‹ Le temple et la fleurChapitre 80 sur 96 · Peinture d’un vase italo-grec du Louvre · texte numérisé non relu

Peinture d’un vase italo-grec du Louvre

Perses ’ — affirme qu’à la mort l’âme s’échappe sous forme de flammes 2.

Le Feu Sacré, c’est la palmette (signe 17), et ce signe mène à la curieuse croyance que nous avons constatée en Égypte, au monument funéraire qui agit lui-même, grandit, monte au ciel, et permet à la palmette, sa fleur terminale — dans laquelle l’âme s’insère — de rejoindre le créateur et de prendre une vie nouvelle

G. d’Alviella. La mig. des symb,, p. 31.

2 « Le feu vif ne dort pas sur terre, il monte aux cieux! » Dante. Le Paradis, ch. I. Traduction de M. L. Ratisbonne.

^ Nous avons dit déjà, p. 10, que lorsque l’Arbre Sacré s’épanouit, le mort est délivré;

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La preuve de ce fait est constante. En Grèce même où, d’après les textes, les croyances en l’au-delà semblent si flottantes, au contraire les images les précisent. De même que le

Fig. 201. Judée. Le chandelier à sept branches. — Rome. Arc de Titus.

Chandelier Sacré des Israélites (fig. 201), dont les sept branches sont formées de boutons de lotus d’où sort la lumière divine et créatrice — et par la suite le Christ rédempteur — de même la palmette des tombes grecques implique la résurrection.

« Le tombeau, dit M. Ravaisson C comprenait deux éléments essentiels, pour ainsi dire, déjà bien distingués par Homère : la tombe proprement dite, où l’on déposait le corps, et la stèle que l’on dressait au-dessus, en avant ou à côté pour

^ Ravaisson-Mollien. Ret'. polit, et littér. 1880, p. 965.

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représenter certainement ce qui survivait du mort, soit qu’on l’appelât ombre, image ou âme^ w.

Déjà, dans un autre travail, le même savant, reprenant la théorie émise par Stackelberg^, disait : « Les stèles funéraires, après avoir eu d’abord vraisemblablement des formes qui indiquaient le sexe de ceux à qui elles étaient consacrées, se terminaient fréquemment par une plante de végétation vigoureuse; dans cette plante devait revivre le défunt déifié. Au-dessous on gravait son nom; le nom écrit, dans la haute antiquité, c’était encore la personne elle-même. Au nom on joignait souvent un mot : Xaige, qui signifiait, non comme on l’a dit souvent, adieu, mais souhait de bonheur, félicitations 3.

Un autre auteur a prouvé que quelques inscriptions font parler la stèle à la place du mort'^. Un monument cypriote s’exprime ainsi : « Moi, que voici, je suis la stèle d’une prêtresse de Cypris; mon mari est Onasitimos Tüsonidas et je me nomme Thébas », et Du Cleuziou a signalé l’inscription de la tombe élevée par les marins du pays de Galles^ ; « Pierre levée, parle au peuple, et dis-lui le nom de Le Gonidek, homme vrai, homme droit, qui a ressuscité le Breton ».

Pourquoi, malgré l’autorité des savants que nous venons de citer, l’action miraculeuse de la stèle est-elle passée sous silence par les archéologues? — C’est que les témoignages

^ « Devant le tombeau ou au-dessus, ce fut un usage grec de placer une colonne, une stèle, une pierre dressée. On supposait certainement qu’en cette pierre viendrait, certains rites accomplis, habiter l’âme du mort. Aujourd’hui encore, les Turcs placent devant leurs tombes des stèles qui se terminent en forme de turbans, et qui représentent les morts. » Ravaisson. La stèle de Myrrhina, p. 13.

^ Stackelberg. Die Graher von Hellenen.

3 Ravaisson. Gaz. archéol. Mai 1875, p. 49.

'• Piéridès. Eludes de quelques inscriptions cypriotes. Larnaca, 1881.

* La création de l'homme. Flammarion, édit., p. 456.

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figurés n’ont pas été produits. Les sujets, sur les monuments antiques et les vases grecs, sont seuls commentés. Aussi la philosophie spéciale aux lécythes blancs attiques : l’ascension et la transformation de l’âme dans la palmette, n’est même plus soupçonnée. Quelques exemples vont en donner la preuve ;

Un lécythe d’Athènes (fig. 202, i), représente la déposition sur

Collignon. Hist. de la cér., p. 231.

2. L’offrande funéraire. Musée du Louvre. — Collignon. JJist. de la cér., p. 233.

le tombeau d’une jeune morte. « Au pied d’une stèle élégante, couronnée de feuilles d’acanthe, dit M. Collignon Q deux génies ailés vont déposer dans la fosse ouverteje corps d’une jeune femme. Le plus jeune, imberbe, soutient les jambes de la morte : c’est le Sommeil, Hypnos, celui que, par une poétique conception, les poèmes homériques appellent le frère de la Mort. L’autre, plus âgé et barbu, est Thanatos, le génie de la Mort, fils de la Nuit, comme son frère cadet. » M. Collignon,

^ Collignon. Hist. de la céramique grecque, Didot, édit., p. 231.

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dans son commentaire, remarque que ce n’est pas un corps rigide et inerte que tiennent Hypnos et Thanatos : « La jeune femme semble vivante «, et « Léplièbe qui, debout près de la stèle, abaisse son regard vers la morte, semble assister à quelque vision idéale plutôt qu’à une scène de deuil ».

Fig. 203. — 1. La toilette de la morte. Lécythe athénien.

Louvre. — Collignon, f. 88, p. 237.

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