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ses déclarations le témoignage des généraux Jourdan et Schlaelher, expliqua ainsi sa conduite :
« Le 18 octobre dernier, je reçus Tordre verbal de me rendre chez le citoyen Duquesnoy, représentant du peuple, avec le général de brigade Schlaelher, qui commandait en chef dans la place depuis huit à dix jours... J'entrai avec le général dans l'appartement où le citoyen Duquesnoy était à. table avec le général Jourdan et plusieurs autres. . . — « Est-ce vous, me dit le représentant, qui avez mis à part cet officier autrichien qui a été conduit ici il y a deux jours ? » Je lui répondis : « Je suis en sous-ordre, citoyen représentant ; le général Schlaelher que voici, et qui commande en chef dans la place, m'a demandé si je ne savais pas une maison dans laquelle il pourrait faire mettre cet officier, pour qu'il pût se faire traiter convenablement , attendu qu'il est grièvement blessé : je lui ai indiqué une auberge dans laquelle il Fa fait porter, avec ordre de placer une sentinelle à la porte de son appartement et à celle d'entrée de la maison. » — «Ah !
vous lui avez indiqué Vous êtes un f.... gueux, un f...*
coquin. » — Il se leva de sa chaise de la manière la plus
véhémente et me dit : « Allez en prison, et je vous f
quelque part».
Cette déclaration de l'accusé, si différente de la version de Duquesnoy, déjà fort atténuée dans l'acte d'accusation de Demuliez, est pleinement confirmée par le chirurgien en chef de l'armée du Nord, le citoyen Rosapelly.
« J'étais à Avesnes, dit Rosapelly, le jour du débloquement de Maubeuge (17 octobre 1793) ; deux particuliers me conduisirent dans un mauvais cabaret où je vis un homme - blessé d'un coup de feu qui lui traversait le ventre ; je re^ connus que la blessure était mortelle. Il avait pour tout vêtement une veste d'uniforme qui me fit présumer qu'il était autrichien et un jupon de femme qu'une vivandière lui avait donné ; il était tout mouillé et presque gelé. Je lui fis faire
~ 274 — du feu pour le réchauffer. Il me fit entendre qu'il était lieutenant-colonel du régiment de Cobourg-cavalerie. Le bruit se répandit en ville que c'était le neveu de Cobourg. Le commandant de la ville At placer un factionnaire à la porte du cabaret, pour écarter l'affluence du monde. »
Bo&apelly raconte ensuite qu'il fut mandé à l'hôpital par le représentant. Duquesnoy lui dit à l'oreille : « Lorsque nous serons auprès du lieutenant- colonel de Cobourg, faites-le moi remarquer ». Je lui dis : « Il n'est pas ici ; il est dans un cabaret en ville ».Sur cette réponse, Duquesnoy aie dit, en jurant, qu'il me ferait guillotiner moi et: toute ma séquelle; qu'il était affreux de voir que, pendant que nos frères d'armes étaient à l'hôpital sans distinction, on en accordait à nos ennemis ; qu'il allait donner des ordres pour
le faire transférer à l'hôpital Mais le blessé, en échange.
duquel Cobourg offrait de rendre un général français, expira quelques heures après, au moment où on se disposait à le transporter au camp ennemi dans un cabriolet. — « J'ai été fort surpris d'apprendre le lendemain que le commandant d'Àvesnes avait été mis en arrestation. Ce citoyen a été regretté de tout Avesnes; il y était connu comme un fort bon officier, excellent patriote. J'ai appris depuis qu'il a été guillotiné *. »
Les efforts de Leducq, défenseur officieux de Rochette, ne purent en effet le soustraire à la mort.
Le général Gratien, plus heureux que ses compagnons d'armes, échappa au bourreau; il était accusé d'avoir « refusé de marcher contre les satellites du despotisme et d'exécuter l'ordre du général de division en se retirant à trois Quarts de lieue en arrière, et retardé par là le gain de la bataille au moins de quatre heures, et facilité la retraite de l'ennemi en lui fournissant le moyen de sauver son artillerie à l'aide de la nuit ». — Gratien fut acquitté.