TRAITEMENT
De nombreux médicaments ont été préconisés pour le traitement de l’helminthiase. Parmi ceux-ci, le T'étra-chlorure de Carbone à été utilisé depuis longtemps dans les cas d’helminthiase animale ; mais depuis 1022, il tend à être employé également pour le traitement des helminthiases humaines, pur ou melangé à de l’essence de Chenopodium. Son emploi est assez courant aux îles Fidju ainsi que dans le Sud des Etats Unis.
Le tetrachlorethylène, seul ou mélangé à de l’essence de Chenopodium aurait l'avantage d’être plus actif que le tétrachlorure de Carbone.
Le T'hymol finement pulvérisé donne également de bons résultats, mais il donne volontiers aussi des accidents d’où le danger de son emploi.
L’essence de Chenopodium au contraire, extraite du Chenopodium ambrosoïdes et surtout de ses variétés, est très efficace, moins toxique, et mieux toléré par les malades que le thymol. Son principe actif est l’ascaridol. Très efficace dans le traitement des helminthiases dues aux vers ronds (ascarides, oxvyures, ankylostome) elle permet d'expulser très facilement les hymenolepis nana (A. CHANDLER).
Ceux-ci sont pourtant des parasites tenaces, dont il est difficile de se débarrasser. La petite malade dont nous avons reproduit l'observation en est une preuve puisqu'elle à présenté 8 crises en 4 ans. Leur évolution à cycle fermé, en effet chez un seul hôte tout en permettant l’auto-infestation continuelle confère au parasite une résistance très grande à l’action des anthelmintiques.
MM. EUZIÈRE et HARANT ont conseillé à leur petite malade, l’essence de Chenopodium qui lui a été administrée sous forme de Chemontol.
Nous empruntons la règle du traitement généralement employé à BRUMPT (traité de Parasitologie, V° édition, Paris, Masson 1936, Tome 1; p. 030). Le malade prend ie matin à jeun, 3 doses séparées par des intervalles de une ou deux heures; puis deux heures après la dernière dose on lui administrera un purgatif salin. On donnera XV gouttes d’essence pour chaque dose à un adulte. Cette dose sera seulement de IÏ gouttes pour un enfant de 1 à 2 ans, de II à V gouttes pour un enfant de 3 à 5 ans, de VII à VIII gouttes pour un enfant de 6 à 10 ans, de VIII à XII gouttes de 11 à 16 ans et au-dessus de 50 ans. Il faut diminuer les doses si les individus sont affaiblis ; ce médicament est contr'indiqué chez les femmes enceintes,
La cure doit être suspendue si, après la 1re ou la 2me dose, Ja malade ressent des bourdonnements d'oreilles. Une surdité d'une durée de quelques jours peut résulter de l’ingestion de doses trop fortes. (A. RIFF, 1921). Mais en général, ce médicament ne donne pas de troubles graves. BRUMPT (1936, p. 040) est très formel sur l'absence de toxicité du médicament, quand il est administré pur et aux doses requises. SORONDO CAMPANIERA (1937), dans une thèse récente, confirme l'utilité et l'absence de toxtcité relative de cet anthelmintique. Les quelques rares cas d'intoxication mortels publiés sont dûs le plus souvent à l'emploi de doses incorrectes ou à des fautes dans l’administration du médicament.
Nous conclurons avec MM. EUZIÈRE et HARANT que « l'essence de Chenopodium est un médicament actif et éprouvé dont la prescription s'impose ».