UNE AUTRE
C'est un lâche, qui refuse de se battre.
MRS. SIMPSOX, causant avec un officier
Ah ! comme c'est émouvant, ces cris dans le lointain, ce clair de lune ! C'est si poétique !
DEBORA
Chacun de ces coups tue un des nôtres. Dieu! pourquoi les as-tu laissé envelopper par l'ennemi ?
NOEMI
Ne doute pas ! Il sait ce qu'il veut. Prions-le, obligeons-le par nos prières à nous sauver ! Si tu doutes un instant, tout est perdu. Il faut vouloir.
DEBORA, et les femmes
Oui, oui, je veux ! Je veux que tu nous fasses vaincre, que tu écrases ces bandits !
MRS. SIMPSON, du haut de la véranda, s'adressant irritée à Debora et à Noêmi, dans la cour
Taisez-vous, s'il vous plaît, madame. Ne fatiguez pas Dieu de vos prières blasphématoires. C'est lui qui vous frappe. Tâchez d'être humbles et de profiter de la leçon.
DEBORA
Ce n'est pas Dieu qui frappe, c'est le démon qui est avec toi !
MRS. SIMPSON, suffoquée
Comment osez -vous parler ainsi, misérables pécheresses ? C'est une fausseté. Rappelez-vous ce qui est écrit : « Pourquoi dites-vous : nous sommes sages, et nous sommes les dépositaires de la loi du Seigneur ? La plume des docteurs de la loi est vraiment une plume d'erreur, et elle n'a écrit que le mensonge. »
NOEMI
C'est toi qui mens, chienne! Ne parle pas de Dieu, tu n'en as pas le droit.
MRS. SIMPSON
Dieu est avec la force et avec la vertu.
DEBORA
Dieu est avec ceux qui souffrent pour la justice.
MRS. SIMPSON
Dieu est avec nous.
NOÊMI
Dieu est à nous i
MRS. SIMPSON
Mon Dieu ! — à moi, à moi!