‹ Le Terreur dans le Pas-de-Calais et dans le Nord Histoire de Joseph Le BonChapitre 118 sur 185 · Lettre du 22 ventôse. (Arch. de l'Empire · texte numérisé non relu

Lettre du 22 ventôse. (Arch. de l'Empire

latitude pour diriger contre la citadelle de Doullens une expédition qui fournit à l'échafaud des victimes de choix.

« Quelques jours avant mon départ pour Paris, l'on m'avait éveillé, écrivit Le Bon au Comité de salut public *, sur un redoublement de correspondance avec la commune de Douai. J'ordonnai donc au district d'Arras de faire une visite à la poste aux lettres. Plusieurs lettres suspectes furent en effet arrêtées, et je prendrai un parti à cet égard.

« Mais je dois vous dénoncer un nommé Buchotte, commandant la citadelle de Doullens, qui, pour soustraire aux comités de surveillance les lettres des gros aristocrates détenus, se les fait adresser et les leur remet ensuite.

« Allons vite; que le ministre de la guerre ou tout autre destitue promptement cet agent de contre-révolutionnaires et le fasse loger avec ses indignes amis. »

L'effet suivit de près la menace : le 18 ventôse (8 mars), Le Bon envoya à Doullens sept commissaires qui méritaient toute confiance :

« Joseph Le Bon, instruit que du fond de leur prison les contre-révolutionnaires détenus à Doullens entretiennent encore des correspondances criminelles ;

« Que Buchotte, commandant de la citadelle de Doullens , est soupçonné de leur faciliter ces correspondances en leur prêtant son adresse ;

« Arrête que les citoyens Darthé, Galand, Caubrière, Daillet, Le Blond, Planés et Delestré se rendront de suite en la commune de Doullens ; qu'ils s'y concerteront avec l'agent national près le district sur les moyens de saisir tout à la fois les papiers des hommes suspects détenus à la citadelle ; qu'ils feront de suite conduire à Arras ceux qui leur paraîtront devoir être livrés au tribunal révolutionnaire.

« Les papiers de Buchotte seront aussi visités, et dans le

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