Procès, t. I, p
« Joseph Le Bon, vu le rapport à lai présenté par la Société populaire d'Arras et les pièces y jointes concernant le nommé Kfontgon, prévenu de conspiration contre la sûreté de la République et d'avoir cherché à ébranler le patriotisme des hommes faibles en corrompant l'opinion; — arrête, etc. * ».
L'acte d'accusation dressé par Demuliez vise cet arrêté pris par Le Bon le 1 1 germinal et l'arrêté de la Société populaire du 10; il relate « que le prévenu a refusé de livrer les armes de la citadelle en 1789 -, qu'il a demandé la vie avec une bassesse qui n'appartient qu'à un noble qui ne sait que conspirer et non mourir; qu'il a trempé dans les complots de l'infernale Cour de France ; que ses fils qui, à Perpignan, armaient les régiments les uns contre les autres, ont été exterminés à Versailles à la vue du palais des tyrans ; qu'il a tenu enfin des propos contre-révolutionnaires ». — Qu'est-il besoin d'ajouter que M. de Montgon fut condamné à mort ?
Antoine-Joseph-Marie Develle (50 ans), greffier au Conseil d'Artois, puis au tribunal du district, avait été arrêté le 9 avril 1793 par ordre du département et transférée Doullens. Le 13 ventôse (3 mars), il avait demandé « qu'on le réunît à sa femme et à sa fille aussi détenues dans cette commune ». Darthé le ramena à Arras. A défaut d'autre grief, on l'accusa d'avoir émigré. Sur six témoins qu'il produisit le 7 germinal pour justifier de sa résidence, cinq prétextèrent « qu'ils avaient été plus ou moins longtemps sans le voir » et se .récusèrent. Develle réussit néanmoins à faire la preuve demandée; Mais à quoi bon se justifier devant des bourreaux ! -Déclaré « complice de l'émigration de ses enfants qu'il avait conduits à Tournay, ennemi résistant au gouvernement républicain, ayant par tous les moyens possibles cherché à