Archives départementales et municipales
2. Le chapitre était composé de quaraute chanoines et de quarante-huit bénéficiera.
« C'est en vertu de ses lois que nous exerçons la juri* diction épiscopale pendant la vacance du siège, que nous sommes dépositaires de la tradition de ce diocèse et conseillers-nés des pontifes qui le gouvernent; elle seule a le droit de varier, de réformer sa discipline, de peser dans sa sagesse les motifs qui la détermineraient à changer ce qu'elle a établi.
« Ce serait donc porter atteinte à l'unité de son gouver-* * nement, ce serait abjurer les principes de sa juridiction, ce serait violer les engagements que nous avons contractés avec elle et que notre dispersion ne peut dissoudre, que de renoncer de nous-mêmes aux titres dont elle nous a revêtus, et de souscrire, sans son autorisation, aux décrets qui en prononcent l'extinction.
« Mais, Messieurs, quelque pénibles que soient les sacri fices personnels qu'on exige de nous, que peuvent-ils être à nos cœurs lorsque nous considérons l'ensemble des maux qui affligent la religion de nos pères ; lorsque nous voyons les limites antiques et originelles qui séparent les deux puissances renversées ; l'autorité spirituelle , que Jésus- Christ, qui en est la source et Tunique principe, a confiée à l'Église seule, envahie ?
« La communion avec le Souverain-Pontife qui est de droit divin le Chef suprême, le pasteur de l'Église universelle, le centre nécessaire de l'unité catholique, presque anéantie; la juridiction qui appartient aux Évêques divisée , entre les ministres du deuxième ordre, à qui Jésus-Christ ne Ta pas communiquée, à qui l'Église ne l'a pas transmise, et qui ne pourraient se l'approprier qu'en oubliant qu'ils n'ont pas reçu la plénitude du sacerdoce , qu'ils ne peuvent devenir ni les juges, ni les égaux de celui qui est établi pour les gouverner/qu'en violant, en un mot, les règles saintes de la hiérarchie ?
« Les limites des diocèses, sans l'intervention de l'Église
et contre son vœu, déplacées, confondues ? Une foule de pdsteurs légitimes arrachés à leurs propres troupeaux, et une multitude de fidèles privés de pasteurs, ou, ce qui serait plus déplorable encore, conduits par des pasteurs intrus et sans mission ?
« Les assemblées religieuses, où, dans les premiers siècles de FÉglise, le clergé et le peuple fidèle, consultés sur te choix de leurs évèques, donnaient eux-mêmes leurs suffrages, transformées aujourd'hui en assemblées politiques, où Fou ne connaît que la qualité de citoyen, où le corps du peuple et du clergé n'est point admis, où des juifs, des hérétiques, de prétendus philosophes peuvent avoir la principale influence, et où cependant, par une nouveauté dont on ne saurait calculer les suites funestes, se fera juridiquement l'élection des évèques et de tous les pasteurs?
« La profession solennelle des conseils évangéliques proscrite dans l'état religieux ? Les observances des divers instituts qui le composent, que l'Église a munies de son approbation, qu'elle a comblées de ses éloges, où tant de saints qu'elle révère ont atteint un si haut degré de perfection, où Dieu voit encore tant d'innocence, tant de vertus et tant d'austérités, déclarées abusives et contraires au légitime usage que l'homme doit faire de sa liberté ?
« Ces grands monastères, que les Belges et l'Artois avaient multipliés à l'envie, qu'ils ont protégés si constamment contre l'injure des temps et les fureurs des guerres ; ces grands corps, qui offrirent toujours des ressources assurées dans les calamités publiques et qui, investis de tous les droits qui assurent à chaque citoyen ses propriétés et son état, reposaient paisiblement à l'ombre des lois, frappés cependant, sans la moindre inculpation, du coup mortel qui doit bientôt les faire disparaître de l'Église et de rempire?
« Le Clergé avili, outragé, dépouillé, dépendant pour sa