‹ Le temple sans idoles; poèmesChapitre 52 sur 81 · LA PORTEUSE DU MIROIR · texte numérisé non relu

LA PORTEUSE DU MIROIR

A A. -F. Ilerold.

Ecoute : éveille-toi du songe millénaire, Car le même soleil luit sur Antinoé. Osiris, ton époux sublime que vénère Ta puberté, te rit de son œil enjoué.

Va derrière tes sœurs agiter les crotales : Isis ne pleure plus l'éternel disparu.

Mais crains de révéler le secret qui mourut Sur tes lèvres, le soir des fêtes génitales.

Bès ne souhaite pas l'irrévocable adieu, Lui qui se multiplie et comme un ciel se change. Lève-toi pour chanter encore sa louange Sous les portiques d'or qui recèlent le dieu.

Car la déesse Hathor le veut, ô courtisane, Puisqu'il est sous l'azur tant de baisers errants, Dans l'étreinte que tresse une absente liane Puisque l'ardeur éparse a des cris délirants.

Mais l'eau de ce miroir que tu serres farouche Contre ton souffle éteint, que peut-elle enfouir ? Oh connaître le mot qui fleurit sur ta bouche Quand l'arcane cruel s'y vint épanouir !

Musée Guimet, 1908.

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