Lampe mystique sur une stèle
3. Vase avec scène d’initiation. — R. Rochette. Mon. inéd., pi. LXXVIII.
qu elle contient; le double du mort va se reformer en haut,
Fig. 206. Lévitation de Tàme-palmette d’après les vases grecs.
grâce aux atomes-étincelles; et ce double lumineux, ce corps astral, cet être transposé, « l’Osiris illuminé^ », aura une vie
^ « L'Rluminé, l’Osiris un tel », formule constante des stèles funéraires égyptiennes.
La Langue Sacrée
brillante et pure pendant que le corps terrestre, l’ombre noire, dort dans le caveau funéraire.
La première phase de la métamorphose de la palmette dans le ciel, c’est l’apparition de bourgeons de lotus dans les rayons
Fig. 207. Le soleil recréant la fleur. — Biardot. Les terres cuites funéraires, pl. 48.
du disque solaire et des tiges spiralées qui l’accompagnent. Peu à peu, le disque va diminuer pour laisser grandir la fleur nouvelle ^ .
La fleur s’ouvre, l’âme sort de la corolle.
Au musée de Naples, un beau vase en forme de candélabre (fig. 208), montre une femme debout dans un édicule funéraire. Au sommet du vase l’amour hermaphrodite s’appuie d’une main sur le calice d’une fleur et de l’autre main reçoit une sphère.
^ Souvent il sera remplacé par des doubles — petits soleils ■ — deux au-dessus de la fleur, trois à sa base, agents de son activité. Ici nous passons plusieurs signes que nous étudierons avec « L’Arbre Sacré, La Tombe », etc.
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Au col — entre ces deux frises — une magnifique corolle projette le buste de la jeune femme dans la demeure céleste (V. aussi fig. 137,2)- Il est absolument ressemblant. Notons que le sujet
Fig. 208. lie vase de Ruvo.
Musée de Naples. — Nouvelles annales de l’inst. de cor. arcli.
vol. IL
figurant sur l’autre côté du vase : Térée poursuivant Philomène et Procné, a trait aux métamorphoses mystiques.
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Signalons une adjonction curieuse de certaines stèles : c’est la double paire de feuilles pointues qu’elles s’adjoignent. L’ar-
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cliéologie n’y reconnaît qu’une imitation plus ou moins heureuse d’une plante quelconque h
Ces feuilles sont les futures ailes du défunt.
Elles se présentent parfois au pied de la stèle (fig. 209, 2). Leur double mouvement, horizontal (fig. 209, 3), puis vertical (üg. 209, 4), est nettement déterminé : elles transportent la stèleheur au delà des nuées.
Un vase trouvé à Ruvo montre, dans sa partie céleste, une frise représentant le buste d’un jeune homme et d’une jeune femme au milieu de la corolle entr’ouverte. A chaque épaule du jeune homme surgit une de ces ailes en forme de feuilles (fig. 209, 4). Ces feuilles sont spiralées, à l’exemple des plumes d’oiseaux. Ici encore on pourrait malgré tout se refuser à la traduction que nous en donnons, si la frise de la jeune femme ne montrait la transformation à moitié accomplie ; les deux feuilles supérieures sont devenues des ailes véritables (fig. 209, 1), des ailes lumineuses, emblèmes de l’âme chez
^ « J’ai plus de peine à accepter une autre hypothèse de M. Benndorf {Griechische uncl Sicilische Vasen-bilder), dit M. Pottier, au sujet du feuillage qui couronne le sommet de la stèle sur un grand nombre de peintures. Il les considère comme une imitation très libre des ornements sculptés de la palmette (Benndorf, § 31). Cette exécution toute imparfaite s’expliquerait aisément sur des peintures.de style négligé. Mais le même feuillage touffu et débordant se remarque sur des dessins très soignés (Benndorf, pl. 15, 16, 22, I; 25, 34.) Or, cette maladresse de pinceau n’existe jamais quand il s’agit de reproduire la palmette simple ; pourquoi s’imposerait-elle dans la représentation de la palmette composée, encadrée de feuilles d'acanthe? J'admettrais pourtant qu’il y eu doute, si le feuillage débordant se trouvait toujours au sommet de la stèle. Mais comme le même ornement se retrouve sur huit lécythes différents au pied et sur les côtés de la stèle, il me semble impossible d’y voir une imitation de la palmette sculptée. A cette place, on ne peut supposer qu’une plante véritable. J’y verrais donc plutôt une reproduction pittoresque des plantes qui, dans les cimetières athéniens comme dans les nôtres, croissaient autour de la stèle et l’encadraient de leurs capricieuses volutes. » — E. Pottier. Étude sur les lécythes blancs atliques. Bibl. des éc. fr. d’Ath. et de Rome, fasc. 30, p. 55.
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les anciens; adjonction céleste dont le christianisme a conservé la tradition.
Fig. 209. — 1 et 4. Frises du vase de Kuvo. — Mon. pub. par VInst. de corr.
arch., vol. I.
2. Les feuilles ailées au pied de la stèle. — Benndorf. Gr. und sic. Vasen, pl. XIV.
3. Les feuilles ailées au sommet de la stèle. — Id., pl. XVI.
Ces petites ailes nous ramènent — si paradoxal que cela paraisse — à l’obélisque égyptien.
La série des lécytlies grecs représente souvent une forme simplifiée de la stèle : c’est un pilier carré, couronné par une petite pyramide dont l’extrémité atteint la ligne céleste (fig. 210, i). De chaque côté, à la place des feuilles ailées de la palmette,
se trouve deux spirales, signe de transport des divinités analysé plus haut; volute intelligente, dont la force et l’esprit
Fig. 210. — 1. Grèce. Stèle-obélisque. — 2. Obélisque et tertre funéraire. — Benndorf. PI. XVIII et XXIV.
3. -Égypte. Petite pyramide avec disque solaire. — 4. Obélisque et pyramide tronquée. — Schiaparelli. Il sign. s. delle piramidi.