Greffe d'Amiens
2. Greffe d'Amiens. — Le Bon ajoute : « Mes commissaires m'ont ramené * de Doullens onze têtes ; déjà deux sont tombées hier, les autres vont suivre
incessamment. Je tiens le fll d'une terrible conspiration; et c'est pourquoi le
mis au secret; on défendit expressément qu'il communiquât, par lettre ou autrement, avec son aide-de-camp. Le 3 germinal (23 mars), Le Bon renvoya les deux prévenus au tribunal révolutionnaire. « Vu les interrogatoires subis par l'ex-général Buchotte et son aide-de-camp Pinguenet ; Vu les pièces qui ont servi de matières auxdits interrogatoires ;
« Considérant qu'il a existé une conspiration contre la sûreté intérieure de la Bépublique ; que Buchotte et son aide-de-camp Pinguenet sont prévenus d'avoir favorisé ce complot contre-révolutionnaire en facilitant par des prévarications les correspondances des détenus à DouUens nonseulement avec les autres ennemis de l'intérieur, mais encore avec ceux de l'extérieur, comme il conste par le jugement rendu en dernier lieu contre le nommé Cool; arrête, etc. 1 .»
Leducq et Hacot présentèrent la défense des accusés : l'aide-de-camp Pinguenet fut acquitté; le général Buchotte, convaincu « d'avoir facilité, en les recevant sous son enveloppe, les correspondances adressées aux détenus de la citadelle par les ennemis extérieurs », monta sur l'échafaud.
Comité de salut public, à mon dernier voyage, m'a autorisé àétendre les bras de la justice sur tous les départements environnants. Ma besogne est telle ici en ce moment que je ne ferais ailleurs que des opérations très-urgentes: telle était celle de la saisie des papiers à la citadelle de Douilens; mais je te préviens, et sans doute tu en es instruit et tu vas y mettre ordre, que les détenus ont de très-grosses sommes et beaucoup d'argenterie ; tout cela doit être séquestré d'après le décret , et tu les assujettiras aune nourriture simple et commune au lieu de dindons, lièvres, etc., qu'ils ont pendus à leurs crocs et qu'ils achètent au-dessus du maximum.
c Nous sommes environnés d'une multitude de fripons. Ceux que nous employons ont besoin surtout de n'être jamais perdus de vue. Ils promettent en notre nom, ils menacent , ils intriguent.
« A revoir, mon camarade ; redouble de colère civique, et que les aristocrates et les intrigants n'aient aucun instant de relâche ».
André Dumont, dans le Compte-rendu à ses commettants imprimé après la mort de Le Bon, a publié cette lettre (p. 161), mais il en a supprimé le commencement et la Un. —C'est ainsi 'que les Thermidoriens ont écrit l'histoire.