‹ Le Terreur dans le Pas-de-Calais et dans le Nord Histoire de Joseph Le BonChapitre 83 sur 185 · Lettre du 29 pluviôse. Greffe d'Amiens · texte numérisé non relu

Lettre du 29 pluviôse. Greffe d'Amiens

«. 2. Lettre du 3Q pluviôse (18 février). Arctu de l'Empire.

— 2» — leur tour leg Dantonistes qui, fatigués de violence, prétendaient substituer la clémence à la prétendue justice du Gomité de salut public. — Le 8 ventôse (26 février), Le Bon entendit Saint-Just exposer à la tribune les théories du gouvernement dont il était l'organe. « Il faut être juste ; mais au lieu de l'être conséquemment à l'intérêt particulier, il faut l'être conséquemment à l'intérêt public ; si la société compte beaucoup d'hommes que la marche de L'opinion contrarie, ne doit-elle pas faire les plus grands efforts pour s'éparer? Ce qui constitue une République, c'est la destruction totale de ce qui lui est opposé... Ceux qui font une révolutionà moitié ne font que se creuser un tombeau. . . Oser, ce mot renferme toute la politique de la Révolution. » Au nom des deux Comités, Saint-Just proposa, comme conclusion, le décret suivant qui fut adopté sans discussion, à l'unanimité : « Le Comité de sûreté générale est investi du pouvoir de mettre en liberté les patriotes détenus. Toute personne qui réclamera sa liberté rendra compte de sa conduite depuis le 1 er mai 1789. Les propriétés des patriotes sont inviolables et sacrées ; les biens des personnes reconnues ennemies de la Révolution seront séquestrés au profit de la République; ces personnes seront détenues jusqu'à la paix et bannies ensuite à perpétuité. »

Joseph Le Ron, fortifié dans ses principes, se rendit au Comité de salut public, afin d'y présenter l'exposé succinct de ses opérations. — Que se passa-t-il au Comité? C'est Le Ron qui nous en instruit : « Je suis invité, dit-il, je suis pressé de repartir, afin de seconder, par l'exécution démesures rigoureuses contre les ennemis de l'intérieur, les dispositions militaires que Saint-Just et Le Ras ne tarderont pas à venir prendre pour débarrasser entièrement la frontière du Nord. On n'est pas, me dit-on, mécontent de mes travaux. On m'engage seulement à me tenir en garde contre les séductions d'une humanité fausse et mal en-

tendue. Je reviens donc, avec plus de courage, affronter toutes les haines aristocratiques du Pas-de-Calais et de ses alentours * ».

Le Comité de salut public avait remis à Le Bon, le 1 1 ventôse (l* r mars) , l'arrêté qui renfermait ses pouvoirs : « Le Comité de salut public arrête que le citoyen Le Bon retournera dans le département du Pas-de-Calais, en qualité de représentant du peuple, pour y suivre les opérations déjà commencées. Il pourra les suivre dans les départements environnants. 11 est revêtu à cet effet des pouvoirs qu'ont les autres représentants du peuple. — Collot-d'Herbois, Carnot, L. Barère, C.-A. Prieur, Sàiwt-Just, Robert Lindet 2 ».

Le district d'Arras, en exécution du décret du 8 ventôse, avait ordonné qu'on fît de suite le relevé exact des personnes suspectes, et que les commissaires aux émigrés, accompagnés de deux membres du conseil général de la commune, apposassent les scellés sur les papiers des détenus. Le Bon approuva cet arrêté \ il ordonna que les commissaires aux émigrés suspendissent, aux effets ci-dessus, toutes autres opérations, et qu'ils confiassent la garde des scellés « à des sans- culottes choisis, autant que possible, parmi des pères de famille d'un civisflae connu ». Impatient d'opérer des arrestations nouvelles, il demanda ensuite au district « combien chacune des maisons d'arrêt pouvait contenir de personnes, sans que la salubrité de l'air en fut altérée ».

Fortune et aristocratie marchaient de pair ; Le Bon se fit remettre la liste des principaux contribuables de tout le département :

« Les agents nationaux près les districts du département

1. Lettres justificatives de Le Bon à là Convention. Bibliothèque de M. Dancoisne, d'Hénin-Liétard.

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