‹ Le Terreur dans le Pas-de-Calais et dans le Nord Histoire de Joseph Le BonChapitre 119 sur 185 · Lettre du 18 ventôse. Greffe d'Amiens · texte numérisé non relu

Lettre du 18 ventôse. Greffe d'Amiens

cas où il s'en trouverait de suspects, il sera arrêté et traduit à Arras. »

Les commissaires de Le Bon se rendirent aussitôt à Doullens et marquèrent pour l'échafaud des victimes de choix • MM. Thellier du Courval, Imbert d'Ennevelin, Liger, Hémart, Develle, de Montgon, de Buissy (d'Abbe ville), de Broglie (né à Paris, domicilié à Àbbeville) , de Cool, Mallet de Goupigny et M lle Dufour l . Le Bon les fit écrouer aux Baudets et annonça au Comité de salut public la capture qu'il venait d'opérer :

« Du fond de leurs prisons, les gens suspects complotent encore la ruine de la patrie. J'ai été éveillé, et soudain j'ai envoyé à la citadelle de Doullens sept terribles patriotes qui, après avoir saisi dans la citadelle une multitude de correspondances infâmes, m'ont ramené, pour le tribunal, une douzaine de scélérats mâles et femelles.

« Buchotte, l'indigne commandant que je vous ai dénoncé il y a quelques jours, venait d'être arrêté par ordre d'André Dumont; il est maintenant à Amiens, mais ne pourra se dispenser d'expier ici ses intelligences criminelles avec les contre - révolutionnaires détenus et leurs adhérents du dehors.

« Cette expédition inattendue de nos commissaires a fait ressortir un grand nombre de vauriens qui s'enfonçaient dans les ombres du tableau ; j'étendrai les bras dans les départements voisins, et je ramasserai cette tourbe exécrable d'ennemis du peuple qui feignent aujourd'hui d'embrasser la Liberté, mais pour l'étouffer.

« Que de renseignements précieux ! Vous n'avez point d'idées des leçons que l'homme public reçoit en lisant les

1. Registre d'écrou des Baudets. —Imbert d'Ennevelin et deB.uissy furent transférés à l'Abbatiale le 18 prairial; de Broglie, envoyé à l'hôpital le 20 prairial, fut assez heureux pour s'évader. Les huit autres prisonniers périrent sur l'échafaud.

correspondances des aristocrates. Gomme on spécnle sur nos faiblesses et sur les vices de tout ce qui nous entoure ! Je ne puis ni ne dois croire à tout ce que je lis ; mais le Comité de salut public doit avoir sans cesse les yeux ouverts sur ses collègues dans les départements 1 . »

Joseph Le Bon n'attendit point l'extradition du général Buchotte pour livrer au tribunal révolutionnaire les prisonniers de Doullens : M. de Coupigny fut le premier dont il s'occupa :

22 ventôse (12 mars). — Aimable-Adrien Mallet, baron de Coupigny (56 ans) , avait été arrêté à Arras le 1 octobre 1793 comme suspect d'émigration. L'accusation qui pesait sur lui n'était pas sérieuse : le directoire du département avait ordonné précédemment la radiation de son nom de la listé des émigrés, « attendu qu'il avait justifié de sa résidence à Arras et au château de Fiefs ».

Cependant, le 20 ventôse, M. de Coupigny fut écroué aux Baudets par ordre de Le Bon. Le surlendemain, on l'amena au Département.

« Interpellé de déclarer quelles sont ses liaisons particulières, tant anciennes qu'actuelles, il répond qu'actuellement il n'en a qu'avec ses enfants ; qu'anciennement il allait chez la comtesse d'Oisy et la citoyenne Mazancourt, chez le citoyen de Lannoy, rue des Baudets, chez Bacqueville, son receveur, chez la citoyenne Thiébaut, sa voisine, et dans d'autres maisons de la commune d' Arras. — On lui demande où sont situées ses propriétés ainsi que celles de sa femme.... On compulse la liste des émigrés arrêtée définitivement le 9 juillet ; on trouve : « Municipalité de Rebreuviette, district de Saint-Pol ; le sieur Mallet de Coupigny, une ferme avec ses appendances et dépendances, et environ deux cents mesures , tant en terre à labour que manoir et

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