Sainte-Agnès. — *• Censure, P. J. J
eux en grand costume : chapeau à la Henri IV surmonté d'un panache tricolore, étiharpe flottante à la eeinture et sabre traînant. Au son de la cloche, il les réunit dans l'église et les félicita de leur patriotisme. « Qui aurait cru , leur dit-il, que je reviendrais ici représentant du peuple, investi de pouvoirs illimités 1 Et comment vont les aristocrates ? Gomment va votre municipalité? » Après qu'il eut témoigné sa satisfaction de ne plus voir tous ces petits morceaux de bois, tous ces petits marmots qui faisaient autrefois l'objet de leurs mômeries (c'est ainsi qu'il désignait les statues des Saints), un délateur lui apprit que le nommé Coquet, ayant brisé les vitres du maire de Beaurains , avait été traduit devant le juge de paix Magnier, mais que le maire, II. Maupain, avait imploré la grâce du coupable et l'avait fait acquitter. Le Bon trouva qu'il n'y avait pas lieu à dénoncer le maire (e'étaitun bon citoyen* aussi paisible que bienfaisant) : « Quant à Magnier, ajouta-t-il, je vous remercie; il y a longtemps que je veille sur sa conduite ' ».
Le Bon s'empressa de montrer h Magnier qu'il se souvenait de la sentence rendue en 1 791 : par un premier arrêté, il lui ordonna de « lui faire connaître le jour même, avant cinq heures du soir, les motifs qui l'avaient déterminé à laisser la liberté à Goquet ». Magnier, retenu par une ma* ladie, écrivit au représentant que le maire de Beaurains avait demandé grâce pour le prévenu qui paraissait pris de vin lors du délit. Aussitôt Joseph Le Bon, « considérant que le juge de paix devait tenir exactement à la loi et ne voir qu'elle ; que Magnier n'était point connu d'ailleurs pour un ami de la Révolution et de la République, arrêta que ledit Magnier était destitué de ses fonctions 2 ».
Nous retrouvons Le Bon, le 15 brumaire (5 novembre),