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l'ordre du jour. En conséquence, M. Marchand fut ramené à l'audience, condamné et exécuté. — Telle était la célérité avec laquelle on procédait contre les émigrés, que le tribunal étant entré en séance à neuf heures, à onze heures, malgré les incidents survenus à l'audience, le bourreau avait fini son œuvre.
François-Aymard, comte de Montgon (64 ans), né à Chatentou en Vivarais, chevalier de Saint-Louis, lieutenant royal, commandait en second depuis 1 784 la citadelle d'Arras. Le 27 juillet 1789, les citoyens de cette ville, en correspondance avec leurs frères de Paris, voulurent s'emparer du dépôt d'armes confié à sa garde : le commandant résista, et plusieurs des agresseurs furent blessés dans la lutte. On comprend que, du moment qu'on arrêta des suspects, le comte de Montgon présenta tous les titres voulus pour être mis en prison. Aussi, le 9 avril 1793, quatre délégués du comité de surveillance dénoncèrent-ils au département « le nommé Montgon, dont le nom seul, disaient-ils, est un opprobre et est entaché de l'infamie des patriotes ». Le département accéda aux vœux du comité et envoya de Montgon h Doullens. Le 28 vendémiaire (19 octobre), M me dé Montgon obtint du comité de surveillance que son mari pût se transporter à Arras afin d'y demander un certificat de résidence. Reconduit de l'Abbatiale à Doullens, M. de Montgon fut l'une des victimes dont Darthé fit choix parmi les prisonniers de la citadelle ; le 20 ventôse (10 mars), il fut écroué aux Baudets.
Avant de faire comparaître M. de Montgon devant son jury, Le Bon le fit juger par la Société po'pulaire. « C'est un bon gros aristocrate bien dodu, dit-il aux sans-culottes du club ; une belle tête à guillotiner ' . » L'arrêté de mise en accusation constate que l'opinion de Le Bon fut partagée par les clubistes :