Cypre. Détail d'un vase. — Good., pl. XLVIII
Thor. Cette figuration amalgame les idées de création, par le feu, par le rapport sexuel, par l’Arbre Sacré et par la lutte des éléments primordiaux dont le temple est l’image. La croix de Palenqué les réunit, et l’on peut s’en convaincre en suivant les figures qui la composent, données par M. F. Parry dans son bel ouvrage L Au sommet, c’est le Fuetzal, le Coq sacré masqué, les emblèmes du soleil et du vent sont suspendus à la queue, la foudre est à son cou. La branche horizontale du tau est formée par deux serpents grotesques, « leur langue prenant la forme des nuées et des étamines en sortent. » Tels sont les termes mêmes de M. Parry. Notons que ce savant
^ Francis Parry. The sacred Maya stone and it symbolisme.
La Pluie — Signe 117 181
ne connaissait nullement notre théorie des Signes Fleuris lors de cette publication, ni le principe des feuilles-nuées projetant des étamines fécondatrices. Mais le symbole se complète; le tau entier sort d’une fleur, emblème solaire, dit M. Parry, et
Fig. 139. Mexique. Bas relief de Palenqué. — L. Parry. The Sacred Maya stone.
d’un masque solaire sous cette fleur. Nos lecteurs reconnaîtront le soleil-ovaire, et comprendront que l’instrument girateur, par son action au centre de cette fleur, sera le grand évocateur de toutes les forces de la nature. Aussi les signes masculins et féminins, les flèches et les germes, le ciel étoilé, le ciel avec pluie et nuages qui le complètent, sont à peine nécessaires pour déterminer l’esprit cosmogonique de ce monument, lequel relie le temple antique et le tau des évêques, le symbolisme de l’ancien monde et celui de l’Amérique antécolombienne dans une seule idée; les mêmes forme la revêtent,
La Langue Sacrée
Signe 118.
Enfin la pluie, en tombant sur la terre, forme des fines colonnes. C’est l’image préférée des Indiens Zunis (fig. 140, 2 et 3) sur les peignes ornés de symboles. Cette image, ayant un
Fig. 140. — 1-5. Amérique du Nord. Symboles célestes des Zunis. — An. Report. 6. Écosse. Pierre de Dunrobin. — Stuart. Sculpt. st., pl. XXXIII.
faux air de temple grec, réunit les signes que les Zunis inscrivent sur leurs vases sacrés (fig. 140, 1) : le triangle c’est le ciel, lequel contient deux nuages en escabeau. Ceux-ci se résolvent en pluie et forment les fausses colonnes L
^ Nous plaçons à côté des figurations mexicaines une figure écossaise montrant le soleil foudroyant les nuées et amenant la pluie (fig. 140, e). Les rapports sont évidents.
L’eau n’a pas été considérée seule comme la mère, l’élément fécondateur des germes de vie. Comme l’a dit justement M. Charles Limousin : « Par analogie, ce fut d’abord la terre, la terre qui recevait les germes solaires et les fructifiait. La comparaison entre le soleil père et la terre nourricière est encore de style courant. Plus tard on remarqua que l’eau est aussi nécessaire à la vie, sinon plus, que la terre, et ce fut elle qui devint la mère : la fécondée. C'est ce qu’exprime la seconde proposition du deuxième verset de la Genèse : « A l’esprit de Dieu (le soleil), se mouvait (rampait) sur la face des eaux. Plus tard... ce fut l’astre des nuits qui personnifia la maternité. Ce fut, d’autres fois, le soleil lui-même bisexualisé. » — Bulletin des Sommaires, suppl. bibliogr., 10 et 25 mars 1898; article : La Cosmogliphie et Fisiolatrie. »
Nous avons vu l’action céleste, la victoire de la divinité sur les nuées rebelles et les bienfaits physiques qui en résultent, à présent, le sujet du fronton, le centre même de cette architecture cosmique va exprimer aussi ingénieusement sa portée morale.
Fig. 141. Tombeau grec de Myra. — Ch. Texier. Mém. Ac. des Ins., t. X> 2« partie, pl. II.