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% Arrêté du 3 germinal. -* Archives déffcrtemsitfate*.
était encore un attrait pour eux ; s'agisaaîi*il de dilapidât la maison d'un citoyen précédemment arrêté par le comité de surveillance qui, aux. termes de la loi, n'avait apposé les scellés que sur les papiers; se rendaient-ils chez un citoyen qu'ils étaient chargés d'incarcérer, par arrêté soit de Le Bon, soit du district ou de la municipalité, ees suppôts de la tyrannie s'y rendaient en grand nombre , commençaient par en expulser inhumainement femmes, enfants, parents, commissionnaires \ qu'ils chassaient de la maison ou envoyaient en arrestation.... Restés seuls maîtres en quelque sorte da champ de bataille, tout ce qu'ils trouvaient dans la maison était à leur disposition 2 . »
Joseph Le Bon employa deux moyens efficaces pour alimenter les prisons de nouveaux suspects : il ordonna à tous les citadins qui s'étaient retirés à la campagne de rentrer immédiatement en ville, et il autorisa Gaubrière à violer chaque jour le secret des postes.
Arrêté du 22 ventôse :« Considérant que, depuis le l* r mai 1 789, une multitude de riches citadins a abandonné les grandes communes appelées villes pour se reléguer dans les campagnes où , après avoir épuisé pendant quatre ans tous ses efforts pour renverser la liberté, elle a arboré toût-àcoup le bonnet rouge et les couleurs patriotiques pour tromper la confiance des bons habitants des campagnes et se soustraire par cette absence à l'œil attentif et pénétrant des patriotes et des autorités constituées de cette ville ;
« Arrête que tous les citadins qui depuis le 1 er mai 1789 ont quitté les villes pour se retirer dans les campagnes rentreront dans leur domicile respectif dans le cours de la décade prochaine ».
1. C'est ainsi que, sous le régime de l'égalité, on désignait 1m domestiques.
2. Abus d'autorité.... Mémoire rédigé par les douze membres du comité de surveillance, 7 frimaire an III. — Imprimé.
Arrêté du 12 germinal : « Joseph Le Bon instruit que les contre-révolutionnaires de l'intérieur ne cessent de correspondre entre eux, qu'ils se servent même de noms supposés ainsi que du couvert de quelques individus de cette commune ou y résidant, charge le citoyen Gaubrière, administrateur du département, de faire conjointement avec le directeur l'ouverture de toutes les lettres adressées à des personnes qui lui paraîtraient suspectes, de faire mettre surle-champ en arrestation celles d'entre elles qu'il trouvera convenir, en en rendant compte aussitôt au représentant du peuple, comme aussi de faire toutes les recherches et perquisitions nécessaires pour la suite des opérations à cet égard ! ».
Il n'était pas rare de voir le représentant opérer, en pleine rue, des arrestations de sa propre main. Le 8 germinal (28 mars) , M me Desvignes, marchande de dentelle à Àrras, se promenait sur le rempart avec sa fille : elle s'était assise sur un tronc d'arbre et lisait un roman « Clarisse Harlowe », quand tout-à-coup l'explosion d'une arme à feu retentit dans le voisinage; c'était Gaubrière qui, faisant après dîner un tour de rempart avec Le Bon, essayait un pistolet neuf. M me Desvignes et sa fille se levèrent effrayées. « Voyez ces femmes, dit Le Bon à ses compagnons; que veulent-elles avec leurs signes ? Faites-moi remettre les papiers qu'elles tiennent à la main. » Il saisit lui-même le livre qu'on lui dispute, renverse Clémence Desvignes d'un coup de poing et fouille la mère et la fille. Dans les poches de Tune d'elles, il trouve un almanach sur les pages duquel il croit voir des signes de royalisme et deux ou trois feuilles de papier où il est question d'argent pour dire des messes. Il conduit les promeneuses à la Providence. « Allez, citoyen, objecte en Tain M me Desvignes, vous apprendrez que nous sommes des