‹ Le Terreur dans le Pas-de-Calais et dans le Nord Histoire de Joseph Le BonChapitre 4 sur 185 · Archives de l'Empire · texte numérisé non relu

Archives de l'Empire

provisoirement un asile à Ciel, petit village situé à quatre lieues de Beau ne, chez le père d'un de ses élèves. Il écrivait de Ciel le 21 juin 1790 : « Ce n'est point aimer le Seigneur, mais s'aimer sA-même, que de l'abandonner au moment où il veut purifier notre amour en nous privant de tout autre objet que lui. » — Et encore : « Ce moment est le plus beau de ma vie... Le Dieu de charité, à la gloire duquel j'ai sacrifié ma vie, visite son serviteur dans ses tribulations, et c'est au fond de la retraite qu'il verse comme à torrents dans son âme les consolations ineffables de la vertu. — Le plus heureux des hommes, Le Bon, prêtre de Jésus-Christ. » — L'expression exaltée de ces sentiments plus ou moins sincères laisse entrevoir dans l'âme de Le Bon une blessure profonde. Il se pose en effet comme « l'innocenté victime de son attachement pour ses élèves », et détourne les deux amis avec qui il entretient une correspondance, du projet qu'ils ont formé de se rapprocher de lui. « Vous savez, leur dit-il, la position où je me trouve ; vous me la rendriez désagréable en venant partager les opprobres dont mes confrères ont cherché à me couvrir *. »

Les excitations de la politique aggravaient cette irritation. Joseph Le Bon, affranchi de la règle dont il proclamait naguère la nécessité, s'était affilié à la Société des Amis de la Constitution, qui tenait ses séances à Beaune dans l'église des Cordeliers. Ne voulant pas rompre avec ses nouvelles relations, il résistait aux sollicitations de sa famille qui le rappelait à Arras, et cherchait une position. Ardeur naturelle, entourage, mécontentement, besoin, tout concourait à l'entraîner dans le mouvement.

Sur ces entrefaites, la Révolution, s'atlaquant à l'Église, entreprit de changer la circonscription des diocèses et de soumettre à l'élection la nomination des membres du clergé.

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