécessité; sans cela, on prend pour de l'histoire ce qui n'est que vue de l'avenir, et alors tout est eon-^ fusion. Cest ce qui est arrivé à M. Saint-Yoes. »

(DossiKR 1. — Lettre n* 20.)

Dans une longue épttre — chef-d'œuvre d'outrecuidance — adressée à M. Barlet, en date du 20 août, on peut lire : — « Son

MODERNBS ATATARS DU SORCIER 473

fit paraître cet homme, ou de son inconcevable aveuglement.

C'est le 2 décembre, qu'il avait écrit cette lettre enthousiaste (débordant à la fois de joie triomphale et de naïf abandon), où Ton peut lire : « Vous n'êtes plies mon disciple j cher Elu, vous êtes un autre moimême! » C'est le 5 décembre, qu'il apostillait de son approbation la lettre collective des trois fillettes et de leur mère, morceau de choix où Ton remarque cette phrase : « Sans avoir eu roccasion d'étudier à fond la doctrine d'Elie, vous avez su néanmoins avoir P intelligence du plus profond des m,y stères ... »

Eh bien, nous avons sous les yeux deux lettres du même Jean-Baptiste au même Oswald Wirth, l'une datée du il décembre 1886, où l'on trouve ces lignes :

« Je oous ai donné les noms, non qui oous soient dus, mais quon peut mériter après de longues années d'actes méritoires Vous n'avez vu jusqu'ici que le parvis des propanes et

NON LE sanctuaire »

L'autre, datée du 13 décembre, et qui renferme celles-ci :

autorité s'effondrera, devant une critique savante et profonde de son œuvre: La Mission des Juifs. >>

(Dossier 6. — Copie d'une lettre à M, Barlet)

Enfin, dans une lettre adressée à M. René Caillié, en date du 20 novembre 1886,1e Docteur Baptiste parle de deux occultistes de rÉcole occidentale, et il dit : — « M. Saint- Yves avait ouvert une voie fausse à ces ouvriers; mais il y a un mouvement très fort, qui tend à les ramener dans le vrai chemin. »

(Dossier 5. — Lettre 11.)

« Dans les vues que j*avai8 de votre esprit, je dois vous dire que vous m' apparaissiez sous un aspect de plus en plus déftmrable

« Le 7 décembre, je résolus de vous soumettre au Gritériam de

la Lumière d'Ea-Haut je fis appel à votre esprit : il cini

hésitant et tout ténébreux. L'épreuve montra ce que vous étiez; la lettre fut redemandée *. Vous étiez connu, non comme un ixitb,

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