‹ Le temple sans idoles; poèmesChapitre 29 sur 81 · IL N'EST SI BONNE COMPAGNIE QUI NE SE QUITTE · texte numérisé non relu

IL N'EST SI BONNE COMPAGNIE QUI NE SE QUITTE

0 mon petit maître, ô mon tyranneau, La chaîne que fait notre double anneau Menace de rompre, et ta maie rage Disjoindra bientôt un si bel ouvrage.

Nous étions pourtant faits pour nous aimer Mais Amour se plaît à tout abîmer Et mieux eût fallu moins folle liesse Avec un peu plus de sage tendresse.

Car Amour te rend méchante à ce point Qu'il vaudrait bien mieux de ne m'aimer point. Telle quelle enfin tu m'es tant à charge Que mon cœur aspire à gagner le large

Dût-il sombrer sur le flot hasardeux...

Et ce sera bien ainsi pour tous deux.

Car libre pour lors de ta tyrannie Les dieux me rendront un peu de génie.

Mais quand nous serons fâchés pour toujours Il faudra m'écrire au moins tous les jours.

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