Lettre du 23 août
L'Assemblée Constituante crut tiïotnpher de la résistance presque universelle dé l'Église de France contre la Constitution civile, en imposant aux évêques, cdrés, vicaires, et à tous les ministres de la religion qui exerçaiftat de» fo action» publiques, le serment « d'être fidèles à la Station, à la Loi et au Roi et de maintenir la Constitution de tout Leur pouvoir »„ Les réfractaires devaient être remplacé» sur leur siège par ceux des assermentés que désigneraient les électeurs. C'était ouvrir aux membres du clergé que leurs idées cm leurs passions attachaient au nouveau régime des voies indéfinies d'autant pins faciles à parcourir que le refus du serment civique rendit vacants la plupart de* postée, soit dans l'enseignement, soit dans le ministère l *
Le 25 février 1791, le procureur syndie de la commune de Chàlons-$ur-Saône engagea Le Bon à demander une (Les chaires du collège de cette ville que dirigeaient les Joséphifes insermentés. En attendant^ il l'invitait, « au nom dû corps municipal, instruit de son talent pour la prédication », à venir prêcher à Ghàlona le carême prochain. D'un autre côté, Jean-Baptiste Volfius, professeur de rhétorique et psér sident de la Société populaire d& Dijon , élu évêque de la Côto-d'Or, avait pitomig à L'ancien Oratorân de pourvoir à son pincement. « Excité pat le témoignage qu'on lui avtit rendu de sou talent et de ses mœufra », il lui offrit
l. Sar cent trente-huit af(5hévffqtfés et év&ïues ffâflçafd, çratre Seulement iar&rwit : îalteyrand, êvéque d'Autan ; Manie, xtcteMqite de Sé&*j J*tente; évêquft d'CKtètn»* et Satines* é^éque to Viviers. Quand aux enré* m vicaires qui furent constants dans leur refus, on n'en porte pas le chiffre & moins de cinquante mille. — Louis Blanc, Ëév. franc. 1 1. v, p. Ï64.
A kms, tous les curés» et vicaires-, * l'exceptioft de? Porion, curé de Saint- Wteobâ-smr-les-Fassôs^ct dlforbet,, vicaire dt S*nrt*Aubei% refusèrent le s ennent, Les olûciers municipaux furent obligés de lire eux-mêmes, en. chaire, à l'issue de la messe paroissiale, les instructions de l'Assemblée nationale sur la Constitution civile du clergé. Arrêté du 20 février 179). (Arch. municip.).
une place de vicaire à Dijon , « OU il travafflerfit dan* le miniitère plus utilement qu'à Beaune », Le ton devait saisir cerf ouvertures aveoempteasement i le serment civique n'était pas «n obltacte peur sa conaeîeneé ; il citait, en le prêtant, l'eiemple donné généralement par les Orfttorien*, que le Jansénisme avait prédisposé* tft schisme. Cependant* s'il devenait prêtre constitutionnel, il tenait à ne point fc'é** loigoer de Beaune où il espérait être nommé vicaire s V élection d'un de ses anciens confrères te la cure de dette ville contraria *ea vue» et lui fit prévoir ttû éebee, a La ration en est péremptoire r écrivait/*il, pour quiconque a réfléchi sur F esprit de corps, >* II ajoutait : * frétons notre parti en braves. .,; de vrais patriotes doivent ae rire des tenta tivea que l'on fait contre eux, » Cette lettre était datée dit « 4P de mare, V année de la Liberté #,
Faute de mieux, et conciliant ses désirs avec les néce*> sitée du moment, Le Béa accepta, le 4 jnin, «ne petite enre au Yernei, près de Béante. A peine y étaiML installé qu'il reçut d'Arras la lettre suivante :
« Mon cher confrère, je m'empresse de vous faire passer la lettre de Itt. le Président de rassemblée êïeétôraiedtt district d'Àrras, par laquelle il vous annonce que vous venez* d'être nommé à, la cure de Neuville-Vitasse, à trois quarto à& lieue d'Arras. C'est une de» cures les plus agréaMes du die* tricî; vous Connaissez le local, et je ne doute pas qttë Vôttè ne me marquiez, par le retour du courrier , que vous acceptez; cette place qui vous mettra à tiaêitfe d'exercer à ArrasLs* talents que vous avez pour la chaire i . » Cette lettre était écrite par Honoré Spitallier de Seillans, supérieur de l'Oratoire d'Ârraa et vicaire épiscopeL
Le Bon n'avait pas sollicité la care de Neuville. Il est pre^ table que> sur la recommandation des Oratorienâ d'Arrâs,
— iO — Tévèque constitutionnel, Pierre-Joseph Porion, qui avait professé à l'Oratoire avant d'être curé de la paroisse de Saint- Nicolas-sur-les-Fossés ', avait pris soin, dans la pénurie de prêtres assermentés où il se trouvait, dO le désigner aux électeurs. Le procès-verbal de l'élection constate que, « le 7 juin, sur le refus d'accepter du P. Gabriel Lechon qui venait d'être élu, latsure de Neuville devenant vacante, on a procédé au scrutin pour y nommer ; il y a eu trente-six votants (le nombre des électeurs du district était de cent quarante-six) ; ledit scrutin recensé et dépouillé, M. Le Bon, de l'Oratoire, ayant réuni trente-quatre voix, a été nommé curé de ladite paroisse, et M. le Président a été chargé de lai écrire pour l'informer de sa nomination 2 . » — Le Bon remercia ses compatriotes et resta au Vernoi. Mais bientôt il reçut de sa famille des nouvelles alarmantes : sa mère , qui était une pieuse femme, indignée du serment qu'il avait prêté et de sa nomination à la cure de Neuville-Vitasse, avait perdu la raison. Le Bon se mit en route; lorsqu'il arriva à Àrras, il trouva sa mère enfermée dans une maison d'aliénés 3 . En
1. Le 27 mars 1791, les électeurs du Pas-de-Calais, réunis à Arras, avaient procédé à la nomination d'un évoque. Sur 407 votants, Duflos, curé d'Hesmond, avait obtenu 398 voix; Porion 274. Duflos remercia les électeurs. Le surlendemain, sur 347 vois, Porion en obtint 214. « Comptant sur l'assistance des corps administratifs et principalement sur le secours du Très- Haut, Porion accepta, en priant les électeurs de solliciter en sa faveur la miséricorde divine. »
Le 4 frimaire an II (24 novembre 1793), Porion remit au district de Saint- Omer l'extrait du procès-verbal de son élection et ses lettres de prêtrise • (Arch. dép.}.