LE COUPLE
Regarde ! Le torrent du spasme qui submerge Roule la double épave humaine au fond du gouffre, Lui, brute au front obscur, elle, fille d'auberge, Beaux pourtant comme la fureur d'un dieu qui souffre.
Dans l'air ce poing crispé de l'homme, est-ce un appol Est-ce une malédiction contre le ciel Leur déniant d'unir au delà de la chair Eux fugitifs brisant les portes de l'Enfer
Et qui tentent chacun d'emplir ainsi qu'une urne Leur bouche frénétique à cette eau taciturne. Ha, soif démente, soif sublime qui perpètre Le crime d'abolir au seul profit de nailre I
Ces torses furieux Tun par l'autre oppressé, C'est contre le Futur la lutte du Passé. Leurs épaules secouent tout un fardeau de gloire Dans le sanglot muet de l'étreinte illusoire,
Et leurs paumes cherchant la forme de leurs corps Découvrent à tâtons leurs aveugles accords... Douleur qui se croit joie, angoisse d'allégresse, 0 volupté, tes cris sont des cris de détresse.