‹ Le Terreur dans le Pas-de-Calais et dans le Nord Histoire de Joseph Le BonChapitre 39 sur 185 · Censure, P. J · texte numérisé non relu

Censure, P. J

Par application du décret de la Convention qui ordonnait l'arrestation de tous les Anglais actuellement en France, on avait mis l'embargo sur les lettres adressées à l'étranger : Le Bon en saisit cinquante mille. Il fit à la douane une découverte qu'il crut plus importante : c'était une caisse de couteaux que son imagination transforma en poignards et dont il ordonna l'envoi au Comité de salut public .((Joseph Le Bon, représentant du peuple, arrête que la caisse non réclamée au bureau de la douane nationale de Calais et dans laquelle se trouvent quatre douzaines de poignards tout préparés au crime sera envoyée dès demain au Comité de salut public de la Convention, où le porteur se fera délivrer un reçu de la caisse * ».

Au milieu de ces préoccupations, Joseph Le Bon ne perdait pas de vue ce qui se passait à Àrras. Les patriotes avec qui il était en correspondance attirèrent son attention sur un grave abus qui se glissait dans les prisons : les suspects, se réunissant autour du même foyer et s'asseyant à la même table, cherchaient à adoucir en commun les rigueurs de leur captivité. Les suspects se rassemblent, donc ils complottent; ils ont des provisions, donc ils affament la ville. Prenons un arrêté :

« Joseph Le Bon, instruit que les hommes suspects renfermés à Àrras n'ont pas encore perdu tout espoir de nuire; qu'ils se sont constitués en assemblée ; qu'ils se nomment des présidents, des secrétaires, pour délibérer sans doute sur les ruines de la patrie ; instruit que ces lâches ennemis de la Révolution s'encouragent aux projets les plus sinistres dans des orgies continuelles; — Arrête ce qui suit :

I. Aussitôt la réception du présent, le district d' Arras chargera six républicains des plus révolutionnaires de se transporter à' l'heure favorable, même pendant la nuit,

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