Lettre du 23 ventôse (12 mars), ircb. de l'Empire
bassure »'; puis: « Municipalité d'Héricourt ; le sieur Mallet, ci-devant baron de Coupigny, sept mesures déterre àlabour. » On demande à Mallet de Coupigny s'il est propriétaire de ces objets; il répond que non; interpellé de déclarer s'il sait à qui ces deux parties de biens appartiennent, il dit que non. On lui demande s'il connaît un autre baron de Coupigny ; il déclare qu'il sait qu'il existait à Cambrai un baron de Coupigny qui est mort il y a sept ou huit ans. On lui observe que ce n'était pas de cet individu qu'on entendait parler, puisque la liste n'a été faite qu'en exécution de la loi du 8 avril 1792.
« Un membre propose de déclarer Mallet de Coupigny émigré. Après quelques discussions, l'assemblée », sans plus de recherches sur l'exactitude des désignations faites sur la liste qu'elle invoque, « considérant que ledit Coupigny se trouve placé, à deux endroits différents, sur la liste des émigrés ; considérant qu'il n'a pas réclamé (article 61, section XI du décret du 28 mars 1793), le déclare émigré et le renvoie devant les juges du tribunal. » — Deux témoins, Dartus et Quingniard, certifient son identité; il monte à l'échafaud.
23 ventôse (13 mars). — Les papiers saisis chez M. de Béthune renfermaient, on se le rappelle, une lettre de M. Hémart, conseiller au conseil provincial et supérieur d'Artois : Maximilien- Antoine-Hubert Hémart fut mis en arrestation. Une perquisition opérée dans sa maison, par ordre du conseil général de la commune, n'amena d'autre découverte que celle de vingt assignats de dix livres que l'on soupçonna faux. lrf. Hémart fut transféré à Doullens ; il y tomba malade et demanda au comité de surveillance d'Arras, les 10 et 29 octobre, la faveur d'être reconduit dans sa maison et gardé à vue : il faisait valoir auprès du comité les services qu'il avait rendus « comme marguillier, commissaire de paroisse, membre du bureau de charité, notable, corn
— 246 -* missaire pour l'examen des comptes de fabrique et la répartition de l'impôt foncier, membre de l'administration gêné* raie des pauvres. Quoique sa femme eût perdu les trois quarts de son bien par suite de la Révolution, il avait contribué tara gement aux offrandes patriotiques; spontanément, il avait offert quarante écus pour les volontaires qui marchaient à la frontière. » Le comité fut sourd à ces réclamations. Le 19 ventôse, les commissaires envoyés à Doullens, Darthé, Le Blond, Daillet et Gaubrière lui firent subir un interrogatoire et lui représentèrent la lettre et les assignats incriminés. «J'ai pris la confiance, avait écrit M. Hémartà M. de Béthune le 28 mars 1793, de vous adresser les deux premiers volumes des opinions des juges de notre malheureux Monarque. » Le prisonnier reconnut cette lettre ; quant aux assignats, il déclara ignorer leur origine. Ramené de Doullens à Arras, M. Hémart fut écroué aux Baudets le 20 ventôse. Le Bon renvoya les pièces au substitut Potier : « Vu le procès-verbal tenu à Doullens par les commissaires du représentant du peuple, Hubert Hémart, prévenu de royalisme et de distribution de faux assignats , sera, dans les vingt-quatre heures, à la diligence de l'accusateur public, traduit au tribunal révolutionnaire à Àrras, auquel effet le paquet de vingt assignats suspectés faux, de dix livres, et deux lettres signées dudit Hémart, trouvées dans les papiers du guillotiné Béthune, seront adressées audit accusateur public qui devra en accuser réception *. — M. Hémart comparut devant le jury révolutionnaire et fut défendu par Lefran. Convaincu d'avoir provoqué au rétablissement de la royauté, il paya de sa tête l'expression d'un sentiment de pitié renfermée dans une lettre confidentielle. — M. Hémart était né à Saint-Omer; il était âgé de 55 ans a .