‹ Le Terreur dans le Pas-de-Calais et dans le Nord Histoire de Joseph Le BonChapitre 51 sur 185 · n» Censure, P. J., p · texte numérisé non relu

n» Censure, P. J., p

la responsabilité retombait tout entière sur le département, jusqu'au jour où Le Bon revint à Àrras, il n'avait prononcé qu'une seule condamnation à mort.

L'accusé frappé de cette peine et exécuté le 29 frimaire (19 décembre) était un cultivateur d'Audinghem, district de Boulogne, nommé Jean-Jacques Daudruy (45 ans) ; il avait été arrêté pour avoir dit au cabaret : « Buvons à la santé de la Nation et du Boi », et s'être écrié deux fois en pleine rue : « Vive le Boi !»

Le concierge du château d'Elnes, qui avait tenu des propos injurieux contre la représentation nationale ; un quartiermaître du 4* dragons, possesseur de livres royalistes ; un capitaine retiré du service à cause de ses blessures, Charles Poilly, arrêté à Montreuil et traduit par ordre de Le Bon (il s'était apitoyé, dans une lettre, sur le sort des émigrés et de leurs satellites) , furent condamnés à la déportation. —-Un libraire de Saint-Omer, Lenoir, accusé d'avoir mis en vente des brochures aristocratiques, n'encourut qu'une détention de six semaines.

En présence de tels résultats,. Le Bon n'avait pu contenir ses plaintes ; conjointement avec Duquesnoy , il avait écrit le 10 nivôse (30 décembre) au Comité de salut public :

« Nous sommes inondés d'Un tas de vauriens civils et militaires que nous avons envoyés à Àrras pour y subir la peine de leurs crimes contre la Bépublique. Nos arrêtés, non contredits par vous, autorisent le tribunal criminel du Pasde-Calais à expédier ces scélérats révolutionnairement ; mais votre silence fait trembler le susdit tribunal ; il renvoie nos coquins à des jurés d'accusation qui vont les innocenter à tort et à travers.

« Parlez donc ; confirmez nos arrêtés, ou nous allons faire pleuvoir au Tribunal révolutionnaire à Paris. Toutefois,

observez qrt'il ôucoûtewi m^ittsîci, efcqtte l'eiemp** se** utile è Tannée >. »

Il était temps que Joseph Le* Bon rentrât à>Àt*a$. E*s«t absence ïe rcipriffratantf Lcutreait, envey&à rarfflée do Bo#d, avait pas&é plufcteut?s> jouro dans éette titîe. «< Stapett&vàdf q«e la plupart de* art «stations n'avaient eu d'atftrepriûctfptf que le jeu des patfsiens individuelles, Laurent avait écouté, autant qo'ili était en son pouvoir, te» jutited réclamation» des uns et des autres ; d'après les renseighettient* qn -U 8'étaft procuré* ,> un grand nombre de citoyens* avaient dû à? don équité éclairée le triomphe de leur innocence et le retour ai la liberté 2 , »

La conduite de Laurent était apprécié* diversement! p» tes; patriote» d'Âtrirasi : Les uns,.Bemultez y Befrgoiet, lié Blond* . . . . prétendaient faire marcher de front la-Révolutioii et la justice; — lefr autres, Darthô; Caûbrïère, DaiUet, (Bat» lier ne connaissaient d'autre nie^en* de fonder dne société nouvelle que d'entériner* tons ee«* qui appartenaient à l'ancien régime. Tandis que les M^déranùstm dcppUmàu^ saientà la mise en liberté des suspects contre: lescfoeb ne s'élevaient aucune charge, les Terribles se plaignaient hHW tement qu'un représentant méconnût à. Arraa letf principes professés par Robespierre : « Le gouvernement révolution taire deit au» bons citoyen» la protection nationale; il ne doit aux ennemi» du peuple que lapnwrt >n

Que fera Le Bon ? se demandaient les chefs des defcx parti* : trahirait à A&W la cftttte delà Révetafckm qtfil a ^ bifeœserviedaiis les aut*wville* dodéparteàaenti? —. Osera» Wl méconnaître le^arv«Ms prt* pa* nti collègue' dont ka pou* wirs sent égaux* à cet* qu'il po&ède kil-inêtne"? — > W& chappera-t-il point aux embarras de la sRuatioJi efccoatfi*

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