UNE JEUNE FILLE CHANTE
Un soir frissonnant d'espoir ingénu Non loin du jet d'eau que le saule ombrage, Dans le parc muet je l'ai reconnu.
Son sourire las et son beau visage Marquaient le reflet d'un mal inconnu.
Dites-lui, mes fleurs, qu'il est TAitendu !
S'il a trop souffert d'aimer la douleur, S'il a médité sur un mauvais livre, Balancez vos calices vers son cœur, Vers son frêle cœur qui a froid de vivre. Oh ! qu'il me devine prête à le suivre, Prête à le garder mieux qu'aucune sœur.
Mes fleurs, parlez-lui, car il me fait peur.
Dans l'ombre du parc il a disparu...
Sur l'aile des jours ont fui les années, Le saule a plié, le jet d'eau s'est tu, Mes pauvres fleurs sont à jamais fanées, Celui que j'attends n'est pas revenu...
Et je vais mourir d'un mal inconnu.