‹ Le testament d'un antisémiteChapitre 17 sur 32 · L ICI · texte numérisé non relu

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Pre^re n a Pas des impressions aussi fugitives. La est î ythmée pour lui par l’année liturgique qui se ’oule avec le cours des saisons; il vit longtemps sur meme fond d’idées, il se souvient de ce qu’il a souft pendant quelques années et de la consolation que

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nous lui sommes venu apporter au moment où il souffrait le plus.

La France juive reste aux yeux du prêtre ce qu’elle a etc, une belle charge de cavalerie qui déblaya le terrain. Notre campagne prépara la voie à cette politique j de réconciliation qui seule peut sauver la France et qui eût réussi si Boulanger avait été un autre homme, s’il! ne s’était pas vendu aux Juifs. Le Sémite fut moins | hardi des qu’il eut été déshabillé, mis à nu, fouetté, s exposé aux regards de tous dans toute sa hideur.

Il suffit, pour être convaincu que j’ai raison, de con- j sidérer ce qui s’est passé pour la Lanterne. En 1883, , les Juifs de Cologne pensaient que nos dignes prêtres n’étaient bons qu’à fusiller et ils l'écrivaient franchement dans un journal qui alors tirait à 150,000 exemplaires.

« Vous trouvez, répondait la Lanterne à un rorrespondant, qu'on a eu tort de fusiller les pauvres calot ins en 1871. Noies sommes d'un avis contraire et nous estimons même qu'on a usé de trop de ménagements vis-à-vis d'eux . Ils ne l'avaient pas volé. » ,

A la conférence de la salle des Capucines, je me suis , naturellement empressé de servir cela aux Iouddis qui m’accusaient d'intolérance et il n’en fallut pas davan- ? tage pour les mettre dans un état indescriptible.

Je vois encore avec sa tête difforme, grimaçante et . baroque, sa bouche convulsée par un trismus de haine, t un vieux Juif que cette citation avait eu le don d’exas- j pérer; il était placé juste en face de moi, il gigotait comme un pendu, il se tortillait comme un serpent Pharaon. Je me contentais de lui montrer un petit morceau de papier sur lequel était écrite cette citation et je j lui disais : « Vous voyez, monsieur, que je suis infini- j ment plus tolérant que vous; je n’ai jamais demandé j qu’on fusille vos rabbins, j’ai demandé simplement que M. de Rothschild voulût bien nous fournir quelques explications sur la façon dont il a pu acquérir trois mil- ( liards dans un espace de temps aussi court. »

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Quelle dramatique soirce! Pendant quinze ans, les aifs nous avaient insultés a bouche que veux-tu dans s réunions anticléricales ; ils avaient versé sur nous es tonneaux d’immondices et ils étaient affolés à la ensée qu on se permît de les attaquer à leur tour, roupés en las autour de la porte, ils faisaient un taig'e du diable... La voix de Jacques de Bicz résonnait mime un clairon. Quant à Mores, il était monté sur le table, et au moindre geste, avec sa haute taille, il ; serait brisé le crâne; je n’eus que le temps de le ire descendre.

INos fidèles amis étaient dans le fond de la salle, ’aves gens que nous ne montrons point souvent, estiant qu’on les verra assez quand le jour du châtiment ra arrivé pour Israël : anciens officiers, bourg’oois ou ivriers de souche gauloise, monarchistes ou républiins, mais républicains de la bonne République, de la épublique française.

« Assez ! » cria l’un d’eux en s’adressant aux Youtres. Les Youtres continuèrent...

Soudain un mouvement se fit et, en un clin d’œil, en oins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire, les Juifs, lilayés à coups de botte, à coups de canne, à coups ‘ parapluie, disparurent dans un bruit de vitres cases. Le calme se rétablit tout à coup.

Mon vieux Juif, seul, n’avait pas bougé; il était touurslà, devant moi, et toujours je lui montrais le paer qui constatait à quel point ses coreligionnaires aient respectueux de la religion des autres...

Les Juifs avaient peur à ce moment; ils allèrent à la interne, l’argent à la main, et au hout de sept ans Lanterne finit par désavouer le misérable qui avait rit cette phrase atroce en déclarant que c’était un apîové et non un rédacteur et que la rédaction n’était s responsable de ce qui figurait dans la Petite Corspondance.

Je n ai pas à insister sur ces explications qui puent mensonge à plein nez. La Petite Correspondance

LE TESTAMENT d’üN ANTISÉMITE

fait absolument partie du journal ; c’est elle qui met directement le lecteur en relations avec le journal et elle est, dans les journaux bienfaits, l’objet de soins tout particuliers.

Ce qui est essentiel, c’est que les Youtres de Cologne ne puissent pas dire qu’ils ont déclaré que nos prêtres étaient bons à tuer comme des chiens sans qu’un Français ait osé protester.

Les prêtres qui nous ont lu attentivement n’ont pas, au reste, le moindre doute à cet égard ; ils savent parfaitement que si les députés catholiques, au lieu de jouer leur éternelle comédie, voulaient sérieusement s’attaquer à l’ennemi, c’est-à-dire au Juif, ils auraient vite satisfaction ; iis n’auraient qu’à prendre des faits ; ces faits parleraient à tous.

Voici une institutrice, une institutrice laïque. L’exis- i tence n’est pas toujours très gaie pour ces pauvres i femmes. Celle-là a peut-être des chagrins intérieurs, i des tristesses d’âme ; elle éprouve le besoin d’aller chercher un peu de consolation et d’espoir près de 1 Dieu ; elle entre dans une église. On la révoque et l’arrêté préfectoral dit cyniquement pourquoi : pour \ avoir manifesté des sentiments religieux .

Elle n’est pas accusée d’avoir violé la neutralité scolaire, d’avoir conduit ses élèves à l’église, mais simplement d’y avoir été elle-même, d’avoir exercé ce que les saltimbanques actuels ont célébré si souvent à coups de grosse caisse : la liberté de croire et de penser.

Entrez maintenant dans cette synagogue de Belfort. : Vous y trouverez le préfet. A Belfort, le préfet est j Juif, naturellement. Belfort aura une importance déci- j sive en temps de guerre, et les Juifs sont toujours aux \ bons endroits.

C’est le Yom-Kippour et, revêtu du taleth, la tête et j les bras couverts de téphilims, le préfet prie : il ma- \ nifeste des sentiments religieux.

La Croix de Belfort nous montre le préfet dans i

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tte attitude qui, après tout, n’a rien que d’hono- Jble:

La fête du Yom-Kippour, qui est pour les Israélites la plus ande fête de Tannée, a été célébrée solennellement par le préfet.

On a pu voir à la synagogue M. Sée, la tête recouverte voile traditionnel et revêtu de bandelettes, faire ses dévo- »ns et psalmodier en hébreu au milieu de ses coreligionires.

Si aux fêtes prochaines de la Toussaint quelque fonctionire républicain, mais chrétien (les deux choses ne s’excluent llement), s’avisait d'aller revêtir le surplis et de chanter ns la maîtrise, quel tapage le lendemain dans les feuilles l’Opportunisme et de la Préfecture !

Sans doute la Presse républicaine vendue à Israël Duve admirable la conduite du vieux Youtre et épountable la conduite de la jeune Chrétienne, mais croyez en que le peuple penserait différemment si on lui faiit toucher du doigt cette inégalité monstrueuse.

Je me rappelle encore une réunion électorale. On me t :

— Est-il vrai que vous ayez écrit que vous iriez à la 3sse de onze heures avant de vous rendre dans votre ffion de vote ?

Je répondis :

— Parfaitement ! Je vais à la messe de onze heures, t-ce que je n’ai pas le droit d’aller à la messe quand . Camille Dreyfus assiste aux offices de la synagogue ec ses insignes de député?

C’était une réunion publique organisée par M. Lopin ns le préau des écoles communales, rue Camou; l’auoire évidemment n’était pas composé de mes partiis et, cependant, personne n’a protesté ; tout le monde rouvé cela tout naturel. Je crois que Camille Dreyfus fit dans la salle ; en tout cas il n’a rien dit et il n’avait n à dire.

Supposez des hommes ayant un nom dans le parti : .holique : Albert de Mun, Paul de Cassagnac, Ches-

Delong, Keller, signant une affiche où Ton dirait simplement:

Français,

Les Juifs traitent la France en pays conquis, ils refusent aux Français, maintenant qu'ils sont les maîtres, les droits qu’ils ont revendiqués si bruyamment pour eux.

Une humble institutrice de Pagny-sur-Moselle, mademoiselle Pagez, a été privée de son pain «pour avoir manifesté des sentiments religieux ».

Le préfet juif de Belfort, Sée, a passé les fêtes du Yom- Kippour à la synagogue; on ne lui a rien dit.

Trouvez-vous cela juste?

Imaginez cette affiche placardée sur tous les murs de Paris. Au bout de quelques heures toutes les affiches auraient etc arrachées comme l’ont été celles de la Ligue antisémitique qui n’ont jamais duré plus d’une i journée, mais le lendemain la malheureuse institutrice aurait été réintégrée dans sa place et le préfet de Meurthe-et-Moselle lui aurait apporté un chapelet pour : le dire à son intention.

Les Juifs n’aiment pas cette publicité-là ; ils savent qu’au fond ils sont détestés par le peuple et ils ne se soucient pas qu’on attire l’attention sur eux (1).

(1) A. chaque instant les catholiques de la Chambre auraient l’occasion d’intervenir d’une façon qui mettrait les rieurs de leur côté, qui ferait toucher du doigt l’impudence de ces Juifs qui refusent aux autres ce qu’ils appellent « des droits sacrés » lorsqu’il s’agit d’eux.

On lisait dans les Archives israéliles du 23 octobre 1890 :

« M. et madame Léon Lambert de Bruxelles, gendre et fille de M. le baron Gustave de RoLhschild de Paris, ÿiennent de faire construi e, près de Chantilly (Oise), un château comprenant aussi un oratoire israélite.

» M. le grand rabbin Zadoc Kahn procédera, dit-on, prochainenement, à l’inauguration de ce petit temple, dans une région pittoresque où le Dieu d’Israël n’avait pas encore d’autel.»

Est -ce qu’un jeune député de la Droite, un des élèves de cts Religieux que la Lanterne juive dénonce tous les matins, n’aurait pas dû monter à la tribune et dire au ministre : « Quelles mesures

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Nous avons pu constater cela au moment de l'affaire Schœncbelé. Nous avions fait envahir la place de la Bourse par des camelots qui criaient à tue-tete l’éloquent placard de Jacques de Biez: Le complot financier des Juifs allemands.

Au coin du passage Jouffroy, ce confluent de courants parisiens si propre au dénombrement, où l’on ne Peut s’arrêter cinq minutes sans voir passer cinquante Juifs, on apercevait des bandes de Iouddis pas contents qui rasaient les murs et qui se hâtaient de rentrer chez eux. Ils savaient bien que l’exécution n’était pas encore pour ce jour-là, mais, en songeant à tout ce qui leur était arri\ é dans le Passé, ils avaient des pensées moroses... Ils ont plus de bon sens qu’on ne croit ces gens-là , ils ne croient pas aux articles qu’ils font mettre sur les journaux ; ils savent qu’à toutes les époques leur triomphe insolent a toujours été suivi d’une | effroyable catastrophe et ils se doutent bien de ce qui leur pend au nez...

Nous avions bien pensé à la Ligue à faire quelque chose d analogue en faveur de cette institutrice digne de tant de sympathies, mais c’est toujours l’argent qui manque. Il ne faut pas songer aux mères de l’Eglise, aux dévotes de saint Thomas d’Aquin ou de sainte t Glotilde, à celles que Yeuillot appelait les « pieusardes ». Le sort d’une institutrice réduite à mourir de faim ou à faire un métier que vous devinez les touche peu ; si nous leur demandions vingt-cinq centimes, elles iraient consulter leur confesseur, un prêtre très dis¬

corn ptez-vous prendre pour empêcher l’ouverture de cetfe chapelle juive, puisque vous venez de faire remettre de nouveau les scellés sur 1 oratoire catholique des Dominicains du Havre? »

T‘ au,'a,t élé amusant de voir Camille Dreyfus monter à la tribune pour nous expliquer, au nom des principes de SO, pourquoi le i ère Monsahré ne pouvait pas avoir un oratoire et pourquoi M. Léon Lambert pouvait en avoir un « dans une région pittoresque. »

tin gué et tout à fait « dans le train » et vous entendez d’ici la réponse :

— Madame la comtesse, vous me voyez bien embarrassé... Le Conseiller des sanctuaires que Jacob m’envoie gratuitement m’offre 40,000 fr. pour 1,000 fr. ; avec Y échelle des primes, c’est l’opération sans spéculation. Le Guide des bons pasteurs qui vient d’être fondé par Lévy me garantit cent pour cent l’an, c’est l’opération avec spéculation ; l'opération sur du ferme en dehors de l'échelle des primes... Il me semble que le premier système est plus conforme aux lois de l’Eglise...

— Vous avez raison, monsieur l’abbé, restez sur l’échelle des primes, sur l’échelle de Jacob ; avec cela il n’v a rien craindre...

— D’ailleurs, c’est dans l’Ecriture : celui que Dieu garde est bien gardé...

Tout cela vous explique que le clergé honnête auquel nous avons lait voir la vérité, auquel nous avons montré la vie réelle telle quelle est, reste notre ami.

Evidemment, en lisant ce chapitre sur le clergé « fin de siècle », les bons prêtres qui nous aiment éprouveront à la fois une grande joie et une grande peur: une grande joie qu’on ait dit enfin tout haut ce qu’ils disent tout bas, une grande peur à la pensée que leur évêque les puisse soupçonner d’avoir approuvé d’aussi horrifiques discours... Je les vois ici levant les bras au ciel devant le chef du diocèse et gémissant sur l’audace que j’ai montrée...

Ils savent pourtant, à n’en pas douter, que j’ai exercé mon droit d’historien social d’une façon bien modérée.

Que d’histoires à raconter que tout le monde connaît, comme l’histoire de ce candidat évêque dont se sont égayés si longtemps les couloirs de la Chambre, et qui finit par décrocher la mitre en faisant la cour à la maîtresse d’un député radical !

Ecrire la vérité sur les évêques n’empêche nullement de croire d’un cœur humble et fidèle à tout ce que l’Eglise enseigne.

Quand, dans la chaire de Sainte-Sophie, le patriarche Nestorius attaqua la divinité de Jésus-Christ et méconnut la grandeur de la Vierge, « un laïque », Eusèbe de Dorylée, se dressa au milieu du peuple et protesta contre les blasphèmes de l’hérésiarque. L’Eglise le glorifia pour ce fait.

Saint Bernard, dans sa lettre à Henri, archevêque de Sens, De morïbus et of ficus episcoporum , a dit des choses autrement fortes que moi.

Mgr Dupanloup a parfaitement reconnu ce droit de juger les évêques. « Oui, il est bon, écrivait l’évêque d'Orléans, de laisser juger les évêques. »

Cela est bon pour tous, cela est bon pour les évêques, bon pour l’Eglise, bon pour le pays, bon pour la dignité des mœurs et des caractères. Oui, il est bon de savoir qu’on peut êtrejugé et qu’on le sera et que l’Eglise ne le trouve pas mauvais; nul ne se réforme et ne se juge plus sévèrement qu’ellemême. Elle se glorifie d'être une société qui travaille perpétuellement à se juger elle-même et à se réformer par la force de la régénération spirituelle qui est en elle et qui vient de Dieu. Trois mille conciles ou synodes, jusqu’au concile de Trente, sont un témoignage immortel de ses saintes sévérités pour les évêques,, pour les prêtres, pour tous. Nous ne faisons pas profession d’être parfaits. Dieu nous a laissé la liberté, afin que nous ayons le mérite et la vertu ; la liberté du mal qui ne prouve rien contre l’Eglise, p&i?ce que l’Eglise, elle-même, le condamne plus sévèrement que qui que ce soit sur la terre. Et d’ailleurs, n’est-ce pas une des choses qu’on a dites le plus contre nous, que nous manquions de justice pour nous-mêmes, que nous jetions un voile trop complaisant sur nos fautes, que nous nous défendions à tout prix les uns les autres, et enfin qu’on ne peut pas croire à la parole d’un prêtre sur un prêtre?

Tout le monde comprend que le haut clergé a une grande part de responsabilité dans la crise actuelle. Le Pape lui-même, si politique qu’il soit, si accoutumé

à ménager tout ce qui est puissant et fort, a laissé un jour son cœur parler à ce sujet.

Au soin extrême de la vie, à l’approche de la Mort qui donne déjà la vision des choses d’au-delà, le Saint Père semble avoir eu l'intuition des catastrophes qui puniront toutes les hypocrisies du Présent. Dans un entretien qui a été souvent cité, il a indiqué, avec plus de précision que dans les Encycliques, la responsabilité qu’auront les catholiques actuels dans les événements qui se préparent. Il y a comme un accent de grandiose mélancolie dans les paroles adressées par lui à des pèlerins de Belgique.

Je ne suis ni prophète, ni fils de prophète, disait Léon XIII, mais mon cœur est agité de douloureux pressentiments. La société est menacée d’un grand châtiment. La marée des maux qui va battre la pierre sur laquelle est bâlie l’Eglise ne laisse voir à l'horizon que la menace de la colère de Dieu.

Notre- Seigneur viendra non glus avec un visage

doux et paisible , mais avec un visage irrité , pour frapper et purifier son Église . Car , ajoutait-il , il y a beaucoup de taches même parmi les justes , et parmi ceux qui devraient être les meilleurs il y a des membres pourris .

Quant aux prélats de sévère vertu et de haute intelligence qui honorent encore l’Episcopat français, ils seront les premiers à m’approuver dans le fond de leur conscience.

A quoi servirait-il de mentir et de dissimuler une situation que chacun aperçoit très distinctement?

Tout l’édifice social replâtré par Napoléon Ier avec des débris de l’ancien régime et des matériaux révolutionnaires s’en va en morceaux... Les fragments de l’ancien régime étaient solides ; la poigne de l’ouvrier qui cimentait cela était vigoureuse et la bâtisse a pu durer près de cent ans. Mauvaises et bâtardes par elles-mêmes, les institutions valaient par les hommes, par ce qui restait dans ces hommes des qualités de

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ncienne race française. Avec les hommes d’aujourhui vous avez l'Episcopat et la Magistrature que vous >yez : des évêques qui ne défendent pas l’Eglise à la ndition qu’on les laisse tranquilles, des magistrats li acquittent les gros voleurs à la condition qu’on les sse participer aux razzias.

Vous avez ces évêques et ces juges parce que vous î pouvez pas en avoir d’autres dans les conditions tuelles. Quand vous avez pour garde des sceaux issocié d’un escroc comme Jacques Meyer, vous ne tuvez pas demander à un Thévenet de vous choisir îîs évêques qui soient des saint Gyprien ou des inelon ou des juges qui soient des Mathieu Molé ou îs d’Aguesseau.

Pour celui dont l’œil est perspicace, les évêques et clergé dont je viens de vous tracer une impartiale iage appartiennent déjà au Passé plus qu’au Présent; est encore une phase qui s’achève et le mouvement ; transformation se dessine déjà.

Sans doute tout est encore à l’état latent et c’est à fine si l’on entend un imperceptible murmure. Les ;>mmcs qui ont été mêlés à cette phase veulent finir ipaix et les évêques, ainsi que je vous l’ai expliqué, J merveilleusement tiré parti d’une persécution qui a jamais pesé sur eux pour imposer le silence à tous ; ont fait sortir une tyrannie très réelle de leur situa- >n défaussés victimes (1).

l) On peut signaler comme vagues manifestations d’un état esprit qui cherche à se faire jour une éloquente brochure de l’abbé orget : Le Clergé et la situation actuelle et Debout! « pressant pel au clergé de France. » A lire aussi un livre qui est plutôt e élégie : Le Clergé français en 1800, par l’abbé L’auteur i même point osé se nommer pour gémir, dans la crainte qu’on lui lit un crime de sa tristesse.

Le début est d’un pénétrant accent:

k C’est cà toi, Eglise de France, que je dédie ces pages attristées. > Ma tristesse s’accroît de toute mon impuissance, car mes disurs ne te serviront guère.

» J’écris, néanmoins, parce qu’écrire pour toi, ô Eglise bien-

La force des choses agit malgré tout. La mort d( Léon XIII, dont on subit le caractère despotique, déliert bien des langues, et il sera difficile à son successeur de maintenir le système d’obéissance passive que les circonstances ont permis d'établir.

L’évidence, d’ailleurs, est là, et nous autres historiens sociaux la voyons distinctement. C’est en vair que vous affirmez au médecin que le sujet qu’il a examiné a tous les signes de la bonne santé. Il a collé son oreille au dos de ce malade, il sait qu’il y a des cavernes de formées dans les poumons, il connaît qu’il existe dans le cerveau des lésions qu’on ignore encore, il est au courant des décompositions secrètes de l’organisme.

Malgré les théâtrales déclamations, la décadence de la nation apparaît à ce signe que la France ne fait plus d’enfants. Malgré les grandiloquentes déclarations des prétendants, l’impuissance du principe monarchique se révèle à ce signe que depuis cent ans aucun pouvoir héréditaire n’a pu se transmettre du père au fils, qu’aucun de ces pouvoirs n’a pu se défendre. Ce sont des pouvoirs qui ne peuvent plus...

La meilleure preuve que la vie spirituelle tend à se tarir de plus en plus en France, c’est la difficulté qu’éprouve le clergé à se recruter. On a pu puiser

aimée, c’est t’aimer encore; c’est te venger de ton abandon; c’est rêver quand même de ta gloire et de ta prospérité.

» Qui sait — pardonne à ce reste d’illusion filiale — qui sait si ma parole découragée n’ira point, comme une petite étincelle, faire éclater le feu dans quelque âme de noble et puissante vertu?

» Car il y a dans ton sein des âmes de prêtres, grandes et vertueuses, qui gémissent en silence sur l’obscurcissement de ta renommée et l’obscurité de ton rang.. Ne se montreront-elles pas, à la fin, pour dire les regrets, les plaintes et les alarmes que leur inspire ton sort?

» Là est la cause de ton malheur : nul n'ose parler , ô Eglise qui sut donner à la parole tant de franchise et tant d’éclat! On craint de troubler ta paix ; on a peur de scandaliser les petits ; on ne veut pas offenser les puissants. »

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mgtemps dans les réserves de dévouement et d’abnéation que contenait la vieille France paysanne ; mais )ut s’use : les beaux filons deviennent rares et la mine, aelque riche qu’elle ait été, finit par s’appauvrir.

Les prêtres, menés à la baguette par des évêques ont ils n’estiment pas le caractère, dont ils blâment la ervilité et dont ils connaissent toutes les bassesses, at la dignité d’éviter toute plainte publique, mais ils arlent dans l’intimité; leur attitude résignée n’attire as la jeunesse vers le sacerdoce, les vocations deennent rares.

Vous pouvez lire à ce sujet une très remarquable •ttre circulaire adressée par l’archevêque de Rouen, rimât de Normandie, au clergé de son diocèse sur les ) cations ecclésiastiques (1). Cet homme que vous avez a descendre aux plus honteuses complaisances envers Juif Hendlé agit mal, mais écrit très bien.

Mgr Thomas rappelle avec quelle ardeur les prêtres îi avaient échappé pendant la Révolution à l’échafaud î à la déportation à la Guyane , s’occupaient à rester de nouveaux serviteurs pour l’autel (2).

(1) Observateur français , 8 décembre 1890.

(2) «Aujourd’hui, nous vous adressons un pressant appel en faveur l’Œuvre par excellence, celle des vocations ecclésiastiques, et

■us prions Jésus-Christ, l’Evêque immortel, de vous inspirer à as le zèle admirable de nos pères dans le sacerdoce, de ces êtres vénérés qui, au commencemen t de ce siècle, ont réorga- ’é en France la milice sainte. Relevant d’une main les ruines nos temples, de l’autre fermant les plaies de la Religion, ils éparèrent l’aven ir, en formant à l’école de leurs vertus et de leur ence blanchie les auxiliaires que réclamaient leurs infirmités, ; ouvriers destinés à cultiver après eux la vigne fécondée par îrs sueurs et peut-être par leur sang. Comme aux premiers âges la foi, on vit les presbytères devenir autant de petites pépinières )ù sortit une nouvelle génération sacerdotale, nombreuse, forte disciplinée, vraiment digne de ces héros qui, à l’heure de la gsécution, s’étaient pressés autour de l’arche chancelante, pour défendre d un cœur vaillant et la fortifier d’un double rang de nfesseurs et de martyrs. »

Aujourd’hui rien de pareil, et celle différence se comprend. La Révolution ce fut le martyre avec sa grandeur: le régime actuel, c’est l’internement dans une situation indéfinissable, pleine d’un morne et blafard ennui où l’on souffre de mille façons avec le sentiment que cette souffrance ne sert à rien.

« Glorieuse vocation I » disaient les prêtres après la Terreur, glorieuse vocation où beaucoup d’entre nous ont trouvé une sainte mort ». « Fichu état! » disent aujourd’hui les vieux prêtres, où l’on est réprimandé dès qu’on veut agir. »

Il faut tenir compte aussi de la loi sur le service militaire des séminaristes contre laquelle les évêques n’ont élevé que d’assez molles protestations et qui exercera, quoiqu’on dise, une très considérable influence sur le jeune clergé. Le desservant qui aura passé par la caserne pourra être un excellent prêtre; mais il aura pris le contact de la vie générale, il ne sera plus le timide d’aujourd’hui, le craintif que le monde épouvante et qui se cramponne à la robe de son évêque comme l’enfant à la robe de sa mère en se disant : « Où irai-je si l'on me met dehors? Que deviendrai-je tout seul sur la route ? Je serai mangé par les loups. »

C’est ce jeune clergé qui sera le premier à réclamer et à rendre nécessaire par son attitude la séparation de l'Église et de l’État.

Cette séparation de l’Église et de l’État peut seule sauver l’Église de France, et c’est bien pour cela que les Tartufes rouges la promettent toujours dans leurs programmes électoraux et ne la votent jamais.

Au bout de quelques années la Franc-Maçonnerie juive nous dira des nouvelles de cette mesure. Les hommes viendront au sermon quand le prêtre dépouillé de tout privilège, mais aussi délivré de toute chaîne, pourra parler librement dans les granges qui auront remplacé les églises, lorsqu’il pourra raconter comment s’est constituée cette effroyable féodalité finan-

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ère qui pressure notre malheureux pays et demander ourquoi un banquier de Francfort a trois mille milons, tandis que tant de Français meurent de misère. Au bout de quelque temps il se trouvera des gars du lys qui auront été les camarades de ce pré Ire au règlent et qui lui diront : « On est très mal dans cette "ange. Si nous allions nous installer dans le grand don de Ferrières, nous serions peut-être mieux ssis. »

Les Irlandais ont admirablement compris ce que le ilaire donné par l’État enlevait à l’indépendance du "être ; ils ont résisté à toutes les tentatives qu’a faites Angleterre pour payer le clergé catholique.

En 1818, Mgr Quarantoti fut chargé par le Pape une mission analogue à celle de Mgr Persico au moent du plan de campagne (1). En échange du droit de

1(1) Le choix de Mgr Persico fut, du reste, une des plus déplobles inspirations de Léon XIII. Mgr Persico apparienait à l’ordre Saint-François qui, au Moyen Age, fut toujours l’ami des uvres et des opprimés, et le Saint-Père avait peut-être supposé le son envoyé s’inspirerait de ces sentiments généreux. Or, gr Persico, pendant tout le temps de son séjour, ne visita pas te seule fois une chaumière irlandaise; cela lui répugnait à cet ilien. Installé pendant trois mois chez Mgr Walsh, archevêque Dublin, il ne lui parla pas une seule fois de la question agraire, gr Walsh le fit un jour déjeuner avec MM. O’Brien et Di I Ion, ur éclairer sa conscience, mais, pendant le déjeuner, Mgr Per- :o ne s’entretint absolument que de la pluie et du beau temps, passait sa vie avec les riches propriétaires et les land-lords, lord idon, lord Emely, lord Sligo — encore un vilain nom, par parenèse. Quand on s’appelle lord Sligo, on devrait épouser Mm0 O’Shea prendre pour témoin M. Peace...

Mgr Persico reçut une somme considérable des land-lords pour re un rapport favorable à leur cause et calomnier ceux qui ccombaient à la faim,et,deretour à Rome, iltrompaindignemenfc Pape. L’excès de sa mauvaise foi et l’exagération môme de ses ensonges évitèrent un conflit entre la Papauté et les catholiques andais. Les Irlandais s'en tirèrent spirituellement : « Ce plan de mpagne que le Pape condamne, dirent-ils, nous le condamnons core plus énergiquement que lui ; il n’a rien de commun avec le >tre. »

LE TESTAMENT d’üN ANTISEMITE

veto sur le choix des évêques, T Angleterre, qui accorde de si grasses prébendes à ce clergé anglican si parfaitement domestiqué, offrait d’assurer des traitements fort élevés aux évêques et aux curés d’Irlande.

Mgr Quarantoti écrivit à O’Gonnell pour lui faire part de ces propositions, et le tribun convoqua un meeting monstre pour consulter les Irlandais. « Pas de prêtres salariés par l’État! Pas de prêtres salariés ! » crièrent cinquante mille voix, dès qu’O’Gonnell eut commencé la lecture de la lettre de Mgr Quarantoti... O’Connel prit alors la lettre, et d’un geste superbe il la déchira devant tous...

Dans cette malheureuse Irlande, qui ne se soutient que par l’idée catholique, le prêtre, grâce aux contri-J butions volontaires de tous, est placé dans une situation pécuniaire digne de la fonction qu’il occupe ; le curé le moins rétribué touche sept à huit mille francs par an. , Il y a loin de là aux 900 francs de nos desservants.

Oh ! ces 900 francs payés par tant de soumissions, de concessions, d’avanies — ces 900 francs sans cesse reprochés au clergé par des Républicains que nous avons connus sans bottes et qui ne se contenteraient pas de 900 francs pour leurs cigares de l’année, — ces 900 francs qui coûtent si cher, qui nous en débarrassera une bonne fois ! Seigneur ! si vous aimez votre Église de France, délivrez-la de cette humiliante sportule et rendez-lui la liberté !

En Irlande, les évêques ne sont pas à la nomination d’un Martin-Feuillée ou d’un Thévenet.

Quand il y a lieu de pourvoir à la vacance d’un évêché, les curés s’assemblent, prient en commun, délibèrent longuement et choisissent trois candidats. Ges choix sont soumis ensuite aux évêques de la province qui votent à leur tour et le Pape nomme généralement le candidat qui figure le premier sur la liste.

On comprend qu’un évêque appelé à l’Episcopat dans ces conditions soit plus indépendant, plus en état de tenir tête aux oppresseurs angiais, plus près du cœur

LE CLERGÉ FIN DE SIÈCLE

3 ses ouailles que l’ecclésiastique français qui, pour ,re évêque, a traîné dans toutes les antichambres, eu îcours à toutes les influences, réclamé l’appui des débités ou des sénateurs francs-maçons qui souvent lui isaient payer leur recommandation par de grossières iaisanteries. Celui-là ne pourrait remplir son devoir de îrviteur de Jésus-Christ qu’en manquant à l’honneur umain, en trahissant les engagements tout au moins toraux qu’il a pris envers ses protecteurs.

Ce type d’évêque est indissolublement lié à l’état de îoses actuel, il disparaîtra avec lui. Haut Clergé rebuté et constitué par l’Opportunisme, Haute Banque, lagistrature, tout cela probablement tombera à la >is, tout d’un morceau. Ce sera un gros bloc qui se étachera un jour qu’il fera beaucoup de vent, un jour e tempête...

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