Archives de l'Empire
« Tes pouvoirs sent illimités , mais circonscrits dans les départements qui té sont désignés. Partout ailleurs ton autorité cesse.
« C'est à toi que doivent recourir les autorités constituées peur les solutions à donner sur le gouvernement révolutionnaire. Préviens-les. Tu dois avoir la science des localités; ayant les objets sous les yeux, ta dois les connaître et les juger.
« Placé au faite des opérations et des mouvements, le dualité eu trace l'ensemble ; il donne l'impulsion; mais il ne peut descendre aux détails particuliers, lorsque des intérêts généraux rappellent et l'occupent,
« Des intrigants t'assiégeront ; tu déis t'y attendra. Us sont faciles à connaître : ils sont marqués du cachet dé la bassesse. L'intrigue rampe ; le patriotisme marche le front levé.
« Les agents secondaires peuvent être tuiles; mais ce moyen doit être employé avec circonspection. Lorsque tu jugeras nécessaire d'en nommer, l'article 12 de la section 3 de la loi du 14 frimaire détermine leâ pouvoirs que tu dois leur confier, Ges délégués doivent se borner à te rendre compte et à exécuter les mesures que tu auras arrêtées,
« Tu dois personnellement surveiller les administrateurs, de district; la nature de leurs fonctions l'exige.
« Tes travaux ne te permettront pas de visiter toutes les municipalités; tu appelleras les agents nationaux des communes pour leur donner tes instructions et leur tracer la marche qu'ils doivent tenir.
« Le Comité te charge désormais de foire par venir à leur destination respective les différents envois qu'il t'adressera ; cette mesure, en simplifiant l'ouvrage, établira entre les autorités et le représentant qui doit les surveiller des relations plus prochaines et plus journalières.
« Le Comité t'invite encore à l'instruire exactement du
lieu de tes opérations toutes les fois que ta eroûraa utile de te déplacer, — Salut et fraternité,
« Les membres du Comité de salut public chargés de la correspondance, Gollot-dHerboiSjBillaud-Yarkwwes 1 . *
Joseph Le Bon ne fut avisé de sa nomination qu'à la date du 24 nivôse (13 janvier 1794). Craignant que ce retard ne le fit accuser de négligence, il écrivit an Comité :
Àrras, ce 24 nivôse.
« Je tous déclare que je viens seulement de recevoir, il y a une heure, en présence de témoins : 1° votre arrêté du neuvième jour de mars qui me désigne pour rétablissement du gouvernement révolutionnaire dans les deux départements sus-mentionnés ; 2° la lettre qui accompagne cet arrêté.
« Vous jugerez sans doute qu'il m'est impossible d'établir en six jours le gouvernement révolutionnaire dans les deux départements. Celui du Pas-de-Calais est avancé/ parce que, sans mission précise sur l'objet d'aujourd'hui, j'ai été dans le cas de destituer plusieurs fonctionnaires publics en remplissant la tâche que vous m'avez d'abord imposée. « Quoiqu'il en soit, je reprends dès ce moment une nouvelle vie pour suffire à la nouvelle besogne dont vous me chargez : je ferai de mon mieux. Je clos mon ancien registre, et cette lettre en commence un autse dont toutes les pages vous seront exactement transcrites, au moins aux époques voulues par la loi du 14 frimaire. Je ne vous étourdirai pas inutilement ; mais, je vous en conjure, tirez-moi promptement des incertitudes que je vous soumettrai. Oui ou non , voilà ce que je vous demande pour la plupart de mes questions *.
Le même jour, Joseph Le Bon fit connaître à ses administrés ses attributions nouvelles.