‹ Le Terreur dans le Pas-de-Calais et dans le Nord Histoire de Joseph Le BonChapitre 137 sur 185 · Communiqué par M. Liger · texte numérisé non relu

Communiqué par M. Liger

2. Joseph Le Bon avait enjoint au district de « choisir un local propre à y établir un cimetière ». Les commissaires du district avaient jeté les yeux sur une pièce de terre provenant de Saint-Vaast, d'une contenance environ de quatre mesures prises en cent mesures, laquelle avait été achetée par Liger. Le 12 germinal, le district proposa à Le Bon cette pièce de terre « rentrée dans la possession de la République par le jugeraeut'du tribunal révolutionnaire de ce jour »; le représentant écrivit de sa main, au bas de l'arrêté : « Approuvé, avec toutes les mesures nécessaires ». (Arch. départ.)

Telle est l'origine du cimetière d* Arras, qu'on appelle encore aujourd'hui « le Champ de Quatre * (champ de quatre mesures). "

fat envoyé à l'hôpital. Le 10 juin, le citoyen Bacqueville, garçon meunier dans cet établissement, fit savoir au conseil général de la commune « que les ci-devant religieuses de l'hôpital Saint-Jean avaient plus de préférence pour certains malades que pour les autres, notamment pour l'ex-abbé Marchand ». L'assemblée arrêta « que l'officier de santé visiterait l'ex-abbé Marchand et qu'on prendrait des précautions pour que les personnes contraires à la Révolution ne fussent point admises à l'hôpital 1 ». Ce fut seulement le 8 ventôse (26 février 1794) que l'on présenta au département le rapport de la procédure instruite à la charge de M. Marchand, emprisonné au Rivage. L'assemblée déclara « qu'elle entendrait cet individu ». M. Marchand, amené à la séance du 11, présenta un certificat constatant sa résidence à Ârras du mois d'avril 1792 au 7 mars 1793 et obtint un sursis jusqu'au lendemain. Ramené à la barre, il prouva que nonseulement il n'avait pas émigré, mais que, poursuivi du chef d'émigration, il. avait été acquitté. On objecta alors que la loi du 28 mars 1 793 avait détruit les effets attachés au jugement et au certificat qu'il invoquait ; néanmoins, comme la liste d'émigrés sur laquelle le prévenu était inscrit n'avait été affichée que le 26 pluviôse (14 février), on lui accorda un mois pour se procurer de nouveaux certificats, et on l'autorisa à se transporter, accompagné de deux gendarmes, à la commune d' Ârras a afin de s'y faire certifier ».Le 25 ventôse (15 mars), M. Marchand demanda par lettre au conseil général de la commune que l'on admît les témoins par lui présentés pour certifier sa résidence. Suivons le procès-verbal de la séance ; nous verrons quelle liberté on laissait aux prévenus d'émigration et aux témoins qu'ils parvenaient à produire :

« L'assemblée arrête que les noms de ceux qu'elle récuse

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