‹ Le Terreur dans le Pas-de-Calais et dans le Nord Histoire de Joseph Le BonChapitre 35 sur 185 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

Joseph Le Bon fiit envoyé en mission dans !e Pas-de- Calais le 8 brumaire an H (29 octobre 1793). A cause dés couches prochaines de sa femme *, il avait refusé récemment de se rendre à Beauvais où quelques troubles avaient éclaté. Pour son malheur, et bien plus encore pour le | malheur de son pays, Le Bon accepta le nouveau mandat i que le Comité de salut public lui confiait : accompagné de sa j femme et de son premier enfant, il prit la route d'Arras. | Est-il vrai que les périls de la patrie et les dangers dont

la menaçait l'invasion étrangère aient déterminé son consentement? Deux mois auparavant, cette assertion aurait été discutable : la prise du Quesnoy, de Gondé et de Valettciennes, la levée du camp de César, suite de ces reverè, avaient rapproché d'Arras le théâtre de la guerre ; l'armée du Nord s'était postée derrière la Scarpe, ayant sa gauche appuyée à Douai, sa droite à Arras. Mais depuis lors Houchard, destiné, comme Custine et tant d'autres généraux,

1. Le 16 octobre, la femme de Le Bon était accouchée d'une UUe.

à l'échafaud révolutionnaire, avait vaincu à Hondschoote et fait lever le siège de Dunkerque ; Jourdan et GarnQt venaient de gagner la bataille de Wattignies et de recouvrer, en débloquant Maubeuge, la ligne de la Sambre : dans ces circonstances, la mission de Le Bon ne pouvait être et ne fut eu effet qu'une mission politique dirigée contre les prétendus ennemis de l'intérieur. L'arrêté du Comité de salut public justifie ces inductions :

« Le Comité de salut public, instruit que des mouvements contre -révolutionnaires s'élèvent dans la ville d'Aire et dans d'autre* endroits du Pas-de-Calais ; que des tentatives viennent d'être faites pour exécuter un plan de fédéralisme : — Arrête que le citoyen Le Bon se transportera sur-le-champ dans ce département pour étouffer ce complot dangereux par les mesures les plus efficaces et les plus actives. — Robespierre, B. Barère, Collot-d'Herbois , Billaud- Varexïhes, C.-A. Prieur, Carnot i . »

En quoi consistaient lea « mouvements contre-révolutionnaires, les tentatives de fédéralisme, le complot dangereux» que Joseph Le Bon était chargé d'étouffer? — Le maire et le président de la Société populaire de la ville d'Aire avaient porté plainte contre le district de Saint-Omer au sujet de l'approvisionnement de leur marché, insuffisant en grains ; Élie Lacoste et Peyssard, improuvant la conduite du district, lui avaient enjoint de constater les besoins des habitants d'Aire, et d'y pourvoir par voie de réquisition. Le district obéit ; mais il invoqua, afin de se disculper, le témoignage des représentants Treilhard et Berlier, en présence de qui il avait offert à la municipalité d'Aire quatre à cinq cents quintaux de grains. Ces deux représentants autorisèrent le département à lever l'improbation infligée par leurs collègues aux administrateurs Audomarois. Or, il résulta des

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