‹ Le temps viendraChapitre 9 sur 30 · II · texte numérisé non relu

II

LEWIS-BROWN, distribuant avec effusion, à droite et à gauche, des poignées de main, que les autres acceptent sans cordialité

Merci, messieurs, merci !

Il sort avec Clodds, qui revient aussitôt. — Ils se taisent, et évitent de se regarder. Clififord mâche sa moustache; Miles a un petit rire ironique; et Graham réprime un geste violent, en regardant la porte par où Lewis est sorti. — Ils restent un instant ainsi, humiliés et honteux.

CLIFFORD, irrité

Eli bien, ce prisonnier ?

LAWRENCE

Le voici.

Des soldats amènent im paysan, sale et déguenillé, aux vêtements déchirés, à l'air idiot. Lord Clifford le considère quelques instants.

Richard Carnhy entre, après avoir frappé.

RICHARD CARNBY

Il paraît que tous allez faire fiisiller ce di^ôle ? Je vous demande la permission d'assister à l'interrogatoire, et de prendre quelques notes.

CLIFFORD

Écrivez, monsieur, écrivez, si le cœur vous en

dit. Il va vers le prisonnier. C'est VOUS qui aVCZ VOulu tuer un de mes soldats ? L'homme balance lourdement la tête, en le regardant, ricane et tremble. Qu'a-t-ll ? — Qui

êtes-vous ? Votre nom ? Même jeu. Est-ce qu'il ne

comprend pas ? L'homme dit des paroles inintelligibles.

Quelle langue parle-t-il ? Ce n'est pas le hollandais.

MILES

C'est un patois, mêlé de cafre et de hotteatot; je n'arrive pas à y rien démêler.

GRAHAM

Il fait exprès de ne pas répondre. Qu'a-t-on besoin de ce qu'il dit ? On l'a pris sur le fait.

CLIFFORD, aux soldats

Racontez ce que vous avez vu.

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