‹ Le Terreur dans le Pas-de-Calais et dans le Nord Histoire de Joseph Le BonChapitre 132 sur 185 · Greffe d'Amiens · texte numérisé non relu

Greffe d'Amiens

- Le jury acquitta quatre paysans, accusés d'avoir fourni à la République du foin de mauvaise qualité.

10 germinal (30 mars). — C'était le tour des militaires. On amena au tribunal Bernard Gillet (37 ans), chef de brigade du génie ; Louis Rochette (37 ans), chef de bataillon, commandant la place d'Avesnes, et Pierre Gratien (32 ans), général de brigade, mis tous trois en arrestation par ordre de Duquesnoy.

« J'ai destitué le général de brigade Gratien, écrivait à la Convention cet émule 4e Le Bon, parce que, après avoir reçu l'ordre d'attaquer l'ennemi , il battit en retraite et recula d'une demi-lieue.

« J'ai destitué le commandant de la ville d'Avesnes, parce qu'il avait négligé de fournir des secours aux citoyens blessés , tandis qu'il avait préparé de beaux appartements pour les généraux autrichiens qu'il attendait.

« J'ai fait arrêter Gillet, officier du génie , parce qu'il faisait des rapports infidèles aux généraux. Ce monsieur-là était, il y a deux ans, garde-du-corps de l'Empereur *.

Qu'y avait-il de vrai dans ces allégations ? Bernard Gillet, né à Bruxelles, avait servi l'Autriche; mais c'était en qualité d'ingénieur, pendant la guerre de Hollande. Il avait ensuite donné à la République française des gages de dévouement qu'elle ne pouvait méconnaître. Emprisonnépar le gouvernement autrichien pour avoir favorisé l'insurrection des Pays- Bas, il s?était évadé, et il avait, de tout son pouvoir, favorisé la première invasion de nos armées en Belgique. Après la défection de Dumouriez, Gillet avait offert ses services à la France. Le 21 octobre, il avait indiqué, pour défendre et assurer le passage de la Sambre, des mesures auxquelles le -général Jourdan avait applaudi. Le même jour, il avait été adjoint au général Duquesnoy, frère du représentant. Ce

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