Archives départementales
2. Guffroy, député des Etats d'Artois à la Cour, avait publié en octobre 1789 une brochure intitulée : Le Tocsin sur la permanence de la garde nationale, sur Vorganisition des municipalités et des assemblées provinciales, sur
Le 20 novembre, J.-B. Santerne fit connaître à Guffroy le refus qu'avait fait M. Le Bas d'obtempérer à ses injonctions.
A Monsieur Guffroy y procureur syndic au Directoire du District d'Arras*
« Monsieur, j'ai fait assembler la municipalité vendredi 1 8, à l'effet de faire la lecture de votre lettre. Samedi, le procureur de la commune fut signifier au sieur Le Bas de ne plus dire la messe à Neuville jusqu'à ce qu'il en soit autrement ordonné. Il a répondu qu'une défence verbal ne suffisaient pas. Alors il et venu chez moi avec deux témoins, pour voir votre lettre. Je lui en et fait la lecture; cela ne l'a pas empêché de me menacer d'assigner la municipalité au juge de paix, et que si j'avait de l'argent, il ne lui en manquait pas, que j'aurait à faire à lui. Malgré cela, nous ne chancelleront pas à faire exécuter les lois, surtout tant que nous vous auront pour apuy, et que vous voudrez bien nous faire part de
l'emploi des biens de l'Église à l'acquit des dettes de la nation. — En février 1790, il avait défendu les mêmes idées dans un second écrit : Le Franck en vedette, ou le Porte-Voix de la vérité sur le Tocsin. « Suivons sans relâche, disait-il, la marche de la Révolution ; nous verrons que Dieu, la Nation, la Loi et le Roi sont unis pour nous défendre. Qui pourrait contrarier celte imposante et religieuse coalition? »— Lorsqu'il fit ses adieux au Conseil gêné* rai de la commune: « La vie, dit-il, sera pour moi une étude continuelle des devoirs de l'homme et du citoyen sous l'inspection de l'Être qui lit au fond des cœurs ». — Le 4 janvier 1791, dans une proclamation à ses justiciables, il s'écriait : Nous sommes tous patriotes et chrétiens ; c'est tout un : à ces deux titres, nous sommes frères , enfants de la même patrie et unis dans le sein du même Dieu par le christianisme ». Le 30 mars 1791, il présidait la Société des Amis de la Constitution. Enfin , après l'arrestation du Koi à Varennes, le 28 juin 1791, il signait avec quarante-quatre volon-
aires de la garde nationale d'Arras , parmi lesquels Augustin Robespierre, une adresse à la garde nationale de Paris et de Varennes qui se terminait ainsi : « Oublions que nous avions un roi et il sera assez puni. » (Biblioth. de MM. Renard et Godin, et Arch. municip.). — Nous suivrons la marche do
Guffroy dans la carrière révolutionnaire.
vos sage conseils. En attendant tous les menaces du sieur Xe Bas, nous sommes avec les sentiments les plus respectueux, Monsieur, votre très-humble et très -obéissant servir teur. — Sajsterne, maire, Vitasse, greffier
« À Neuville, ce 20 novembre 1791 *. »
Empêché d'exercer ses fonctions par l'autorité municipale, M. Le Bas s'était adressé à l'autorité administrative pour obtenir la réformation de l'arrêté qui lui faisait grief. Mais le directoire du département déclara qu'il n'y avait lieu à délibérer, « attendu que la demande du sieur Le Bas n'était pas de la compétence des Corps administratifs » (arrêté du 25 novembre).
M. Le Bas, forcé encore une fois de recourir à la justice, exposa au juge de paix de Bœux que, le dimanche 20 novembre, en violation de la loi du 7 mai, il avait été empêché, par signification à lui faite à la requête du sieur San ter ne, maire, -et des officiers municipaux, de dire la messe dans l'église de Neuville ; il requit le juge de paix dejle maintenir dans son droit, d'obliger le maire à fixer les heures où il pourrait célébrer la messe, et enfin de condamner la municipalité de Neuville, à titre de réparation civile, en quarantehuit livres de dommages-intérêts applicables aux pauvres de la commune. Sur cette requête, il obtint du juge de paix l'autorisation de citer J.-B. Santerne à comparaître à l'audience du 28 novembre, tant en son nom qu'au nom de la municipalité.
Joseph Le Bon prit la défense du maire. Il avait paru persister dans sa démission : les élections aux cures vacantes ayant eu lieu le 20 novembre, le procès-verbal constate « qu'on procéda à la nomination d'un sujet à la cure de Neuville-Yitasse ; il se trouva quarante-sept votants ; le sieur Le Bon, vicaire de St-Vaast en la ville d'Arras, réunit quarante-