Lettre du 27 pluviôse. Greffe d'Amiens
l'autre, des largesses perfides font désigner sous le nom de pères du peuple. Pères du peuple ! les oppresseurs de l'humanité ! Pères du peuple!... Je m'abstiendrai de toute réflexion. Le Comité de salut public sent combien il est indécent, après quatre années de travaux révolutionnaires, de voir des communes entières regretter des maîtres pour un morceau de pain ' . »
Joseph Le Bon avait usé des pouvoirs qui lui étaient confiés dans le Nord, pour prescrire aux sociétés populaires de ce département de lui envoyer les renseignements nécessaires à l'épuration des autorités constituées. Florent Guyot, en mission à Lille, se permit de suspendre cet arrêté.
« Je l'aurais parié, écrivit Le Bon au Comité de salut public, que mon premier pas dans le département du Nord serait un pas de clerc. Pressé par vos circulaires de vous envoyer la liste des agents nationaux et ne pouvant voler de district en district, je prends, il y a quatre jours, un arrêté pour obtenir, selon vos instructions, les renseignements des sociétés sur les fonctionnaires publics des lieux que je n'ai pas encore visités en personne.
« Cet arrêté arrive à, Lille : bon! ne voilà-t-il pas que Florent Guyot s'imagine que je prétends lui donner des soufflets ? Ne voilà-t-il pas qu'il m'écrit une belle longue lettre sur l'incongruité de ma mesure dans la commune où se trouve un de nos collègues revêtu de pouvoirs illimités et quelque peu capable.
« Ne voilà-t-il pas qu'il se déchaîne contre une foule d'intrigants qui, selon lui, sont venus me conseiller cette démarche pour tout bouleverser, tandis que personne ne m'a dit mot , excepté vous.
« Dans sa colère extrême, considérant, etc., etc., il suspend l'exécution du liberticide arrêté, se réserve person-