‹ Le temple sans idoles; poèmesChapitre 5 sur 81 · L'ADVERSAIRE · texte numérisé non relu

L'ADVERSAIRE

Je t'ai conquise — ou tu m'en as persuadé...

Mais l'amour, après tout, n'est qu'un beau coup de dé,

Et joueur je frissonne et ma face se creuse.

Même aux plus fiers instants de joute langoureuse :

Car ta bouche, toujours souple à l'enlacement,

Sait épouser la forme aussi de ce qui ment,

Et ce n'est ni ton corps, ni tes bras et leur fièvre

Qui donnent plus de force au mot que dit ta lèvre.

Cher caprice à l'afTût de t'évader toujours,

Orgueil impatient des attachements lourds,

Je douterais vraiment de t'avoir asservie

Si, passés les trompeurs élans de frénésie,

Dans tes yeux, maintenant libérés de l'émoi,

Je ne voyais monter la haine d'être à moi.

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