LES OFFICIERS ET LES SOLDATS
On a tiré.
— Le maréchal est blessé !
LE PRESIDENT, criant
« L'épée du Seigneur et de Gédéon î »
LES PRISONNIERS, se décou\Tant, et répétant
Lépée du Seigneur !
LES OFFICIERS
Damnation ! qui a tiré ?
— Regardez ce petit !
— Vipère !
Les officiers se retournent contre l'enfant, en vociférant. Une grande brute, le sabre levé, se jette sur lui. Un camarade lui arrête le bras.
— Non, Dick, pas cela !
— Laisse-moi ! tonnerre ! que je lui brise la tête î
— Ail ! je l'avais bien dit, qu'il fallait la broyer sous notre botte, cette engeance !
DEBORA, se jetant devant l'enfant, qui est resté comme pétrifié
Vous ne le toucherez pas !
LES OFFICIERS, hors d'eux
Le voilà, l'assassin ! C'est elle qui Ta poussé au meurtre ! Laisse-moi ! 11 n'y a plus ni femmes, ni enfants. Il faut tuer la bête et ses petits.
CLIFFORD, se soulevant, avec effort Je défends... On s'arrête. Il continue d'une voix plus faible.
Je défends qu'on touche à cette femme et à cet enfant.
Les ofaciers reculent, frémissants. Le tvunulte se change en un murmure violent. — Debora, raidie et crispée comme une bête qui défend son petit, se détend brusquement, et regarde l'enfant avec effroi.
DEBORA
Qu*as-tu fait î
DAVID, épouvanté, regardant ses mains
Je ne sais pas.
MRS. SIMPSON
Ah I infâme, c'est vous, avec vos provocations, c'est vous qui avez fait de cet innocent un assassin !
DEBORA
Un assassin ! ô mon petit David !
Elle l'embrasse en pleurant.