Censure, P. J., n. 2 et
k la séance du département. On amène à la barre nn chef de brigade de hussards, Pierre Radouville : le représentant l'accuse « d'être un partisan dn rétablissement de la royauté, d'avoir dit à une ci-devant demoiselle qni avait sur sa tabatière nn emblème de la République : « Mademoiselle, pourquoi cette figure ? » d'avoir donné pour mot de ralliement à ses camarades dans un bal : « Souvenez-vous, mes amis, que nous avons servi le Roi ». Ces propos, dénoncés à la Société populaire, le chef de brigade les dénie ; mais comme il répond à Le Ron « d'une manière qui est trouvée indécente », il est mis en arrestation.
Après avoir ainsi employé les premiers jours de sa mission, Joseph Le Ron quitta Arras et se mit à « courir le département ».
Arrivé à Calais le 19 brumaire (9 novembre), il porta sa sollicitude sur les fonctionnaires publics et sur les individus qui payaient de gros impôts :
« Joseph Le Ron... considérant que les fonctionnaires publics modérés ou aristocrates ne sont pas moins dangereux dans les petites communes que dans les grandes, arrête :
<( I. Le district de Calais remettra dans deux fois vingtquatre heures au représentant du peuple une liste de tous les maires, officiers municipaux et notables , conforme au modèle ci-joint ;
« II. La même administration du district enverra journellement et dans le même délai la liste de tousjes juges de paix de ses différents cantons , avec des observations sur leur civisme ;
« III. 11 sera fait aussi une liste exacte de tous les individus payant chaque année au delà de quatre-vingts livres d'impositions, et Ton désignera leur cote respective et le degré de leur patriotisme i . »