‹ Le temple sans idoles; poèmesChapitre 67 sur 81 · LE MAUVAIS COMÉDIEN · texte numérisé non relu

LE MAUVAIS COMÉDIEN

A Francis de Croissel.

J'aime, et je cherche en moi des mots pour me traduire

Je dis précisément ceux qu'il ne faudrait point.

A la fine Lysis, qu'il me plairait séduire,

Je montre mon amour comme on montre le poing.

Si belle est Cœlia, que je veux par ma lyre, Bornant ma chaste ardeur au rôle de témoin, Perpétuer un corps impeccable à ce point : Mais Cœlia préfère un plus grossier délire.

A l'une je mens mal ; à l'autre j'en dis trop. Celle-ci me croit faible, et cette autre un bourreau : Chacune méconnaît l'esprit qu'en moi je porte.

Quant à moi je maudis le sort immérité

Qui me fit, m'accordant une âme fière et forte,

Le mauvais comédien de. ma sincérité.

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