‹ Le temple sans idoles; poèmesChapitre 74 sur 81 · MON FRERE, MON AMI · texte numérisé non relu

MON FRERE, MON AMI

Mon frère, mon ami, je ne sins pas ce'ui Que tu crois. J'ai convoité la femme 4'autrui Et son bœuf et son âne. Et lu sais quelle femme, N'est-ce pas, je convoite en l'ombre de mon âme.

J'ai souhaité parfois qu'un hasard ennemi Troublât ta vie heureuse et ton cœur magnanime. Je me suis reproché tout cela comme un crime, Mais je ne suis pas bon, mon frère, mon ami.

Maintes fois tu m'jiidas quand l'heur me fut contraire, Et de ton noble amour j'ai connu les eifcls. Mais loin de te bénir, ô mon ami, mon frère, J'ai senti lourdement le poids de tes bienfaits.

LE SONGE Dii VIVRE 813

Pourtant s'il t'advenait un jour quelque disgrâce, Mon cœur, mon cœur affreux, désormais assouvi, En lui reirouverait peut-être assez de race Pour épouser tes maux, mon frère, mon ami.

Mais, né sous le Verseau qui fait les chances belles, Les dieux l'épargneront les deuils et les exils. Et toujours, mon ami, mon frère, sous mes cils Je cacherai le froid éclair de mes prunelles.

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