‹ Le temple sans idoles; poèmesChapitre 4 sur 81 · LE RETOUR · texte numérisé non relu

LE RETOUR

Approche-toi, ma bien-aimée,

Que jeté regarde... Une année

Sans se voir, c'est long, c'est très long.

J'ai foulé maint sol du talon,

J'ai couru la terre et la lune,

Et te rapporte une fortune.

Mais l'or n'est que songe et fumée :

Approche-toi, ma bien-aimée.

J'ai vu des ciels brûlés de fièvres, Qui m'ont fait penser à tes yeux.

Et des coraux voluptueux Qui m'ont fait songer à tes lèvres.

LE LIVRli DKS AMANTS

J'ai goûté par delà la mer Des fruits pulpeux comme ta chair Et cueilli des fleurs inconnues, Lascives comme tes mains nues.

Oh, laisse que je te contemple Telle que la flamme du temple Qui brûle la nuit et le jour Dans les sanctuaires d'amour !

Te voici bien toujours la même (Qui donc changerait de sitôt) Avec ton orgueil pour manteau Et ta grâce pour diadème.

Pourtant on dirait... quelque chose En toi s'est changé... Mais je n'ose.

C'est quelque chose de profond Et de plus beau qui brille au fond De tes héroïques prunelles.

Je n'ose me plonger en elles, J'ai peur... Oh, très chère, je veux Savoir ce qui changea tes yeux.

Non, ne me dis rien... Je devine...

Pourquoi fis-tu cela, pourquoi ?

Ne suis-J6 donc plus tout pour toi?

Oh douleur... oh mal... oh ruine...

Soir à jamais désespéré !

Tu étais libre, il est bien vrai...

Oh, cet affreux geste rebelle, Voilà ce qui te fait plus belle, Voilà donc ce qui dans tes yeux Mit cet éclat miraculeux I

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