Arrêté du 11 germinal. Greffe d'Amiens
ébranler la fidélité des citoyens envers la nation française », Develle fut envoyé à la boucherie.
L'arrestation de Nicolas Prévost (né à Toncquevillers, 46 ans), notaire à Àrras, remontait au 3 avril 1793 ; lors de la fuite du Roi, se réjouissant d'une évasion dont il ne connaissait pas le dénouement, il avait dit « que les moineaux étaient dénichés, que le Roi était sauvé, qu'avant trois semaines les seigneurs reviendraient, qu'on verrait comme çà
irait, qu'il c sur tous les démocrates ». Le 15 ventôse
(5 mars), Le Bon requit le district de « faire transférer de Doullens dans la maison de justice d 1 Arras le nommé Prévost et de le prévenir de son arrivée ». Prévost comparut devant la Société populaire, puis devant le tribunal, et fut condamné à mort.
Le représentant avait honoré de sa présence la séance dans laquelle de Montgon, Develle et Prévost avaient été jugés; il s'était assis sur la banquette en face des jurés. Le lendemain, accompagné de Daillet et d« Caubrière, il assista également, du balcon de la Comédie, à l'exécution des trois condamnés. On le vit, chaque fois qu'une tête tombait, (( applaudir des pieds, des mains, se porter en avant en mettant son chapeau au bout de son sabre et crier, transporté par une espèce de fureur : Vive la République ! Pendant ce temps, le citoyen Membre, porteur de grosse caisse de la garde nationale, battait l'air « Ça ira » sur son instrument ', et la populace répétait : Vive la République!
14 et 15 germinal (3 et 4 avril). — Quatre acquittements suivirent ces condamnations < Il est vrai que les crimes imputés aux prévenus : faux témoignage, évasion de prisonniers, vol de lin, n'avaient rien de politique. Dès qu'il s'agissait de contre -révolution, même pour un simple propos, la justice révolutionnaire reprenait ses rigueurs, *