‹ Le temple et la fleurChapitre 81 sur 96 · Stèle sur un lécythe polychrome trouvé au Pirée. Louvre · texte numérisé non relu

Stèle sur un lécythe polychrome trouvé au Pirée. Louvre

— Collignon, pl. IL

Remarquons la palmette surmontant la stèle. Cette palmette, très riche, est placée au milieu de quatre feuilles largement déployées, insérées sur une double volute : les cornes, l’énergie conductrice (signe 43). L’âme de la morte va se placer dans ce char de feu pour se diriger vers les espaces célestes (la ligne de méandre au-dessus de la palmette). Celle-ci ne touche pas encore le ciel.

La planche XI du même ouvrage (fig. 202, 2) montre un lécythe du Louvre dont le sujet est plus simple : une jeune femme

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déposant une offrande au pied d’une stèle funéraire. Mais celle-ci complète la scène. La flamme de la stèle traverse cette fois la ligne des méandres. L’âme est arrivée au ciel; la double volute intelligente s’est allongée pour la faire pénétrer (fig. 203, 2).

Quand la palmette est arrivée au ciel, le défunt peut apparaître sur la terre. Un troisième lécytlie montre cette double transformation (fig. 203, 1). La rangée d’ôves touche maintenant aux méandres du fleuve céleste, et la palmette s’est développée en un soleil rayonnant. C’est l’âme, nouveau soleil, complètement dégagée, pendant qu’au pied de la stèle, à sa toilette, le double de la morte reçoit les soins des serviteurs.

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Mais l’âme continue sa progression divine. Elle abandonne le pilier funéraire, le support terrestre. Un vase grec, publié

grec. — Stackelberg, pl. XIV.

par Stackelberg, montre la pauvre colonne privée de son noble couronnement (fig. 204). Pourtant elle est toujours l’objet des dons rituels de la famille.

252 La Langue Sacrée

Qu’est devenu la palmette, « le divin siège pur, le siège lumineux? »

Stackelberg, comme les archéologues actuels, nous laisse dans cette ignorance parce qu’il ne se préoccupe pas de « l’ornementation (!) » des vases. La céramique grecque ne cesse pourtant d’en montrer l’importance. Elle prouve que, grâce aux essences versées par les parents (fig. 205, i), la flamme monte jusqu’au ciel. Le miracle a lieu! Au col des vases, à la zone supérieure et divine, l’âme-soleil projette des rayons convergents (fig. 205, 1 et 3), manifestant une telle splendeur, qu’ils rappellent cette parole de Saint-Augustin : « Les âmes des saints, lorsqu’elles atteignent le ciel, dépassent le soleil en éclat ^ ».

En dernier lieu la stèle disparaît et à sa place figure maints sujets ayant un rapport direct ou indirect avec le défunt, et le col des vases, continue à montrer la résurrection du mort et à exprimer artistiquement cette exclamation traduite par Michelet : « Pendant que vous me pleurez et me cherchez en bas, déjà plante, arbre et fleur, enfant de la lumière, j’ai ressuscité vers l’aurore ».

En réalité le double du défunt dans la palmette, ne fait que reprendre sa forme première (fig. 205, 2). Son âme provenait du feu divin lancé sur la terre par la foudre, et son corps de la lumière qui en jaillit; en s’insérant après la mort dans la tige cosmique, le défunt permet son ascension divine, La fleur, à peine arrivée

' Le passage de la doctrine antique dans le christianisme s’explique non seulement par la constitution du dogme à Alexandrie et dans les grands centres philosophiques, mais directement aussi par l’éducation de Jésus. La secte juive des Esséniens enseignait que les âmes sont composées d’un air léger; à la mort, dégagées du corps, elles sont dans la joie et se transportent au ciel. Cf. Porphyre, liv. IV, ch. II, 12, 13, V Abstinence.

Cf. les àmes-palmettes rayonnantes des antéfixes étrusques, fig. 169, p. 214 et 176, 2 page 219.

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à la surface de la mer céleste, dégage à nouveau les éléments

Fig. 205. — 1. Frise peinte sur un vase du Musée de Bruxelles, n° 2,203.

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