m * Censure, V. J., n
2. Les administrateurs du district de Saint-Pol sont requis de faire répéter sur-le-champ par toute la ville la proclamation faite hier dans les environs de Perneset de Nédonchel et d'enjoindre à tous les citoyens qui pourraient donner des renseignements de se transporter de suite dans l'église des cidevant Sœurs grises par devant le tribunal criminel du département du Pas-de-Calais, sous les peines prévues en ladite proclamation. — (Arch. départ.)
sous le coup du décret du 19 mars 1793 ; ils poliraient, en se propageant, devenir dangereux. Mais la nécessité de la répression, même au point de yue révolutionnaire, demandait-elle qu'on répandit tant de sang ? Treize malheureux furent, sur la déposition de soixante-deux témoins, livrés au bourreau ; ils appartenaient tous à la classe ouvrière. En voici la liste : Richard, blanchisseur àPernes; Grillet et Destré, charretiers ; Payelle, cordonnier, etBoistel, raanouvrier à BailleuMès-Pernes ; Jourdain, domestique, et Cossart, manouvrier à Floringhem (il avait 1 7 ans) ; Caron, d'Auchel ; trois membres d'une même famille, les Courtois , l'un charpentier, les autres manouvriers à Nédonchel; Anastasie Dewimillc , ménagère , et Marie-Joseph Ricard, journalière à Pcrnes.
Avant de poursuivre les autres rebelles dans les districts voisins, le tribunal, aux termes de la loi, devait être renouvelé. Des pétitionnaires demandèrent au département qu'il conservât comme juges criminels, pendant le trimestre suivant, Marteau et Caron, qui avaient fait leurs preuves, et qu'il leur adjoignît Nicolas-Joseph Guilluy, juge au tribunal de Saint-Pol et administrateur du département. Le conseil d'administration, « considérant que le civisme et la fermeté de Marteau et Caron n'étaient pas équivoques, et qu'ayant la connaissance de la conspiration de Saint-Pol , il était indispensable qu'ils la suivissent », s'adressa aux représentants en mission près de l'armée du Nord, Élie Lacoste et Peyssar J , pour obtenir en leur faveur une dérogation à la loi. En remplacement d'Herman, le conseil présenta à leur choix, comme président, le citoyen Beugniet, « patriote instruit ». — Toussaint- Frânçois-Marie-Norbert Beugniet, avocat au Conseil d'Artois (1784), secrétaire-greffier du district en 1790, avait été élu président du tribunal du district d'Arras à l'assemblée électorale du 29 novembre 1792. Nommé, le 9 décembre, membre du conseil général de la
— lit —
commune, il avait été maintenu dans ces fonctions par Carnot et Lcsage-Senaqlt. Nous avons vu qu'il était très-assidu aux séances de la Société populaire. « On devait à l'activité de Beugniet, dit Guffroy, la rapidité des opérations relatives à la vente des biens nationaux et l'organisation des charrois nécessaires pour le transport des subsistances et fourrages de l'armée. » Lors de la défection de Dumouriez, il avait été envoyé en mission à Douai, Béthune, Aire et Saint-Omer. Le 15 août 1793, Élie Lacoste et Peyssard l'avaient improvisé commissaire national militaire.
Les représentants confirmèrent les choix du département Ils nommèrent Beugniet président du tribunal criminel et lui donnèrent pour assesseurs Marteau et Caron , conservés dans leurs attributions, et Louis-Auguste Richard, pris régulièrement dans un des tribunaux de district, eu remplacement de Simonis « qui ne se sentait pas propre à ces fonctions » . La prorogation des pouvoirs de Marteau et Caron était une grave mesure ; elle modifiait révolutionnairement la composition du tribunal criminel, et donnait une grande influence à Caron qui était un homme sanguinaire '.
Le tribunal ainsi réorganisé se transporta , sur la réquisition de Demuliez, à Saint-Omer et à Béthune 2 . Le 4 octobre, il condamna k mort , en la maison de la Conciergerie de
1. L'accusateur public Demuliez, dans la déposition qu'il fit à Amiens lors du procès de Le Bon, fit remonter « à l'arrêté d'Élie Lacoste et Peyssard la source des malheurs qui affligèrent Arras » .
3. « Arras, 26 septembre, Tan 2 1 " - de la République.... l<w de la mort du tyran. L'accusateur Demuliez aux citoyens administrateurs du district d' Arras. — Citoyens administrateurs, la guillotine doit encore voyager dans l'étendue du département. Le tribunal criminel révolutionnaire se rend à Saint-Omer pour y appesantir le glaive de la loi sur les têtes coupables du reste des rebelles de la petite Vendée et purger pour jamais cette malheureuse contrée du canton de Pernes du venin dangereux de la contre-révolution. — Je vous prie en conséquence de requérir un chariot et des chevaux pour le transport de la guillotine qui devra partir samedi matin pour être rendue dimanche à Saint-Omer. » — Archives départementales.
Saint-Omer, Ricard Pierre, blanchisseur de toiles à Pernes; le 6 octobre, eu l'église paroissiale de Béthune, Bonaventure Dersin, Pierre et Jean Fachaux et Cossart Louis, fermiers à Florin ghem, chefs ou auteurs de l'émeute du 25 août. On adjoignit à ces derniers un garçon boulanger de Fleurbaix , Jean-Baptiste Hennebelle (21 ans), qui, sans prendre part à l'émeute, avait dit : « Je suis royaliste ; je me f . . . de la Nation » .
Ainsi fut complété l'exemple donné par Le Bon. Sans compter les fugitifs massacrés dans les bois , la Petite- Vendée de Pernes avait coûté la vie à vingt accusés. Le tribunal avait acquitté onze prévenus qui furent maintenus en arrestation jusqu'au 9 vendémiaire an III (30 sep-r tembre 1794.)
Dans l'intervalle des poursuites dirigées contre la Petite- Vendée, le tribnnal criminel avait été envoyé par le département à Bapaume et à Boulogne. En l'église paroissiale de Bapaume, il avait eondamné à mort, le 2 septembre, un dragon du 2 e régiment, François Savouré, qui s'était livré à des actes de pillage à main armée, et un vieux maître de labours de M me de Nédonchel , Louis Mairesse , qui avait porté une cocarde blanche, signe de rébellion.
Le 3 octobre, en l'auditoire du tribunal de Boulogne, on avait amené devant le tribunal criminel un prêtre émigré. Jean-Pierre Bulteau (37 ans, né à Parenty), était vicaire à Hucqueliers. Le 1 4 juillet 1 791 , il s'était retiré chez sa sœur, à Samer. Il avait ensuite quitté la France, vers le temps de Pâques 1792 et y était rentré au mois d'août. Le décret de déportation rendu contre les prêtres l'avait obligé de nouveau à sortir du territoire ; mais l'amour du pays l'emportant sur la crainte des lois, il avait été arrêté le 28 août, au moment où il revenait de Poperinghe. Il avoua aux agents du district d'Hazebrouck ses excursions de France en Belgique et de Belgique en Fiauce. Sur le vu des procès-
verbaux, le département le déclara émigré ; le tribunal n'eut qu'à appliquer la peine.
Pendant^ que la guillotine faisait sa tournée dans le Pasde-Calais, l'esprit révolutionnaire continuait de se manifester à Arras. Au nom de l'égalité , le conseil de département , d'accord avec le district, avait proscrit toute distinction dans les funérailles : en dehors de la maison mortuaire et de l'église, il avait prohibé l'appareil du deuil! Plus de tentures aux portes, plus de croix en tête du convoi funèbre, plus de prêtres en habits de chœur, plus de chants religieux sur la voie publique. Une seule cloche annonçait par le même tintement le convoi du riche et du pauvre; ui} même drap mortuaire était jeté ^gratis sur leur cercueil. — La fête célébrée en l'honneur de la Constitution n'avait été qu'une ridicule parodie des processions chrétiennes. On avait promené sous un dais l'acte constitutionnel enfermé dans une enveloppe tricolore. Cinq membres de la Convention envoyés alarmée du Nord, Carnot, Duquesnoy, Duhem, Desacy et Delbrel, « suivaient le dais et veillaient sur leur ouvrage ». On chantait sur leur paâsage l'hymne des Marseillais, la Carmagnole et le Ça ira !
Les représentants Élie Lacoste et Peyssard avaient ordonné, le 4 août,« que tous les gens suspects quelconques des sept départements de la frontière fussent conduits, sous bonne et sûre garde, sur les derrières de l'armée et renfermés dans des édifices publics où toute communication leur serait interdite ». Cet arrêté fut rapporté presque immédiatement ; mais le 6 août, sous prétexte que Douai était menacé d'un siège, deux cents familles dont les chefs étaient enfermés comme suspects au séminaire des Écossais furent expulsées de la ville par la porte qui conduisait à Arras. Elle» s'étaient réfugiées dans les villages voisins, lorsqu'un arrêté du département, pris en exécution d'une proclama*
tion d'ÉHe tatoste, leur enjoignit de se retirer dans l'Aisne et la Somme, à vingt lieues des frontières '.
Aussitôt quatre commissaires, Gélestin Lefetz, Gabriel Le Blond, Garraut, administrateurs du district, et le juge de paix <T Arras parcoururent le canton de Lens et y firent la chasse aux réfugiés : du 26 août au 25 septembre, ils en arrêtèrent soixante-dix-huit. « Nous tous expédions, écrivirentils d'Hénin-Liétard, les marchandises que vous nous avez demandées et qui consistent en André Plaisant, ci-devant conseiller au ci-devant parlement de Flandre, sa femme, cinq enfants et deux servantes. Toute cette clique était logée an ci-devant château Au total, vingt-trois personnes
1 . bibliothèque de Douai. Manuscrits de H. Plouvain. —La proclamation d'Élie Lacoste et Peyssard, datée de Cambrai 10 août, se terminait ainsi : «Officiers municipaux, magistrats du peuple — faites séquestrer de la société et retenez sous bonne et sûre garde tous les hommes sur lesquels le soupçon d'incivisme a plané, tous ceux en qui l'esprit de républicanisme n'a pas été bien prononcé, enfin tous ces êtres qui n'ont paru que faibles et chancelants, mais qui, par des moyens connus, pourraient, dans ces circonstances, ébranler la confiance des citoyens et préparer des malheurs ».
Guffroy commentait ainsi cette proclamation : « C'est bon, pas vrai ? Eh bien ce n'est pas tout, car ce n'est pas assez de dire qu'il faut se lever en masse. Ah ! notre luron de Lacoste et les administrateurs de cette contrée
sont des b qui ne boudent pas; tout de suite ils disent comme il faut
faire. Aussi j'ai appelé Lacoste à ma vedette ; et tandis que nous décoiffons utie vieille religieuse noire (une bouteille), lis le plan de campagne. » — (Suivait l'arrêté du 4 août qui organisait la guerre révolutionnaire.)— Guffroy continuait :
« Frère, tu me diras gue nos camarades Lacoste et Peyssard ont oublié dans leur plan la âne chemise de capucin, là, le coup de Ste Affaire. Ta, non, je lui en ai fait souvenir en buvant bouteille.
« Et je lui ai répété : Fais faire des francisques ; c'est là une bonne arme, c'est l'arme des peuples. Avec les francisques, pendant l'absence de nos champions, les femmes et les vieillards contiendraient les aristo-bêtes, les aristo-méchants désarmés et enfermés .dans lea couvents demoines-et monastères convertis d'attrapes à nigauds en attrapes à fripons. Que les Iran* cisques deviennent pour nos ennemis des guillotines portatives. [Rougyff, n. 15)
qui ont été prises en un seul moment d'apcè? ae* d*9po*
sttioqs ! . »
Le Comité de salut public envoya au district d'Arra* a$f ftliettatious : « Nous, applaudissons à vos masures et yom engageons de vqus concerter wee bob collègues députée près deaos frontières, qui ont le pouvoir de faire affréta? les personnes suspectes. — Paris, le 3 octobre 1793. ^ L. Càrhot, G.^A. Prieur. » — Élie Laaoete et Peyssqrd envoyèrent apa adnôpi&lrsteuraiea mèw$fmKmàgPmen\fk; « Nous *e pouvoasr qu'approuver votre arrêté.... ,ïhs&$Gl 4B plus tôt de voire district tous les réfugié*.... faites- mettre incontinent en état d'arrestation toutes la» personnes $q^ pectes ;' enchaînez même la malveillance qui se repwduit seus le wasque du modérantisme r et prenez toutes les n^rsures de salut public commandées par les .circonstances » ^septembre 1793).
On avait réuui provisoirement dans la caserne Héron val les réfugiés du Kord amenés à Arras ; il$ navaiept même pas de paille pour se coucher. La cherté des denrées aiU wenUires détermina le département à se débarrasser de ces bouches inutiles-, illcur enjoignit de se retirer dan$ Fmtérieur, à la distance prescrite^ swts peine d'éttfe mis définitivement en état d'arrestation. Réclamés par le dé* partewent du Nord, ramenés à Douai, arrêtés de nouveau, les réfugiés finirent par être envoyés à la citadelle de Doullens.
Ce fujeut encore Élie Lacoste et Peyssard qui, le ai septembre,, ça exécution de h loi des suspects récemment
KG**»* àwps^flttfeà.uoif*; f.,... f çainarade; vois-tu ces cinquante ircrorats d'Ân&pteria apec \ipgkcmq de cavalerie ? — Eh bien l qu'est-ce 4Q8 cela? — Gfrut, chut, ce sont Les administrateurs du district d'Arras qui " vont faite la ohass&aux aristocrates, aux enragés-modérés, aux nobles perfides,, aux prêtres scélérats. Aussi ils sont conduits par des administrateurs et uu juge de paix,... ils ont du poil, ceux-là, ah ! daine. (Rou^/f, n. 19, !•' septembre.)
promulguée, arrêtèrent « qu'il serait formé des comités de sûreté générale dans toutes les villes et bourgs d'une population de mille âmes situés dans l'étendue des départements du Nord, du Pas-de-Calais, de l'Aisne et de la Somme. » Ces comités devaient être composés de sept citoyens an moins qui auraient donné « des preuves non équivoques de patriotisme depuis le commencement de la Révolution ». Les représentants leur allouèrent un traitement qui varia de trois livres à vingt sous par jour, et ponr frais de bureau, de trois cents livres à cent livres par an.
Le comité de surveillance d'Ârras organisé sur ces bases entra en fonctions le 1 er octobre * ; il comprenait, en dehors d'Arras, vingt-deux communes dans sa circonscription. Il avait le droit de décerner des mandats d'arrêt contre les gens suspects 2 .
1. Guffroy, dans son Rouyyff n. 9 (16 juillet), publiait la traduction d'une jettre anglaise trouvée sur les remparts de Lille à l'adresse d'un prétendu comité qui avait pour mission d'incendier les fourrages, de discréditer les assignats, de faire hausser le prix des denrées : ce comité comptait dans les villes du Pas-de-Calais et du Nord plusieurs représentants que la lettre anglaise ne désignait que par des initiales. Guffroy stimulait ainsi contre Ton de ces conspirateurs anonymes le zèle du comité révolutionnaire d'Arras : « Comité de surveillance d'Arras, trouve-moi sur-le-champ et conduis à la guillotine le triple gredin qui a reçu, le 11 juin dernier, sept mille livres. Son nom commence par une L. — Que chacun en fasse autant ; on aura
bientôt trouvé tous les plats j ..-f qui veulent notre ruine, mais qui
battent déjà le savon dans le plat à barbe de la guillotine. »
2. Aux termes de la loi du 17 septembre, étaient réputés suspects ceux qui, soit par leur conduite, soit par leurs relations, soit par leurs propos et leurs écrits, s'étaient montrés partisans de la tyrannie ou du fédéralisme, et en-' nemis de la liberté ; —suspects, ceux qui ne pourraient pas justifier de leurs moyens d'existence et de l'acquit de leurs devoirs civiques ; — suspects, ceux à qui on avait refusé des certificats de civisme ; — suspects, les fonctionnaires publics suspendus de leurs fonctions par la Convention et ses commissaires ; — suspects, ceux des ci-devant nobles, ensemble les maris, les femmes, pères, mères, fils ou filles, frères ou sœurs, agents d'émigrés qui n'avaient pas constamment manifesté leur attachement à la Révolution ; — suspects, ceux qui avaient émigré, quoiqu'ils fussent rentrés en France dans les délais fixés par les lois.
Le comité de surveillance d'Arras décida le 5 octobre que les personnes suspectes de l'arrestation desquelles il s'occuperait tout d'abord seraient les parents d'émigrés. On ne devait pas discuter le civisme des enfants de quatorze ans et au-dessous. En un seul jour, quarante familles d'Arras furent mises en arrestation. On comptait parmi elles de nombreuses victimes réservées à l'échafaud : MM. Lallart de LeBucquière, d'Aix, d'Hendecourt, Lallart de Berlette , Wartelle, de Lannoy, de La Comté, Couronnel de Velu, M mC8 de Sus-St-Léger, Bataille, Desmazières , Lefebvre de Gouy.... Les suspects mis en état d'arrestation furent gardés à vue chez eux à leurs frais, en attendant qu'on eût trouvé un local propre à les recevoir. Déjà la municipalité avait converti en prison la maison des Orphelines et l'ancien hôtel d'Épinoy, rue des Baudets. Ces locaux étant in suffisants, le département avait ordonné, le 9 août, que tous les détenus pour cause de suspicion fussent transférés à Doullens. Le district , chargé de désigner une nouvelle prison , fit choix de l'ancien hôtel de Beaufort, acheté en 1774 par l'abbaye de Saint- Vaast et affecté à la résidence des abbés commendataires. Le 22 octobre 1789, le cardinal de Rohan, dernier abbé de Saint- Vaast, avait loué le palais abbatial à Louis Liger, son receveur, avec faculté de résilier en donnant congé trois mois à l'avance. Le département ayant, au nom de l'État t signifié ce congé à Liger mis en arrestation, un procès s'était engagé ; pour y couper court, on avait intimé à Liger l'ordre de déguerpir avant le 27 juin 1793. Le district réitéra la signification, prit possession du oalais abbatial et le convertit en maison de détention.
Ainsi le règne de la Terreur était inauguré à Arras avant que Joseph Le Bon en devînt le ministre. Élie Lacoste et Peyssard, comme pour achever de lui tracer la voie, organisèrent une commission chargée de « punir révolutionnai-
rement les fripons de l'administration militaire ' ». Ils requirent le difltrict, le conseil général et la Société populaire de désigner des « patriotes fermes » pour remplir dairs ee tribunal les fonctions de juges. Darthé obtint les honneurs de la présidence ; Carlier, Duponchel, Lefelwre et Daillet furent nommés membres 4e la commission.
1. Plusieurs condamnations à mort furent prononcées par la commission militaire : les noms des condamnés ont été confondus sur les listes que possèdent quelques personnes, avec ceux des victimes du tribunal révolutionnaire.