‹ Le testament d'un antisémiteChapitre 2 sur 32 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

PAROLES TESTAMENTAIRES

J’ai vu un homme passionné et vaillant s’affirmer comme le représentant de l’idée de Revanche, écrire les Chanta du soldat, rêver un moment de fonder avec la Ligue des Patriotes une généreuse association comme ce Tugend-bund qui releva la Prusse après Iéna... J’ai vu depuis cet homme, qui se nomme Paul Déroulède, mettre sa main dans la main de Naquet et imposer comme vice-président à ses Ligueurs ce Juif infâme qui, pour enrichir une société financière, avait vendu à nos ennemis le secret de la poudre sans fumée...

J’ai admiré et aimé Albert de Mun, le soldat du Christ, le successeur de Montalembert, l’éloquent champion delà France catholique. J’ai vu ensuite cet homme, qui semblait l’honneur même, figurer dans un comité organisé pour rétablir la grande monarchie française côte à côte avec Arthur Meyer qui, au su de tout Paris, avait été le Mercure d’une femme galante qu’on appelait Blanche d’Antigny...

J ai vu le Nonce du Pape, Rotelli, baiser sur la bouche Léo Taxil, l’auteur des Amours secrètes de Pie IX. A l'exemple de Jésus, mon divin Maître, j’avais pris la

défense des opprimés contre les voleurs et les exploiteurs du pauvre peuple.

En haine de moi j'ai vu le représentai du Vicaire de Jésus-Christ s’unir à celui qui a couvert d’immondices Notre-Seigneur et la Très Sainte Vierge Marie, qu: a écrit que les prêtres de notre Églist étaient tous des pédérastes et qu’il fallai les châtrer ; qui a raconté que Pie IX, de sainte et douce mémoire, se faisait livre] - par les Jésuites des vierges qu’il souillait..

Quand un psychologue a vu tout cefi dans le court espace d’une année, il n’c plus grand’chose à voir encore et il ni lui reste qu’à faire son testament avan la catastrophe finale...

(Edouard Drumort. Lettre à un ami.

La raison d’être de ce livre. — Pourquoi l’Antisémitisme n’a-t-: pas triomphé encore? — Un bon conseil. — Un souvenir d Frohsdorff. — Une fausse conception de la situation. — L fiction et la réalité. — L’histoire se fait. — Le cardinal d Lavigerie et M. de Vanssay. — Le comte de Chambord < Mme Récamier. — Un vrai Capétien. — L’année de l’aveu. - Les conservateurs. — La peur de Rothschild. — Dupont Bayien. — Les ordres religieux. — La génération formée ps les Jésuites. — Le parti jésuitique. — Tous les chefs cathi liques contie nous. — Avant et après le 1er Mai. — L’article reparaît. — La Lanterne et les Dominicains du Havre. — I Jacobin domestiqué. — « Lâchez le chien! » — Brisson travaill

— Une revue des misères humaines. — La viande à bonmarch

— Jeanvrot s’en mêle. — Un village de Seine-et-Marne en 189

— La vraie main-morte. — Dialogue de la vache et du Juif. • Aux Vaux de Cernay. — Palanquin et chaise percée. — Le Ji tour à tour insolent et vil. — La Bécasse impertinente. — l concierge gentilhomme. — Le premier acte des Parisiens. Oppert de Blowitz. — L’inauguration de l’Exposition. — * que la Ligue antisémitique a reçu. — Edouard de Rothschild . le baron Hirsch au Cercle de la rue Royale. — La descente 1 la courtille du Boulangisme. — On s’accoutume à la boue. 1

PAROLES TESTAMENTAIRES

Le comité de la bourse de la duchesse. — Les Juifs dans le Boulangisme. - La dresseuse de lapins. - « Fin de siècle » Pt « fin de France ». - La duchesse d’Uzès. - Le droit d’Asaka- Mei'opie. — Le Juif opéré dans le monde. ~ Arthur Meyer et Bocher - Le Philistin vaincu par le Juif. - Le triomphe du cliand d habits. 1

Ce livre n’est point le testament de l’Antisémitisme. Jamais le système juif n’a été plus menacé, jamais le Juif n a été l’objet de haines plus justifiées et de malédictions plus unanimes, jamais le désir de mettre fin à sa malfaisante exploitation n’a été plus ardent chez tous. Ce livre est purement et simplement le testament personnel d’un Antisémite, le journal des pensées et des luttes d’un homme qui a été en France l'initiateur d un grand mouvement et qui se rend compte que l’inévitable exécution se fera probablement par d’autres que par lui.

Ce livre est avant tout un livre d’amis, un livre que nous écrivons pour ceux qui nous aiment.

Ceux qui s’intéressent à nos efforts, ceux devant esquels nous avons ouvert des horizons, se plaignent quand ils sont trop longtemps sans nous lire ; ils nous écrivent, ils nous demandent pourquoi le succès n’a pas été plus rapide. « Comment se fait-il, nous disentils, que ce Juif si universellement détesté, ce Juif qui dévore la France, qui a atteint tous les Français, non seulement dans leurs sentiments les plus élevés’ mais encore dans leurs intérêts matériels, qui leur a dénié le droit à la vie ; comment se fait-il que ce Juif ne soit pas encore par terre, que toutes les victimes ne se soient pas groupées autour de vous? »

Pour répondre à une telle interrogation, il faut entrer tans 1 analyse de beaucoup de choses très complexes montrer encore une fois l’état d’esprit de nos contem- ^orams, reconnaître aussi le tribut que j’ai payé à des ■dees fausses et la façon dont cette erreur d’apprécia- Jon de ma part a influé sur le développement de notre oeuvre de délivrance.

4 LE TESTAMENT ü’UN ANTISÉMITE

Mon expérience peut servir à d’autres et tous ceux qui sauront comprendre ce livre y trouveront une utile

leçon.

Que tous ceux qui rêveront de tenter quelque chose d’utile pour leur pays se souviennent de ce que je leur dis : « Ne croyez jamais aux conservateurs, il n y a rien à faire avec eux !»

Ceci me rappelle une jolie anecdote que m a racontée un des familiers du comte de Chambord.

Un des fidèles du prince avait eu la douleur de perdre sa mère ; il était allé lui fermer les yeux et il revenait prendre son service à ProhsdorfF.

Eh bien, mon cher de X***, dit le comte de Chambord, vous êtes arrivé à temps pour embrasser madame votre mère, vous avez recueilli ses suprêmes

paroles. Que vous a-t-elle dit?

— Monseigneur, c’est bien difficile à répéter...

Comment ? Les dernières paroles d une mourante, d’une femme d’un haut mérite et d’une piété profonde comme madame votre mère... ?

— Monseigneur, si vous l’ordonnez...

— Parlez.

Eh bien! avant de mourir, en m’embrassant une

dernière fois, ma mère m a dit : « Mon enfant, ne te rallie jamais aux d’Orléans !... c’est tous des canailles... »

— Hé ! hé ! dit le comte de Chambord, madame votre mère a toujours eu beaucoup de bon sens. Et i se leva pour aller répéter le propos a la comtesse de Chambord qui avait l’oreille un peu paresseuse, comme Mme Carnot, du reste, qui occupe sa place sur le trôm

de France.

« Ne vous mettez jamais avec les conservateurs » répéterais-je encore si j’étais, comme la bonne dame, < l’heure de la mort.

Mon erreur fondamentale a été de croire qu il exis tait encore une vieille France, un ensemble de brave gens, gentilshommes, bourgeois, petits propriétaires

PAROLES TESTAMENTAIRES

fidèles aux sentiments d’honneur, aux traditions de leur race et qui égarés, affolés par les turlutaines qu’on leur débite depuis cent ans, reprendraient conscience d’eux-mêmes si on leur montrait la situation telle qu’elle est et se réuniraient pour essayer de sauver leur pays...

J’étais l'homme le plus réformateur, le plus avancé, le plus épris de justice sociale qu’il y eût enFrance; cette erreur m’a fait passer pour un rétrograde, elle m’a enlevé toute action sur la masse. La masse, en effet, plus sûrement guidée par son instinct que nous ne le sommes par nos connaissances, a horreur du parti conservateur; elle s’éloigne de lui comme les chevaux d’un endroit où il y a un mort...

Pour être juste, il faut ajouter qu’il m’était bien difficile d’éviter ce malheur. C’est en vain, effectivement, qu’on se tient l’esprit en éveil pour regarder de près et porter un jugement indépendant sur ce qui se passe autour de soi ; on subit involontairement l’influence de l’atmosphère ambiante. ,

Depuis vingt ans nous avons vécu sur cette idée qu’il y avait deux partis; d’un côté les vrais Français, honnêtes, généreux, épris de la grandeur de la Patrie ; de l’autre, des exploiteurs, des Républicains cyniques, des tripoteurs éhontés, persécutant et opprimant les vrais Français honnêtes. Beaucoup de naïfs se sont dévoués pendant ces vingt ans, ont combattu de toutes leurs forces, ont prié de toute leur âme dans l’espoir qu’à un moment, qu’on annonçait toujours être proche, la Droite représentant les Français honnêtes réussirait à l’emporter sur la Gauche, qui semblait personnifier toutes les infamies.

Cette conception est absolument erratique. En réalité il n y a pas deux partis politiques, il y a un régime général, il y a un système, le système capitaliste et juif auquel sont également affiliés les représentants des partis qui se disputent le pouvoir. A ce système les Répu-

LE TESTAMENT d’üN ANTISÉMITE

blicains plus avides, parce qu’ils sont plus besogneux, demandent peut-être des satisfactions plus immédiates; ils font preuve peut-être de plus d âpreté et d’impudence, mais les Conservateurs sont aussi attachés à ce régime que les Républicains : ils ont peut-être plus d’intérêt qu’eux à sa durée et ils n’entendent pas qu’on y touche.

Quand on étudiera de près les vingt années qui viennent de s’écouler, on s’apercevra que ce qui les caractérise c’est la fiction, l’imposture, le mensonge général, l’étalage verbal et scripturaire de sentiments qu’on n’éprouvait pas réellement, la perpétuelle menace d’accomplir des actes qu’on n’avait nullement l’intention d’exécuter.

Quand j’ai noté ce point et essayé de peindre exactement la figure du comte de Chambord, M. de Yanssay, dit « Outrage sanglant », a envoyé à ce sujet des protestations indignées à Y Espérance du Peuple.

C’est un type que M. de Vanssav ; il a dû voir jouer Jenneval à Nantes et il semble avoir pris les allures mélodramatiques de ce Frédérick Lemaître de province. « Outrage sanglant » est son mot favori et, dès qu’on essaye de reconstituer un peu l’histoire contemporaine, il se répand en exclamations violentes et vous reproche de traîner dans la boue tout ce qui est respectable. Notez que, de tous les amis du comte de Chambord, c’est certainement lui qui est le moins autorisé à prendre fait et cause pour sa mémoire puisque, dans les dernières années de la vie du prince, il était brouillé avec lui et avait cessé tout service a Frohsdorff ; il n’a revu le comte de Chambord que quelques instants seulement pendant la maladie qui l’emporta.

Deux ans à peine sont écoulés et Mgr Lavigerie vient confirmer de la plus indéniable façon, en citant les propres paroles du prince, ce que j’avais écrit dans la Fin d'un monde.

M. de Vanssay n’est pas démonté par cette affirmation si précise ; il réplique en citant une lettre confidentielle

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du cardinal qui, loin de démentir ce que Mgr Lavigerie avait dit, ne fait que corroborer encore sa déclaration.

Homme d’action, de mouvement et même un peu d’intrigue, Mgr Lavigerie adonné en 1874 au comte de Chambord des conseils qu’aurait donnés un Richelieu ou un Mazarinàun prince qui se serait trouvé dans de pareilles circonstances ; il lui a proposé d’agir ; l’autre refuse d’agir et Mgr Lavigerie en conclut qu’il ne voulait pas régner, puisqu’il refusait d’employer les moyens nécessaires pour arriver au trône (1).

Ce raisonnement semble d’une logique irréfutable et

(l) Voici une lettre très précise adressée sur cette question à un rédacteur de l’Observateur français par le général Goethals, ancien ministre de la guerre en Belgique :

«Pendant mon séjour à Venise (hiver de 1852 à 1853), j’eus l’honneur d’être présenté à LL. AA. RR. le comte et la comtesse de Chambord. Un jour, causant avec lui de la France, le comte me dit qu’il ne comprenait pas pourquoi les Français étaient assez absurdes de choisir pour souverain un aventurier comme le prince Napoléon, alors qu’ils pouvaient choisir le chef de la monarchie parmi des princes nés et élevés en France, ayant servi et combattu avec eux, et tous, distingués Français de cœur.

» Je lui répondis :

— Et, vous donc, monseigneur ?

— Ohl moi, dit-il, ils ne me connaissent pas. Je venais à peine de naître lorsqu’à eu lieu la révolution de 1830. Et puis, je n’ai ni le physique, ni le caractère voulu pour plaire aux Français d’aujourd’hui. Il y a trop de préjugés encore, chez eux, et puis... je n’ai pas d’enfants.

» Plus tard, lorsque je pris congé de lui, en quittant Venise, il eut la bonté de me dire qu’il espérait bien que je ne l’oublierais pas, et que je viendrais le voir partout où nous pourrions nous rencontrer.

— J’espère bien — lui répondis-je — vous présenter mes hommages aux Tuileries.

— Ne l’espérez pas, me dit-il alors, à moins que le vote unanime de la France ne me rappelle au trône. Mais, si ma rentrée dans mon pays doit coûter une goutte de sang, je n’y consentirai jamais.

* Je lui dis alors : — Votre aïeul, Henri IV, n’y regarda pas de si près et il fit le bonheur de la France.

— Oui, répliqua le comte de Chambord, mais c’était Henri IV, et je ne le suis pas. »

LE TESTAMENT d’üN ANTISÉMITE

l’on ne voit pas très bien ce que M. de Yanssay pourrait répondre à cette démonstration. Le comte de Chambord ne voulait pas reconquérir sonroyaume par la force comme Henri IV, il n’aurait pas voulu être restauré par les baïonnettes étrangères comme Louis XVIII, il n’a pas voulu devoir sa couronne à une Assemblée comme Louis-Philippe ; il n’aurait pas voulu être plébiscité comme Napoléon III. Comment aurait-il voulu revenir? Au lieu de se livrer à des imprécations romantiques, M. de Vanssay devrait une bonne fois répondre nettement à cette question.

Ces polémiques ont plus d’intérêt que n’en ont d’ordinaire les discussionsrétrospectives, en ce sens qu’elles expliquent la situation actuelle en nous faisant connaître lame française depuis 1870. Pendant ces vingt ans, les Conservateurs n’ont jamais songé ni à se regarder euxmêmes ni à regarder les autres ; incapables de tout effort intellectuel, ils ont attendu pour se faire une opinion sur leurs chefs que le hasard mît au jour des documents inédits.

En tout cas, voici une légende finie et il se trouvera certainement un homme qui aura vécu dans l’entourage du prince et qui, en des pages qu’on ne lira que dans quelques années, nous restituera ad vivum cette physionomie de roi que le comte de Yanssay m’a reproché d’avoir insulté et qui, au contraire, m’a toujours inspiré une profonde tendresse.

Le comte de Chambord m’a toujours fait l’effet de représenter parmi les chefs de peuples ce que Mme Récamier a représenté parmi les amoureuses.

Vous entrevoyez dans une tonalité grisâtre cet intérieur de Mme Récamier. Les adorateurs n’ont pas renoncé aux déclarations ; ils demandent encore « les suprêmes faveurs », seulement ils les demandent depuis vingt ans. Si on les prenait au mot, ils feraient de leur mieux, mais ils seraient peut-être embarrassés ; heureusement les choses ne vont jamais jusque-là. Ces paroles qui, au temps du Directoire, avaient été réelle-

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ment les expressions ardentes d’un désir matériel, n’ont plus le môme accent dans cette maison de retraite, dans 1 honnête atmosphère de l’Abbaye-aux-Bois.

Frohsdorff, c est l’Abbave-aux-Bois, un couvent confortable comme il y en a en Autriche. On y entend toujours des paroles de combat comme on entendait des

paroles d amour autour de la reine de beauté, et le roi ne dit jamais non.

Madame regarde tout cela avec son sourire paisible elle a eu des joies et des transes, elle a poussé un soupn de satisfaction, quand elle a vu, de ses yeux, que la fameuse lettre de Salzbourg avait été publiée par Y Unionelle a tremblé pour « son Henry » quand il est allé en France causer avec Mac-Mahon ; elle a regardé faire la malle en pleurant comme Mme Dupuis dans le Village * elle a craint qu’on ne donne de mauvais conseils au voyageur. Avec des aventureux décidés à tout comme Lhesnelong, on ne sait pas ce qui peut arriver. Il serait bien capable d’aller, comme Persigny à Strasbourg aranguer les régiments dans leurs casernes et faire mettre le sabre au clair aux cavaliers. Aujourd’hui

H^ry *st revenu’ ü a repris ses petites habitudes : << Mon Dieu, soyez béni... Faites que les Français soient heureux; ils ont tué une partie de ma famille, je ne leur en veux pas, mais qu’ils nous laissent tranquilles dans ce château où l’on est si bien. »

Lui, est tout à fait dans les traditions de sa race ; c’est le vrai Capétien et, pour le comprendre, il faut connaître l’histoire de France, savoir à quel point cette race de Capétiens fut dès l’origine unie, identifiée avec le pays, consubstantielle à la France... On dit* « Les Enfants de France, un Fils de France. » « Ouvrez, c’est la fortune de la France», répond Philippe YI après Crécy, en frappant à la porte d’un manoir. Jeanne Vaubermer, la modiste devenue catin royale, a la même îdeedu Roi que tout le bon peuple de Paris, et c’est le plus naïvement du monde qu’elle crie à Louis XV*

« La France, ton café f... le camp ! »

iO le testament d’un antisémite

Pour ce peuple qui est la chair même de sa chair, le roi a des entrailles de père. Les Thiers, les Favre, les Simon transforment Paris en un abattoir, sans 1 ombre d’une hésitation ; les Ferry, les Gonstans, les Rouvier feront tuer, s’il le faut, trente mille hommes pour conserver le pouvoir une minute de plus. Leroi de France ne le peut pas*, il ordonne aux Suisses de cesser de tirer comme Louis XYI, il s’éloigne sans combattre comme Charles X, il reste au coin de son feu comme

Henry V.

Quand cela n’est plus gâté par les pompeuses déclamations des Yanssay,tout cela apparaît simple, logique et touchant comme la vérité. Gela apparaît amusant aussi, car au fond on sent bien que si des prétendants de ce genre sont entourés de tant d’hommages, c’est que, grâce à eux, leurs partisans semblaient d’autant plus prêts à l’héroïsme qu’ils avaient la vague certitude qu’on ne les mettrait jamais au pied du mur.

Charette essayant de faire quelque chose, au lieu de promener ses zouaves sur le Touvistc^ eut été abominé comme Morès l’a été pendant un mois.

Par contre, si Morès s’en fût tenu au discours de Neuilly et fût resté à l’état de velléitaire, il eût été adoré dans son monde. Dès qu'on le vit aller au peuple, chercher à réunir des hommes d’action que, d’ailleurs, il n a pas trouvés, se préparer à descendre dans la rue, il excita de véritables fureurs. « On ne l’arrêtera donc pas! » tel était le mot des clubs.

Il en a été de même pour moi. Tant que l’Antisémitisme n'est point sorti du livre, on n’a trop rien dit. Dès que j’ai manifesté l’intention d’entrer dans la vie publique par une porte si modeste quelle fût, d’arriver au Conseil municipal et peut-être d’y faire passer un blâme de flétrissure ou un vœu pour l’expulsion de Rothschild, tous les Conservateurs de mon quartier ont été contre moi ; ils en ont été chercher Taxil ! « Le forçat Léon XIII, les Frères pédérastes, l’abbé Galofez, les images distribuées aux passants et représentant

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des cuiés faisant des langues à des religieuses... tout plutôt que Drumont ! »

1890 a marqué la fin de cette période bizarre qui ne pouvait pas se prolonger indéfiniment. Et f hypocrisie est chose si haïssable, que cette année de bel avilissement et de prostration complète n’a point été sans quelque charme, parce qu’elle a eu pour elle la sincérité.

On connaît ces situations dans la vie parisienne. Le vieux beau de cinquante-cinq ans lutte toujours, il promène à travers les salons ses allures de vainqueur et sa barbe d’un inexorable noir; il tend la jambe, il piaffe encore, il feint d aller à des rendez-vous imaginaires On rit de lui...

Puis arrive la grande maladie qui guette les hommes vers cet âge ; le brillant viveur cloué au lit disparaît de la circulation pendant quelque temps. Au bout de trois mois il revient; il est tout blanc; il a profité de l’occasion pour éviter les transitions désagréables et pour entrer aux Invalides ; et, vu ainsi, il plaît et ne fait plus rire... Il avoue.

? ciase boulangiste a permis aux Conservateurs d exécuter cette évolution ; ils ont été trouver un mercenaire, un Saltabadil pour faire le coup qu’ils n’osaient pas tenter eux-memes, ils ont rencontré un vieux lascar plus malin qu’eux, qui a pris leur argent et s’en est allé vivre de leurs rentes à Jersey. Cette expérience les a refroidis et, au 1er Mai, ils ont pour la première fois montré le fond de leur cœur, tout entier rempli par l’amour du Gardien de la paix.

On a vu aux terrasses des grands Cercles les élégants acclamer les agents qui se ruaient sur les passants et on les a entendus, à chaque coup de casse-tête, s’écrier : « Bravo, Constans ! » On a vu a la Chambre les Conservateurs faire assaut de servilité avec les Républicains lorsqu il s est agi de voter un ordre du jour de confiance a Constans, on en a vu venir le féliciter à son banc tan-

dis que d’autres lui passaient les bras autour du cou pour causer de plus près avec lui.

Cette évolution, cet aveu de la peur, n’a rien qui puisse déplaire à l’historien social ; elle rend sa tâche plus facile, elle supprime tout ce fictif, ce mensonger, ce théâtral, cette déclamation oratoire et journalistique qui a rempli d une décevante fumée les années qui viennent de s’écouler.

Il est avéré désormais qu’il n’existe pas en France de parti décidé à combattre par tous les moyens le régime maçonnique et juif, un parti catholique et français décidé à ne pas se laisser opprimer.

Quand les conquérants germains et francs qui, unis aux purs Gaulois et aux Celtes, constituèrent véritablement la France eurent perdu leur vigueur, l’élément gallo-romain l’emporta, la race latine reprit le dessus ; or, cette race est faite pour la tyrannie, puisqu’elle n’a aucun ressort de conscience ; elle adore une idole imbécile, une idole de marbre ou de plâtre qu’on appelle la Loi, et au nom de cette Loi, elle subit tout.

La Loi, c’est le licteur qui vient de la part de César annoncer au citoyen romain qu’il est condamné à mourir, mais qu’on lui laisse le choix du supplice ; c’est le gendarme de la Révolution qui vient parfois tout seul arrêter cinq ou six personnes et qui les conduit au Luxembourg ou à la Conciergerie, où un autre gendarme vient les chercher pour les conduire à la guillotine. Jamais il n’est entré dans la cervelle de ceux qu’on arrêtait ainsi, l’idée de commencer par tuer le gendarme. C'est là un spectacle extraordinaire et il n’y a jamais qu’en France qu’un gouvernement ait pu s'appeler, comme par une désignation constitutionnelle: la Terreur.

Il est inutile de discuter là-dessus et il n’y a qu’à constater une évidence. Vous ne rencontrerez chez la plupart des Conservateurs influents que des menteurs, des fourbes, d’éternels chercheurs de voies obliques... Mettez-les sur la grande route de Versailles, sur cetteroute

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irge à faire défiler une division de front, qu’on appelle 3 Pavé du roi; dites-leur : « Vous voyez, c’est tout roit, il n’y a qu’à marcher, vous apercevez le palais ,’ici. » Auboutde quelques instants, vous les retrouveez dans d’infâmes petites ruelles, perdus, crottés, mbourbés, gémissant et comptant sur l’habileté de Jackau pour les tirer de là...

Ils ne se doutent même pas de ce que c’est qu’un [roit. Tout le monde a des droits, le tout est de savoir 3s défendre. Les cent peuples que Xercès et Darius rainaient à leur suite, les Lydiens, les Ioniens, les Mêles avaient autant de droits que les Grecs. Seulement, es Grecs étaient vaillants, robustes, assouplis par la le du gymnase, et ils ontprouvé qu’ils avaientdes droits >ar le fait seul qu’ils les ont défendus.

Jamais Bismarck n’a dit: « La Force prime le Droit »; l a dit: « La Force crée le Droit » ; et il a entendu ce aotForce dans le sens étymologique et véritable : vis 'U virtus , la virilité, la vertu virile, l’énergie de 'homme.

C’est en malière religieuse surtout que le principe est uste. Quel est le critérium , la mesure à laquelle des fens qui ne croient pas peuvent mesurer la croyance les autres?

— Vous me dites que vous croyez... Pourquoi voulezous que je m’en rapporte à vous; car enfin vous me >arlez d’une abstraction, d’une chose que je ne vois >as ? Croyez-vous vraiment?

— Je crois assez pour être prêt à mourir, mais natuellement, avant d’en arriver à cette extrémité, je comuencerai par vous tirer des coups de fusil.

— A la bonne heure ! voilà une affirmation palpable, me base pour discuter.

C’est ce qu’ont fait les Vendéens qui n’étaient pas les Gallo-Romains, mais des Celtes. Quand ils ont eu ué un millier de bleus, qu’on a eu tué autant des leurs it qu’on a vu que ce serait toujours à recommencer, il fest trouvé un homme sensé qui a dit : « Il serait peut-

être plus simple de laisser ces gens-là aller à la messe puisqu’ils y tiennent... »

Il en est de tout ainsi. Les Francs-Maçons, avec leur insignes, les Républicains, avec leurs drapeaux, vonte: cortège rendre hommage à Baudin. Gela ne fait de ms à personne. Pourquoi les Catholiques n’auraient-ils pa le droit de traverser la ville en procession avec leur bannières et le Saint-Sacrement ?

fusil

.uiuenjs ci ic ociuii-oaci eiiieiii i

Il est bien certain que si, sans recourir aux coups d* sil, 1,500 Catholiques venaient, aux environs de 1

Fête-Dieu, siffler régulièrement Rothschild ou Carno toutes les fois qu’ils sortent, on finirait par dire à ce catholiques : « Faites votre procession tranquillemen et laissez-nous la paix ! » Les libres-penseurs s’enten draient avec les croyants pour ne pas encombrer la voi publique le même jour. En un mot, cela se passerai comme en Amérique, où Catholiques, Protestants, Che valiers du Travail, Presbytériens, Weslelyiens organi sent tous les cortèges qui leur conviennent, sans qu personne songe à s’en plaindre.

Ce que j’ai dit des Conservateurs explique qu’ils aien pris parti contre moi dans la question antisémitique.

Sans doute on aurait compris qu’ils ne puissen s’élever jusqu’à l’idéal de justice et de réparation so ciale que nous poursuivons, mais, s’ils avaient eu uu

lueur d’honnêteté et de bon sens, le souci seul des in

térêts religieux qu’ils prétendent défendre aurait dt; leur inspirer une attitude différente.

Il y a dans toute bataille un point qui est la clef d> toute la position, un endroit sur lequel il suffit de porte toutes ses forces pour décider du gain de la journée Ici il ne fallait pas un exceptionnel coup d’œil pour dé couvrir le point stratégique à frapper.

Qu’est-ce qui gouverne ? Sont-ce ces pauvres fanto ches qui n’ont d’autres préoccupations que de se rem plir la poche? Assurément non.

Quel est le vrai maître ?

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C’est le Juif.

C’est le Juif qui tient tout dans ses mains.

Le jour où vous attaquez le Juif, vous prenez la Réalité corps à corps, vous vous mesurez avec votre véritable ennemi.

Or, le Juif était à la merci du Conservateur.

Jamais on ne saura la peur qu’a éprouvée Rothschild pendant quelques mois. Quelques personnes qui l’ont vu de près nous ont renseigné sur cet affolement qui fut absolument shakespearien.

Lozé lui-même finissait par être exaspéré des perpétuelles alarmes de cet homme. Un jour qu’il causait avec une dame, le préfet de police, pour expliquer les faveurs qu’il accordait aux Rothschild, coupe-file et autres agréments, affirmait que le banquier de la rue Saint-Florentin était très généreux pour la caisse de secours des anciens employés de la Préfecture de police ; tout à coup il eut un accès de sincérité : « Après tout, s’écria-t-il, cet animal-là peut bien faire quelque chose pour nous, voilà quinze jours qu’il me prend la moitié de mon personnel. »

Rothschild n’était pas encore rassuré avec tous ces agents de police, il aurait voulu une division pour le garder. Sans crainte de déshonorer l’armée, Freycinet fit cette chose sans nom : il envoya un régiment de dragons camper autour de la demeure d’un banquier de Francfort. Les dragons passèrent là deux nuits. Dans la nuit du 1er au 2 mai, toutes les troupes avaient depuis longtemps regagné leurs casernes qu’on apercevait encore les dragons rue Saint-Florentin. « Je ne comprends pas, disait un maréchal-des-logis à un camarade, qu’on nous parle d’aller combattre les Prussiens puisqu’on nous force à leur servir de gardes-ducorps quand ils sont chez nous. »

Si cet homme s’était senti traqué partout, attaqué sur tous les points, il est certain qu’il aurait transigé au nom de la Juiverie et offert aux catholiques un modus vivendi acceptable, une sorte de reconnaissance de

LE TESTAMENT d’üN ANTISEMITE

leurs droits analogue à celle qu’obtinrent les Huguenots avec l’édit de Nantes.

Les Conservateurs n’ont jamais compris cela; au lieu de combattre, ils capitulent en rase campagne comme Dupont à Bavlen — et pour les mêmes raisons que lui : ils ont la dyssenterie et ils veulent sauver leurs bagages .

Elle est toujours émouvante cette capitulation de Baylen. Dupont a dix fois les moyens de se faire jour à travers l’armée espagnole, malheureusement il traîne après lui six cents fourgons remplis par le pillage de Cordoue. Alors il négocie : « Nous livrerons tout, mais à une seule condition, vous ne visiterez pas nos fourgons. »

Le général Yédel, qui n’a pas de bagages, arrive avec sa division ; il attaque Castanos, il le bat. Pendant la nuit il envoie un émissaire à Dupont en lui disant : « Faites un effort de votre côté, j’en ferai un du mien et certainement nous enfoncerons les lignes ennemies et nous nous donnerons la main. »

Dupont répond toujours : « Et mes fourgons? »

Bref, Yédel, qui continue à ne pas avoir de bagages, prend le parti de filer. Il s’en va musique en tête, tambour battant... Les Espagnols essaient bien de l’arrêter, mais ils sont repoussés. Il est à quinze lieues de Baylen, libre, assuré de ses communications avec Cadix lorsqu’arrive un officier qui lui apporte l’ordre de revenir sur ses pas et de se constituer prisonnier avec ses soldats. Castanos avait exigé cet ordre et Dupont l’avait donné, toujours pour sauver ses fourgons...

Bien entendu, les fourgons ne furent pas sauvés ; la capitulation fut violée. Les soldats allèrent mourir dans l’horreur des pontons anglais ; d’autres furent jetés sur des rochers dans des îles désertes et l’on retrouvait, il y a quelques mois, les ossements blanchis de ces malheureux qui, pendant cinq ans, agonisèrent dans les tortures de la faim, se nourrissant d’herbes et de coquillages...

PAROLES TESTAMENTAIRES

C’est 1 histoire des Conservateurs : ils veulent sauver îurs fourgons ! Les grands-pères se sont enrichis par îs Biens nationaux ; pendant les cinquante années où ï Bourgeoisie gouverna sans contrôle, les fils ont xercé sur les ouvriers la plus monstrueuse exploitaon qu'ait vue le monde ; les petits-fils ont des titres de ente, des obligations, ils songent avant tout à garantir ela contre des revendications indiscrètes... Volontiers s agiraient comme Dupont avec Védel, avec les braves ens qui, en se ruant sur les Juifs, ont réussi un disant à les mettre en déroute ; ils leur ordonneraient de eter leurs armes et de capituler devant Israël. Ce qui etient les chefs du parti conservateur de formuler ette injonction saugrenue, c’est la certitude qu’on les n verrait promener...

Sur quoi s’appuyer dans ce monde-là? Le Clergé est endu impuissant par le Concordat. Il n’existe pas daantage d’ordre religieux dans lequel on puisse trouver n appui, qui personnifie, comme certains ordres du Joyen Age, la résistance du génie aryen contre l’invaion juive.

J’ai étudié avec une sorte de curiosité intellectuelle es Jésuites dont les radicaux menacent comme d’un pouvantail ce qu’ils appellent la société moderne et ui est, en réalité, une société vieille comme les rues, Dmme les rues de Jérusalem. J’ai compté parmi ces ésuites de précieuses amitiés et j’ai gardé de mes raports avec ces êtres de haute vertu un sentiment de rofonde admiration.

En notre siècle d’universel abaissement, c’est peuttre parmi les enfants de Loyola que l’homme se révèle ! plus grand dans cette souveraine maîtrise de luilême qui le rend, non point seulement étranger à tonte ’ainte, mais qui lui donne encore je ne sais quoi d’aisé, e souriant et de grave à la fois. Tous les Jésuites ne )nt pas nés dans les hautes classes et tous ont cepenant d’affables et de nobles manières ; ils se ressem-

blent par une allure de dignité simple qui conquiert les plus hostiles. Ce sont vraiment des hommes, des hommes dignes de tout respect et qui honorent la nature humaine.

Quelle influence a exercé sur les événements contem porains cet ordre si puissamment constitué et qui a ré sisté à tant d’attaques? Aucune.

Je l’ai dit déjà, il se produit pour les ordres ce qui si produit pour les individus ; à un certain moment ils on atteint leur développement, ils sont achevés d'im primer , ils ne peuvent plus rien apprendre. Le béai moment des Jésuites fut le dix-septième siècle ; c’est li qu’ils livrèrent leur grande bataille pour essayer d’avoi la direction du monde ; dans cette lutte ils poussèren la volonté jusqu’au génie, ils eurent à la fois des diplo mates incomparables dans les Cours et, dans leurs Mis sions, au Canada par exemple, des martyrs qui souf frirent héroïquement des supplices plus affreux quu ceux des premiers chrétiens ; ils échouèrent sans do ut mais leur échec ne fut pas sans grandeur. Guizot lui même, quoique protestant, n’a pu s’empêcher de rendr hommage à l’énergie dépensée par eux.

Aujourd’hui ils sont impuissants devant un mond qui leur échappe. On les représente comme des consp rateurs ; ils ne conspirent pas, c’est tout au plus s’il intriguent un peu. En ceci, ils sont toujours du diî septième siècle, du temps de la feuille des Bénéfices des négociations de cabinet, des faveurs accordées ps le canal d’un personnage en crédit ; ils emploient de forces énormes, ils déploient une persévérance ii croyable ; ils remuent des montagnes, pour arriver à d toutes petites choses, à augmenter la prospérité d’u collège .

On ne peut juger l’arbre que par ses fruits : or, 1< fruits que donne l’éducation des Jésuites ne sont p* brillants. J’ai constaté l’infatigable dévouement de ce éducateurs, leur sollicitude de tous les instants, lei véritablement magnifique. Quels élèvt

abnégation

PAROLES TESTAMENTAIRES

roduisent-ils au prix de tant d’efforts? « Nous leur emandons de nous faire des hommes, me disait un rélat qui, dans une Université catholique, a étéenraports avec beaucoup d’élèves de Jésuites, ils nous enoient des communiants ! »

Parmi tous ces jeunes gens, presque tous à l’aise, uelques-uns fabuleusement riches, nous n’avons pas rouvé un aide, un dévouement, un concours. La Presse iiive les a traînés eux et leurs maîtres dans la pissoière de Germiny; on leur a barbouillé le visage de ette onde impure. Gela ne leur a rien fait. Ils sont ^différents à tout, absolument étrangers à la tradition hrétienne française. De tous les enseignements de Église, ils n’ont guère retenu que la peur de l’Enfer ui subsiste en eux comme ces terreurs d’enfance qui ie s’effacent jamais complètement; vers Pâques cette censée du Diable les travaille, elle les tracasse dans 3urs plaisirs, et ils vont se confesser... Ils sont tous m peu comme ce marquis de Gréquy dont parlait tivarol : « Ils ne croient pas en Dieu, ils craignent en )ieu. »

Vous voyez le contraste entre nous et ces gens-là. ’ai été élevé au lycée Charlemagne, je n’ai jamais rien eçu des Jésuites, ils ne m’ont jamais été utiles à rien. iu moment des décrets j’ai vu en eux des citoyens, des lommes intelligents persécutés par les Juifs vomis sur tous par tous les ghettos d’Allemagne et j’ai fait ce que ai pu dans les journaux pour servir leur cause. J’ai ait appel à la chevaleresque générosité d’Albert Duruy t, pour défendre les Jésuites, ce fils d’universitaire a ntrepris dans la Revue des Beux-Mondes une camiagne qui l’honora, d’ailleurs, aux yeux de tous.

Pas un seul des élèves riches des Jésuites ne s’est ouvenu que j’avais défendu les maîtres de sa jeunesse, >as un seul, à l’âge des enthousiasmes et des élans, ne ious a dit : « Avez-vous besoin de munitions? Que puise faire pour vous aider dans votre guerre contre les uifs? »

LE TESTAMENT d’üN ANTISEMITE

C’est là un fait auquel il n’y a rien à répondre Les Jésuites que j’aime le plus seraient tous autour d< moi pour me dire : « On pense ces choses-là, mais or ne les écrit pas » que j’écrirais quand même ce que jt pense ; je leur répéterai toujours : « Voilà les élèves qur vous avez faits. »

Depuis vingt ans en effet, ce sont les Jésuites qui on élevé l’élite de la jeunesse catholique, et ils ont pi l’élever dans des conditions de liberté absolue, avec cette force de plus, cette sorte d’auréole que donne h persécution.

J’ajoute qu’il serait injuste de rendre les bons Pères entièrement responsables de ce résultat ; l’étoffe, ls substance virile manquait chez ces rejetons de l’Aristocratie et de la haute Bourgeoisie qui représentent des races finies. Mais même sur ces natures molles il semble qu’une éducation plus mâle, moins respectueuse des conventions sociales, plus méprisante des fortunes dont l’origine est honteuse, aurait pu avoir une certaine action.

Non seulement les élèves des Jésuites ne nous ont point aidé dans notre œuvre de salut social, mais le parti jésuitique a été absolument contre nous dans les dernières élections.

Quel est ce parti jésuitique dont on parle toujours0/ La chose est plus facile à comprendre qu’à expliquer. Prenez les Jésuites individuellement; ils sont tous très; vaillants, très loyaux, très sincères. Les élèves instruits par ces hommes courageux et droits sont, pour la plupart, parfaitement égoïstes, généralement noceurs, quoique d’une façon toujours un peu sournoise, très attachés aux intérêts matériels, maispasméchants. Enfin parmi ces élèves augmentés de recrues d’origine différente il se forme comme un précipité étrangœ, il se constitue, comme par une sélection bizarre, un parti tout à fait fourbe, menteur et corrompu; c’est le parti qu’on appelle, en employant une expression qui n’est pas exacte, « le parti jésuitique » — c’est le parti qui domine

PAROLES TESTAMENTAIRES

la Droite de la Chambre, c’est le parti qui veut touours duper et qui est éternellement dupé, le parti qui >artage ses admirations entre Gonstans et Rothschild.

Dans leur haine contre les nobles idées que nous ■eprésentions, ces gens-là n’ont pas même songé, en menant fait et cause pour les Juifs contre nous, à leur lemander certaines garanties ; et fatalement ce qui levait se produire arriva.

Du jour où l’Antisémitisme eut affirmé son existence, es attaques contre les prêtres et les religieux cessé- •ent presque complètement. Les Juifs avaient le feu lux fesses et, naturellement, ils ne pensaient qu’à l’éteindre...

On ne pouvait ouvrir un journal sans y lire un irticle sur la tolérance, la nécessité de mettre fin aux pierres de religion; on en trouvait partout de ces irticles-là : il y avait l’article pathétique, l’article indigné, l’article pleurard...

Vous aperceviez un camarade qui courait...

— Où vas-tu si vite?

— Ne me retiens pas... Je vais te flétrir... J’ai un irticle à faire sur la tolérance qui m’a été expressénent commandé par X**\ Il y tient beaucoup...

— Comment ! cette vieille crapule qui voulait qu’on itripe nos prêtres !

— Précisément! Il est devenu la tolérance même... 3as de guerre religieuse... la liberté pour tous, la paix între les citoyens français... Tu vois le sujet d’ici... Bonjour!

Au lendemain des élections municipales j’écrivis à un religieux éminent de mes amis : « Les Conservateurs )nt été infâmes vis-à-vis de nous, comme c’est, d’aileurs, leur habitude. Regardez la date de ma lettre et souvenez-vous que je vous ai annoncé à cette date que a campagne des décrets allait reprendre. La plateforme des prochaines élections sera l’exécution stricte des décrets. »

LE TESTAMENT d’üN ANTISEMITE

Les religieux, vous le supposez bien, ne tinrent pa le moindre compte de ce que je leur disais ; ils tirer leurs malles, ils enveloppèrent leurs faux-cols dan des articles sur la tolérance que les Juifs leur avaier. fait tenir pour les convaincre de la pureté de leur intentions et ils se préparèrent à déménager de Car terbury et à venir se réinstaller en France.

Leur illusion ne fut pas de longue durée. Le Ju Mayer commença par déclarer dans la Lantern que l’école libre de Boulogne-sur-mer était remplie d sodomites. Le directeur protesta avec une indignatio que l’on conçoit ; alors Mayer attaqua le grand air « Et les décrets?... »

Plusieurs «individus», pour parler comme la Lan terne , appartenant à des congrégations expulsées s’étaient permis de rentrer dans leur domicile du Hâvr et la Lanterne , au nom de la tolérance, demandai qu’on les expulsât de nouveau. Cet événement sembl avoir mis Mayer dans un état de surexcitation extra ordinaire.

A quoi pense le ministre de l’Intérieur? Où est-il? Ou fait-il? v

Les faits ne sont pas contestés. Son sous-préfet les reconnus. La violation de la loi est indéniable. Le scandai est généial, puisque 1 opinion tout entière a été mise a courant par les plaintes de la presse républicaine et pa les défis provocateurs des feuilles cléricales parmi lesquelle le Journal des Débats se fait particulièrement remarquer.

Gomment expliquer que la répression nécessaire se fass encore attendre, et que M. Constans n’ait pas déjà donné de ordres en conséquence?

Par cette incroyable désertion du plus facile de ses devoirs xf ministre de 1 Intérieur veut-il donner à entendre qu'aprè 1 avoir si comp; élément désavouée, il a résolu de reprendr et d appliquer la politique de compromission avec la factio] cléricale, dont il avait tracé le programme dans son discour de Périgueux?

il eût été au moins plus digne, si telle est bien la pensé au ministre, de faire cette volte-face en présence de la Gham

paroles testamentaires

re, et de ne pas attendre pour cela l'impunité d’une interîssion parlementaire (1).

La chose me sembla d’autant plus gaie que c’étaient es Dominicains que ce Juif voulait jeter dans la rue. !r, à la dernière distribution des prix de l’école ’Arcueil, le Père Didon avait parlé en termes élogieux e ces « grands Sémites dont les Juifs sont aujourd’hui îs successeurs. »

Que voulez-vous? Le Père Didon n’est pas indifférent la réclame, il n’est pas insensible à un Bloc-notes du iaulois.

A ce que l’on m’a affirmé de sources diverses et ûres, le Père Monsabré, un des Dominicains du Iâvre que les « grands Sémites » prétendaient flanquer la porte, est d’une âme plus française et plus virile, fil est résigné à tout comme religieux, il doit souffrir omme patriote et comme citoyen français de ce qui se •asse aujourd’hui.

N’est-ce pas honteux, en effet : un Youtre de Cologne rainant après lui toutes les hontes, d’une famille presue exclusivement composée de récidivistes, d’une exisence personnelle ignominieuse, traitant d’ « individu » 3 grand orateur de Notre-Dame et demandant impéieusement qu’on le jette hors de sa cellule?

Proposez donc à un député conservateur de demander qu’on pénètre dans le domicile de cet « individu » u’on appelle le baron de Rothschild. Vous verrez la ête du député. « Appeler le baron de Rothschild un individu ! ». A quoi pensez-vous ? »

Flaubert avait raison lorsqu’il écrivait sur un dictionlaire : « Synonymes : il n’y en a pas. »

Il faut toujours se servir des mêmes mots pour exprimer la même idée. Lâches ! lâches ! lâches ! fautl répéter à tous ces catholiques qui se laissent humilier

(1) Lanterne, 21 août 1890.

LE TESTAMENT d’üN ANTISÉMITE

de cette façon dans leur pays et qui désavouent ou qu s'efforcent de frapper par derrière ceux qui osent atta quer l’ennemi!

Aux Dominicains comme aux Jésuites, il faut répété aussi : « Voilà la génération que vous avez faite. »

Jamais, d’ailleurs, occasion ne fut plus favorabl pour constater à quel point le Juif tient dans sa maii tout ce monde de Républicains mangeurs de prêtres.

Quel beau type de Jacobin domestiqué que ce Bris son ! On connaît cet homme lugubre : il rit, comme di le peuple, toutes les fois qu’il lui tombe un œil ; il n’; jamais fait rire les autres qu’une fois et encore n’a-t-i pas pris part à cet accès d’hilarité. Lorsqu’il manifest, l’intention de se présenter comme candidat à la Prési dence de ]a République, quelques citoyens furent ma lades à force de rire, mais il attrapa, lui, la jaunisse ei voyant l’accès de gaîté qu’il avait excité.

Tant que l’attention publique fut attirée vers les monstrueuses fortunes réalisées par les Juifs à foret d’exactions et de coups de Bourse, cet ennemi des congrégations resta tranquille ; il était comme mon chien Thos : Tant qu’il y a des fraises dans le jardin, oi lui donne sa pâtée dans la niche. Dès que le péril antisémitique parut écarté, on entendit, sur un Sina flamboyant des reflets de l’or, une voix qui disait « Lâchez les chiens, démuselez Brisson ! »

Brisson, démuselé, alla immédiatement aboyer dan! la Lanterne contre les saintes femmes qui élèvent clés orphelines et recueillent des vieillards ; il demande qu’on les dépouillât pour les mettre hors d’état d’exercer la charité (1).

(l) On sait ce que sont les mesures fiscales dont Brisson, vigou reusement appuyé par les journaux juifs comme la Lanterne exige le maintien. C’est la confiscation pure et simple. Le Fis< réclame d’abord près des deux tiers de la succession fictive de toui membre d’une congrégation qui vient à décéder ; c’est déjà rigou-

PAROLES TESTAMENTAIRES

Pour qu’il pût mener à bien son ignoble besogne, on installa mon Brisson chez le Directeur de l’Enregistrement et les journaux ont eu soin de nous apprendre qu’on avait disposé un bureau pour lui et mis un employé à ses ordres.

Pendant de longs jours on empila les dossiers des congrégations sur la table de cet ennemi des pauvres, et vous voyez d’ici tout ce qui a défi lé de misères et de dévouements devant ce vilain homme.

Tout ce que la Charité, cette fille du ciel, la généreuse pitié des âmes pures, l’esprit de sacrifice, l’exquise ingéniosité des cœurs simples et naïfs, habiles seulement à faire le bien, ont pu imaginer pour secourir la souffrance humaine, est dans ces dossiers.

Ici, ce sont les Petites-Sœurs des Pauvres, sublimes mendiantes que les femmes de la Halle connaissent bien à leur petit bonnet noir et qui courent les marchés, s’arrêtent à la porte des restaurants pour demander de

reux, mais, ce qui est monstrueux, il entend toucher ce droit autant de fois qu’il y a d’établissements différents dans la congrégation. En outre, une loi de Ventôse impose un minimunT de JO francs pour toute opération de l’enregistrement.

Prenons, par exemple, les Filles de la Charité. Les Filles de la Charité ont une propriété d’environ 23 millions grevée de charges le toutes sortes, d’entretiens d’hospices et d’orphelinats. Ces saintes filles sont au nombre d’environ 10,000 en France. Chaume a donc une part d’environ 2,300 francs dans le bien commun.

Quand une Sœur vient à mourir, l’enregistrement oblige la '.ongrégation à faire une déclaration dans chaque bureau d’enrepstrement dans le ressort duquel elle a une parcelle de biens. Cela ait 800 déclarations à faire dans 800 bureaux. Mettons pour Laque déclaration la valeur minimum de 20 francs ; les Filles le la Charité devront payer, à raison de 11,25 pour 100 sur une raleur de 20 francs, 2 fr. 25, plus la feuille de papier timbré de 10 centimes ; cela fait au total 2 fr. 85 par bureau. Et je ne ompte pas les accessoires : timbre de la quittance, coût de la •rocuration, frais de déplacement, etc. Si vous multipliez 2 fr. 85 iar 800 bureaux, vous arrivez à un chiffre de 2,280 francs pour un lécès.

^ous voyez ce qui reste à chaque Sœur sur sa part de ',300 francs.

26 LE TESTAMENT d’üN ANTISÉMITE

quoi faire vivre leurs vieillards couverts parfois d’infirmités dégoûtantes et qu’elles soignent avec une maternelle sollicitude.

Lace sont les Frères de Saint-Jean de Dieu, adoptant, rue Lecourbe, des enfants qui, nés de syphilisés et d’alcooliques, ont reçu pour tout héritage, en venant au monde, la paralysie ou l’épilepsie, et portent sur leurs mélancoliques visages de bambins les stigmates de toutes les débauches ancestrales.

Voici le dossier de mes voisines de la rue de l'Université qui dirigent l’œuvre des Jeunes Économes. Ce ne sont point des orphelines qu’elles recueillent ; ce sont des enfants d’ouvriers chargés de famille et qui succombent a la peine ; elles sauvent ainsi d innombrables fillettes non seulement de la faim, mais des précoces corruptions, du vagabondage, des fréquentations mauvaises !

Que de petits drames dans ces familles indigentes ! La mère est morte ; le père resté veuf s’est mis, comme on dit, avec une autre femme et la fille devient une petite martyre. Ailleurs, le veuf demeure fidèle au souvenir de sa première femme et il continue a habiter avec sa fille, mais il est bien forcé de la laisser seule au logis quand il part pour le travail ; il l’emmène dîner au cabaret avec lui puisqu’il n’a pas d’intérieur. La malheureuse grandit donc là-dedans au milieu des propos obscènes et, à moitié pervertie déjà, elle est souillée un jour dans un coin par un ivrogne.

Une fois dans la maison hospitalière, ces êtres si durement meurtris par la vie respirent, se dilatent, semblent renaître. Une de mes fenêtres donne sur le jardin où jouent ces gamines et le joyeux tapage de leurs jeux et les éclats de leur rire montent vers moi à l’heure de la récréation. Les parents qui viennent les visiter les reconnaissent à peine et parfois on entend, dans ces entrevues, de ces paroles qui peignent une société, comme ce mot qui fut dit au parloir des Jeunes Économes par un petit garçon resté sur le pavé à se

PAROLES TESTAMENTAIRES

sœur dont il enviait le bonheur : « Gomment, tu manges tous les jours, toi ?... »

Devant ces dossiers, un éclair lubrique passe sur le visage morne de Brisson. Il estime qu’il n’y a pas assez de petites filles accostant les messieurs le soir dans des angles obscurs : « Fleurissez-vous, monsieur, un petit bouquet... » Et tout bas : « Voulez-vous voir ma rose? » Ce n’est pas toujours à dédaigner. Dame! quand on sort d’un dîner officiel, qu’on a mangé beaucoup de truffes et bu les vins de choix que les contribuables payent, on sent les vieilles ardeurs se rallumer.

Il est certain que si, à l’aide de bonnes lois fiscales* on vidait dans la rue les orphelinats et les ouvroirs où des enfants chastes dorment sous la protection du grand Christ qui étend ses bras sur elles dans le dortoir, les prix du bétail humain baisseraient dans les carrefours, et I on aurait de la viande à bon marché.

Ces préoccupations jadis auraient semblé devoir être bien étrangères au sombre député de Paris- Il est de ces Tartufes qui réussissent longtemps à garder leur masque d’austérité ; ils paraissent si ennuyeux qu’on les imagine vertueux. Les psychologues déroutés cherchent à comprendre et se disent : « Comment un homme qu’on dit honnête peut-il commettre de pareilles scélératesses ? » Mais tout a une fin ; un beau jour le masque mal attaché tombe à terre ; on aperçoit les dessous de ces existences, et ce qui semblait obscur s’explique tout naturellement.

C’est ainsi qu’à la fin de décembre dernier, Pans a appris, avec une stupéfaction que l’on devine, que le solennel Brisson avait été, avec Paul Bert, un des témoins de Toutée, lorsque ce digne magistrat épousa la fille de Mme Émile, la matrone d’un bouzin pour rouleuses, pierreuses et rôdeurs de barrières qu’on appelait le Bal clés Vaches. On s’expliqua alors pourquoi, aux dernières élections, Brisson s’était présenté dans le quartier de la rue de la Lune.

LE TESTAMENT d’üN ANTISEMITE

En ruinant les orphelinats et les asiles, Brisson travaille à fournir de personnel les Bals des Vaches de l’avenir. Je ne pense pas, en effet, qu’il pousse la plaisanterie jusqu’à prétendre que l’Assistance suffirait à tout. Ce sont les amis politiques de Brisson qui sont à l’Assistance publique, c’est dire que l’on y vole avec entrain (1). Nous avons vu des familles de sept personnes se suicider et nous avons entendu un maire juif déclarer que les fonds versés par tous les contribuables indistinctement ne devaient profiter qu’aux Républicains, et par ce mot « Républicains », ce bon youtre entendait probablement ne désigner que les seuls Juifs. Jules Simon, qui a parfois des accès d’honnêteté, nous a raconté l’histoire de cette mère de quatre enfants à laquelle on accordait six livres de pain par quinzaine. L’employé s’aperçut qu’elle allait avoir un cinquième enfant et, devant ce manque de respect à Malthus, il raya net le nom de la malheureuse et lui supprima tout secours.

Ne troublons pas Brisson par d’intempestives réflexions... Il est toujours devant ses dossiers; quand il a fini d’une liasse, il dit à l’employé : « A une au¬

tre.

Et, devant le proscripteur à tête de hyène, le défilé continue, sinistre et touchant, navrant par les misères

(1) On lisait dans la Bataille du 21 septembre 1890:

« Hier, à deux heures, le citoyen Navarre, conseiller municipal, membre du conseil supérieur de l’Assistance publique, s’cst rendu dans les bureaux de l’Assistance, où il a fait une enquête, accompagné de M. Derouin, secrétaire général.

» A sa stupéfaction, le citoyen Navarre a trouvé dans un coin

148 dossiers de malheureuses filles-mères qui attendent depuis trois mois en moyenne la réponse de l’administration.

» Rien d’étonnant alors que tous les jours les journaux enregistrent des suicides et des abandons d’enfants, par la faute indéniable de l’Assistance publique.

» Le citoyen Navarre a en outre découvert des choses d’une

PAROLES TESTAMENTAIRES

u’il dénombre, magnifique par les dévouements qu’il lontre toujours près de chaque misère. Il semble que ans ce bureau banal de ministère on assiste a une reue d’un genre tout nouveau, et qu’on voit réunis tous 3s maléficiés de la vie, tous les vaincus, tous les éclo- ’és, toute la dolente armée des misérables et des soufrants... On entend des pas lourds de gens qui marhent avec des béquilles, des soupirs d’enfants qui ;eignent et qu’une religieuse console, des toux de leux mendiants qui crachent salement leurs pouions et auxquels une patricienne apporte de la tisane vec la bonne grâce qu’elle aurait mise jadis dans un alon à présenter une tasse de thé à quelque invité lustre...

Brisson marque tout cela de taxes formidables, et, andis qu’il marque, l’employé qui dépose les liasses de ;ossiers sur la table regarde avec mépris ce bourgeois acobin, penché sur sa besogne abjecte. Il a lu nos vres, cet employé, comme tous les hommes de la Bune génération, et un mot, un nom qui voudrait sorir, lui déchire la gorge ; il a envie de crier : « Et Rothchild, monsieur le puritain, pourquoi n’en parlez-vous amais ? Les trois milliards (1) arrachés aux Français >ar des coups de Bourse, sont-ils donc plus sacrés pour 3 Fisc que l’humble patrimoine de ces bonnes gens qui e sont associés pour essayer de secourir leurs sem- •lables ? Ce serait pourtant le cas d’appliquer votre fa-

îlle gravité, qu’il est préférable de lui laisser la parole, et il ne e refusera certainement pas à fournir à un de nos rédacteurs des enseignements complémentaires des plus édifiants.

» On parle aussi de plusieurs milliers de francs détournés par es chenapans, pour faire la noce avec l’argent destiné à procurer es secours aux pauvres. »

Dans le numéro suivant, le citoyen Navarre confirmait par une îttre l’existence de ces faits odieux.

(l) Nous avons déjà constaté que ces trois milliards, qui inspient un si religieux respecta Brisson et à ses complices, représentent le salaire de trois millions d’ouvriers travaillant toute une nuée sans un jour de repos à trois francs par jour. Voici quel-

LE TESTAMENT d’üN ANTISEMITE

meux droit d 'accroissement à cette fortune mondiale qui double tous les dix ans » (1).

Malheureux employé, taisez-vous ! Attendez l’heure des soulèvements prochains ! Cet ennemi des pauvres de France est l’ami des riches d’Allemagne, il a pour cri de ralliement le cri de tous les Républicains opportunistes ou radicaux : « A bas la France ! Viv e Fi ancfort !» Il a l’âme du délateur ; si vous parliez avec irrévérence des Rothschild devant lui, il irait vous dénoncer et vous seriez remplacé demain par un Juil natif de Hambourg ou de Wilna...

Dans cet ordre, nous avons aussi Jeanvrot. C’est un nouveau ; il est conseiller à la Cour d’appel d’Angers et je crois que j’agirai sagement en évitant d’aller me

faire juger dans ce pays-là.

Jeanvrot a compté tous les hectares que possédaien les congrégations, les fabriques, les séminaires, le: évêchés ; il en a trouvé 88,000 et il a été effrayé.

ques chiffres encore qui peuvent aider à se faire une idée de ci qu’est la monstrueuse fortune d’un seul homme.

Trois milliards pèseraient :

En argent . . 15.000.000 kilogrammes.

En or .

En billets de mille francs. 5.340 —

En billets de cent francs. 34.500 —

Pour le transport de trois milliards, en admettant qu’un homm porte 100 kilogrammes, il faudrait :

En billets de mille francs. 54 hommes.

En billets de cent francs.. 345 —

En or . 9.675 —

En argent . 150.000 —

Trois milliards en billets de mille francs formeraient 6,000 vo

lûmes de 1,500 feuilles. V

(l) Inutile de dire que ni M. Piou ni ses amis n’ont traité 1 question à ce point de vue, qui eût intéressé l’opinion. Ils on laissé le Franc-Maçon Brisson dénoncer aux convoitises de s; bande les cinq millions des Frères de Saint-Jean de Dieu, san lui demander ce qu’il pense des trois mille millions de M. d Rothschild.

PAROLES TESTAMENTAIRES

Dans ces hectares, il y a, il faut toujours le répéter, des orphelinats, des asiles pour les vieillards et pour les enfants, des hôpitaux pour les malades, des ouvroirs et des colonies agricoles, et ces hectares, répartis entre 200,000 personnes environ, ne donneraient qu’un bien mince lopin de terre pour chacun. Jeanvrot n’en a pas moins été effrayé.

Il est vrai que dans le beau livre qui a pour titre : La Réforme agraire et la Misère , M. Fernand Meurice nous a appris que les Rothschild possédaient 200,000 hectares de terre en France, mais cela n’effraye pas Jeanvrot.

Qu’une seule famille de Juifs allemands possède 200,000 hectares de notre terre de France, c’est bien : que 200,000 Français possèdent 88,000 hectares, c’eg| épouvantable. Ce raisonnement plut naturellement as Juif de Cologne qui dirigée la Lanterne , aussi appelle-t-il Jeanvrot « un courag'eux magistrat ».

Ce Jeanvrot me paraît avoir le goût de la lecture et je ne crois pas que, même devant la Cour d’Angers, on puisse me condamner pour avoir dit cela. Puisqu’il s’intéresse à la question agraire, je lui recommande une petite brochure ; elle est intitulée : Villeneuve- Saint- Denis ou la Grande propriété; c’est l’œuvre d’un maire de village, M. Levesque, dont j’ai déjà parlé à propos de La Chasse et ses abus.

L’auteur n’a point de prétention à être écrivain et il sera étonné si je lui dis ici que pour ceux qui pensent, cette plaquette est plus suggestive, plus intéressante mille fois que les amplifications de rhétorique pornographique que Zola appelle prétentieusement : La Terre.

Écrire ceci, c’est aller, je le sais, contre l’opinion de quelques académiciens qui, visiblement, sont attirés vers Zola.

M. Levesque nous montre ce que Zola n’a pas su voir : la vie réelle d’un village voisin de Paris en 1890. Ces pages semblent comme le commentaire de ce que

les Pères de l'Église ont écrit sur l’exécrable pouvoir de l’argent. Dans ce village, tout meurt sous le souffle de cette propriété sans devoirs qu’a créée laRévolution. N’en déplaise à Jeanvrot, c’est bien là la vraie Main- Morte, la main qui fait mourir.

Les millionnaires juifs pressent le petit paysan français comme dans un étau. On l’assiège, on l’investit, on met des grillages autour de lui ; emprisonné dans ce réseau de fer, il n’a même plus le droit de se mouvoir chez lui ; on tue devant sa porte ses animaux domestiques, son chien ou son chat, et il ne lui est pas permis de se plaindre. Si le malheureux s’aventure à la lisière d’un bois de Juif pour y faire pipi, au nom des principes de 89, cela lui coûte vingt francs.

— Vingt francs?

— Parfaitement... c’est le système féodal. Le Juif a le droit de haute et basse justice, et le garde du Juif met le vilain à rançon. Si le paysan résiste, on ira au juge qui est le complaisant et le parasite du châtelain, et le récalcitrant en aura pour cent francs ; il aime mieux verser vingt francs tout de suite (1).

Tout meurt, encore une fois, autour de ces hobereaux sémitiques ; ils ont absolument dénaturé la propriété qui, dans le droit chrétien, était tempérée par la Coutume, par les tolérances et les droits d’usage, grevée d’une sorte d’hypothèque de la Pauvreté sur la Richesse.

Au hameau de la Denicherie, grâce à la faculté qu’avaient les femmes du pays d’aller couper de l’herbe dans le bois, il y avait trente vaches dont le lait nourrissait les enfants et qui aidaient les pauvres gens à vivre ; il y en avait encore une en 1889, au moment du Centenaire ; il n’y en a plus en 1890...

(1) « Oui, écrit M. Levesque, il faut être du pays pour y croire et ici je ne parle que pour Villeneuve-Saint-Denis: mettre le pied sur la lisière du bois pour ramasser un champignon, cueillir une pincée de muguet ou satisfaire un besoin naturel ; passer sur un

PAROLES TESTAMENTAIRES

La dernière vache ! quel joli sujet pour une fantaisie I ociale !

Vous entendez d’ici le dialogue de la vache et du Juif. La pauvre vache française veut manger un peu l herbe et le Juif, venu en haillons en France et prolétaire maintenant, grâce à ses vols, de châteaux listoriques, de chasses princières et de parcs immenses, lit à la vache : « J’ai des gardes à ma livrée, tu n’as tas le droit de paître en mon herbage. »

La femme du paysan s’obstine et va couper de la erdurette à la dérobée. Alors le juge intervient.

, Vous le connaissez ce juge des environs de Paris ; est à la fois le bouffon attitré et le bourreau gagé du hâteau.

a Quand Michu, le paysan indépendant, la mauvaise ete du village, manifeste l’intention de faire respecter ss droits on envoie une invitation à dîner au juge, ur son siège le juge pense au bon dîner qu’il fera dans 1 belle salle à manger seigneuriale; il est implacable our le moindre délit commis contre la sacro-sainte ropriété du Juif. Au dîner, il se vante de sa férocité à t vieille baronne peinte jusqu’au nombril, gantée jus¬

tin de terre inculte, en plein hiver, sans causer le moindre délit sans autre intention que de raccourcir son chemin, c’est s’ex- I >ser à des procès et à toutes sortes d’avanies, et ces procès sont irfois si ridicules que celui qui les a faits n’ose en saisir les trimaux compétents; alors, pour être sûr d’avoir raison, il rend la stice lui-même de la même façon sommaire que voici : il envoie re aux prétendus délinquants : « Si vous ne versez, sur l’heure, tre les mains de mon garde (ou de tel ou tel) 20, 40 ou 50 francs’ procès va partir », et les malheureux, effrayés, ne se le font s dire deux fois : s’ils n’ont pas d’argent, ils en emprunté, quelle abomination ! Cette façon de s’ériger en juge sans andat officiel et de se faire livrer de l’argent par ce °moyen icite ne constitue-t-elle pas un délit prévu et puni par la loi?

: « Si un de nos chiens s’échappe et fait peur à un perdreau, vite fiancs, 20 trancs d amende, si toutefois on le tue pas. Quant r x chiens de ces Messieurs, ils ont le droit, bien entendu, devabonder à leur aise, de nous mordre à l’occasion et d’étrangler s chats... »

qu’au coude : « Votre Michu ! je l’ai salé, celui-là... Il en a pour un mois. Ah! le gaillard ! nous le reléguerons s’il le faut. »

Et le juge rit bruyamment... La baronne, plus distinguée, ne rit que du bout des dents ; elle regarde amoureusement un jeune gentilhomme encore plus distingué qu’elle. Le jeune homme, lui, ne rit pas di tout. Il est venu pour tirer la forte carotte au baron mais il s’aperçoit que la baronne lui fait des yeux doux et il se dit qu'il faut en passer par là. Il se console er pensant qu’un peu plus tard, quand il en aura assez de la mère, il aura la ressource d’épouser la fille...

Le triomphant là-dedans, c’est le Faisan. La bête hé raldique et stupide est passée animal sacré. Cvbèleavai ses prêtres, les Orgiaques, qui battaient constammen du tambour autour de ses sanctuaires ; le faisan a se serviteurs qui tout le jour sifflent, jouent de la crô celle, remuent des instruments bruyants pour l’empê cher de déménager. On ne trouve dans les prisons de départements qui entourent Paris que des gens qu sont là pour des histoires de faisans...

Il ne suffit pas de lire, il faut voir. Si Jeanvrot veu venir causer avec moi dans un de ses voyages à Paris je l’emmènerai aux Vaux de Gernay.

C’est là que la baronne Nathaniel de Rothschild es installée dans l’abbaye fondée par Simon de Montforl connétable de France, et qui fut habitée par Blanch de Castille.

Naturellement les Juifs ont agi là comme partout e apporté la mort et la ruine avec eux. Il y avait là de moulins qui tournaient joyeusement depuis cinq ou si cents ans ; les Rothschild ont voulu les acheter , le meuniers ont refusé. Qu’ont fait les Rothschild? Ils or installé d’autres moulins qui travaillèrent à moitié pri et les meuniers ruinés ont du partir.

Par une splendide journée d’automne comme cell où j’écris, Jeanvrot aurait là un intéressant spectacle

PAROLES TESTAMENTAIRES

Dans une propriété immense, une masse de graisse resqu 'inerte, une montagne de chairs œdémateuses >t vautrée dans une espèce de palanquin; derrière le ilanquin on promène une chaise percée... L’homme ne 3 ut guère se retenir, il craint, s’il s’accroupissait, de effondrer et il chasse avec sa chaise percée derrière ii ! Car cet homme chasse, il presse d’un doigt tremlant la détente d’un fusil et il abat dans le tas des estioles, des créatures du bon Dieu. Cet infirme a un •essaillement de joie quand il a supprimé une de ces 3tites vies ailées.

Quel tableau saisissant pour ce puissant et étrange sionnaire de Villette! Le paysage dramatique des aux de Cernay, des jeux de lumière autour des ’bres, de ces amusantes arabesques de lumière qui, ms les taillis, à l’automne, donnent des tons singuers aux bruyères lilas et aux fougères déjà jaunies!... ; Arthur de Rothschild à moitié mort dans son palannin avec sa chaise percée derrière lui...

Dans le lointain, au bout de ces allées de parcs qui, 1 cette saison, vertes encore à l’entrée, prennent des intes orangées dans les fonds, on pourrait mettre un wpe de radicaux, de ces faux amis du Peuple qui taquent toujours les Sœurs de Charité et ne parlent mais des Rothschild : Brisson, Clémenceau, Pelletan, Dckroy, Maret. Insensibles à la beauté du site, ils ont de regards que pour cet homme qui pourrait leur mner un peu d’or ; ils ont bien envie de s’offrir pour rcher ; seulement, on n’en veut pas : on trouve qu’ils ont pas les mains assez propres...

C’est égal, les Juifs n’ont pas mis longtemps à réveil à leurs vomissements contre l’Eglise. Ce n’est pas ur faute : ils sont comme cela.

Je vois encore ce pauvre Henry de Pêne assis dans i fauteuil au pied de mon lit, au moment où j’étais essé et me disant cette parole profonde : « Arthur eyer, on est injuste pour lui... Je vous assure qu’il a

26 LE TESTAMENT d’UN ANTISÉMITE

du bon, seulement il faut qu’il reçoive tous les mois ui coup de pied dans le derrière; quand cela lui manque

il devient insupportable... »

Quand il a peur, le Juif est vraiment charmant. Nou avons vu cela aux environs du 1er Mai, au temps où de banquiers archi-millionnaires nous faisaient visite; il étaient tout à fait bien élevés, ils demandaient l’heur à laquelle ils pouvaient venir, ils nous racontaient de anecdotes et ils étaient souvent très intéressants écouter. Je médisais: «Décidément la société com mence à se réorganiser, chacun se met à sa place. »

Malheureusement, cela ne dure pas. Dès qu’ils s croient les maîtres, les Juifs retournent à leur goujc tisme premier.

A chaque instant on assiste dans la vie parisienne des scènes qui justifient ce que je dis. i

Qui ne se rappell la jolie histoire arrivée cette anné aux courses d’Auteuil? Un de nos amis qui est un ant sémite déterminé, donnait le bras à la comtesse deX* qui fut longtemps et qui est encore une des reines de! véritable élégance.

Une baronne de haute baronnie qu’on appelle dans monde « la Bécasse impertinente », passe devant comtesse sans la saluer. La comtesse interpelle l’insi lente et lui dit : « Qu’est-ce que c’est que ces manière: là? On vous fait beaucoup trop d’honneur en vous r cevant et vous ne répondez à ces bons procédés qi par des grossièretés. Je vous défends de vous repr senter chez moi. »

La baronne est au désespoir; elle dépêche une am complaisante à la comtesse pour négocier le retour c grâce.

— Soit! répond la comtesse, mais dites bien à cel qui vous envoie que j’exige qu’à l’avenir non seulemei elle me salue la première, mais quelle salue mes ami mon cuisinier et même mon chien...

La baronne accepta ces conditions et les exécu avec une bonne grâce infinie : elle rencontra le euh

PAROLES TESTAMENTAIRES 37

j nier dans la cour et lui fit compliment sur ses sauces ce dont cet homme fut heureux,* elle caressa civilement le chien qui parut flatté de cette attention.

La baronne en question, d’ailleurs, a la spécialité de recevoir de semblables leçons. C’est elle qui s’attira cette jolie repartie qui a le ton du dix-huitième siècle. Elle arrive un jour chez une amie du Faubourg1 et lui dit : « Ma chère, je suis désolée, je ne suis pas contente de mon concierg-e, je viens de le mettre à la porte. Ne connaîtriez-vous pas un vieux gentilhomme à qui cet emploi conviendrait? »

Ne faites pas cela, baronne, répondit la dame à laquelle elle s’adressait, tout le monde s’arrêterait à la loge et personne ne monterait plus chez vous.

L impertinence bete est la spécialité de cette branche-la. La fille a hérité de la mère sous ce rapport.

Un jeune homme de la haute société parisienne, le comte de X***, avait le cœur brisé à la suite du départ d’une grande dame espagnole à laquelle l’attachait une profonde affection. Il vient rendre visite à la fille de la « Bécasse impertinente ».

Eh bien, mon cher comte, vous devez être bien triste. Madame Z*** a quitté Paris. Vous avez, d’ail- I leurs, des compagnons de douleur... Il parait que vous tétiez pas le seul...

Mon Dieu, madame, on dit tant de choses... On lit que madame votre mère est depuis vingt ans la maîtresse du baron Y***. Est-ce vrai ?

Avec le Juif, il semble toujours qu’on assiste à la olie scène par laquelle s’ouvre une des meilleures Dièces de Barrière : Les Parisiens.

Desgenais arrive et trouve dans l’antichambre un ?rand laquais, le chapeau sur la tête. Desgenais lève loliment son chapeau et dit au domestique: « Mon ami, luriez-vous 1 obligeance de me dire si votre maître est dsible ? »

Le valet toise Desgenais et, sans se découvrir, en

étouffant un bâillement, il répond par-dessus l’épaule :

« Je n’en sais rien. »

D’un coup de badine Desgenais fait sauter le chapeau de l’insolent.

Alors le valet s’incline jusqu’à terre :

— Qui aurai-je l’honneur d’annoncer?

Le Juif, c’est l’Oriental: il ne connaît que le coup de matraque ; dès que vous lui parlez poliment, il vous croit faible ; dès qu’il vous croit faible, il cherche à vous piétiner.

Avant le 1er Mai, Blowitz n’a pas dit un mot contre nous. Quinze jours après, alors que nous -paraissions vaincus, il racontait, dans le Times , que les Antisémites avaient voulu faire assassiner M. Cornélius Herz par un homme qu’aucun de nous n’avait jamais vu et qui, d’ailleurs, n’a jamais assassiné personne.

Je sais ce que vaut le Times : c’est la feuille vénale par excellence; Times is money , dit le proverbe. Je voulus cependant avoir le cœur net de cette romanesque invention; j’allai chez M. Amiel que je ne trouvai pas, mais qui, quelques jours après, protestait avec énergie, dans YEclair , contre les mensonges de Blowitz. Un mois après, j’appris qu’il était mort subitement. C’est ainsi qu’a fini l’histoire...

Pourquoi les Juifs se gêneraient-ils?

Un de mes confrères, auquel je parlais de Blowitz, me racontait un petit fait qui montre la bassesse du gouvernement devant ces gens-là.

Notre ami assistait, avec les autres représentants de la Presse, à l’inauguration de l’Exposition. Tous étaienl en habit, cravate blanche. Quelques-uns seulement avaient conservé leurs pardessus.

Arrive un aide des cérémonies quelconque, M. Protocole, en un mot, chargé d’organiser le cortège ; i s’adresse aux journalistes d’un ton rogue et leur dit :

— Vous ne pouvez pas garder vos pardessus... C’esl contraire à l’étiquette.

PAROLES TESTAMENTAIRES

— "V oyons, vous plaisantez. Nous sommes en habit noir, il fait très frais... Nous avons parfaitement le droit de garder nos pardessus.

— Otez vos pardessus, vous dis-je.

— Pardon, monsieur Protocole, quel est donc ce gros poussah, portant la croix d’officier de la Légion d’honneur, qui figure dans le cortège présidentiel avec un veston de chambre bleu clair et un pantalon à grands caireaux?... Ceiui-là, vous ne lui faites pas d’observations.

Oh! celui-là... celui-là... répond Protocole avec respect, c’est différent! Cest M. de Blowitz... En voilà assez. Si vous ne retirez pas vos pardessus, je vous fais expulser.

• Vous voyez d’ici le laquais, plat devant le Juif étranger, grossier devant des écrivains français.

J’ai demandé le nom de ce personnage à mon confrère ; il 1 ignorait. Ce doit être un de ces Juifs allemands dont le Badois Spüller a peuplé le ministère des Affaires étrangères pour qu’ils puissent exercer plus facilement leur métier d’espions.

Je crois avoir nettement indiqué au lecteur perspicace les causes qui ont momentanément empêché l’Antisémitisme de prendre dans les faits la place qu’il occupe dans les idées.

Il serait injuste de me reprocher de ne pas avoir vu clair. Il s est rencontré à toutes les époques de décadence des politiques qui ont échoué dans leurs généreux desseins parce que le milieu était tellement corrompu que le salut n’était plus possible. Il y a des gens qui viennent trop tôt et des gens qui viennent trop tard.

Il se trouvait probablement à la bataille de Rosbach un sergent qui avait le génie de Hoche et qui voyait distinctement comment on aurait pu gagner la bataille; il a battu en retraite avec ses camarades et il est allé mourir dans un coin de la France sans que personne ait jamais entendu parier de lui. Tolstoï, dans quelques

lignes dune très fine psychologie, nous a très bien montré que Bismarck n’avait rien d exceptionnel. L’unité de l’Allemagne avait été rêvée bien longtemps avant lui par des gens qui sont morts très inconnus ; le seul mérite de Bismarck fut d'arriver dans des circonstances particulièrement favorables.

A une autre époque, j’aurais pu trouver d’ardents concours et sauver la France en la débarrassant de l’exploitation de la Juiverie. Je n’ai rencontré aucun appui chez les représentants des classes dirigeantes.

En naissant, la Ligue antisémitique a sucé, comme dit Shakespeare, «le lait amer de la Pauvreté » ; elle est mariée à la Pauvreté. Il semble qu’elle ait, comme 1 aimant, une propriété sut genevis ; 1 aimant attire le fer,

nous éloignons l’or...

Le cas est même tout à fait extraordinaire ; on dirait une vocation spéciale, car enfin il y a de 1 argent a la disposition des entreprises les moins faites pour inspirer le sacrifice. Les etres bizarrement organisés donnent des sommes considérables pour la campagne anti-esclavagiste et l’on m’accordera que les moricauds du Congo sont beaucoup moins intéressants que les nègres blancs dont le Juif trafique. Certains déments ont la passion du rond de cuir: ils lèguent leur fortune à l’Assistance publique, qui laisse des familles entières s’asphyxier faute du plus modique secours. Les auteurs de ces testaments singuliers meurent heureux en pensant que l’état-major de M. Peyron mènera une existence confortable, grâce aux legs qui auront été faits aux indigents.

Nous n’avons jamais trouvé un brave homme qui aimât assez sa Patrie pour seconder nos efforts. Ce n’est pas nous qu’on embarrasserait en nous disant : « D’où vient l’argent? » Il ne vient pas...

Savez-vous, après l’immense mouvement produit par nos publications dans le monde entier, ce que nous avons reçu pour la propagande antisémitique ?

J’ai reçu un jour 5,000 francs du marquis de Morès,

PAROLES TESTAMENTAIRES

et nous 1 avons béni. Malheureusement, au moment de a campagne électorale, Morès m’a repris ces 5 000 fr. * n en parlons donc pas. Ces 5,000 francs étaient destinés a faire du bruit; il n y a donc rien d 'étonnant à ce que cet argent, ^ venu parla trompette, soit parti parle tambour; c est probablement pour cela que Mores en

me le remettant, m’avait dit : « Ce sera un fonds’ de roulement. »

Un gentilhomme de Normandie qui, d’après ses ettres, doit etre un esprit fort remarquable, mais que

foOO francsttlS ^ aUtrement’ m'a envoyé un jour

Enfin, j ai reçu 1,200 francs en diverses fois d’un de mes amis fort riche, très préoccupé de la question sociale, mais qui n’est pas antisémite, et 300 francs d’un

de mes confrères républicain et absolument librepenseur.

Les frais de la propagande antisémitique n’ont jamais ete considérables, grâce au dévouement individuel des membres du comité. Ils ont tous été couverts par les petites cotisations des membres de la Ligue, cotisations

on 3^Aa/1CS’ duel{Iues-unes, mais en petit nombre, de a 50 francs.

La publication de ces chiffres réjouira certainement le Cahen des Archives israélites , qui y verra une preuve de notre impuissance ; elle me réjouira aussi, car elle me semble un excellent document social : nous sommes donc contents tous les deux.

Cahen, par exemple, aurait tort de tirer de ce fait une preuve que les Juifs sont aimés : ils sont universellement détestés partout ; seulement les Français amollis d aujourd hui n’ont pas l’énergie nécessaire pour faire ce qu il faudrait pour s’en délivrer.

Quel témoignage plus complet de ceci que ce qui se passe dans les cercles ! Le premier mouvement de gens meme qui ont dîné chez les barons juifs ou qui ont été igurer dans leurs fêtes est de voter contre eux.

LE TESTAMENT d’üN ANTISÉMITE

Edouard de Rothschild, le fils d’Alphonse, en sait quelque chose : après avoir été blackboulé avec enthousiasme au Jockey-Club et à f Union, il se rabattit sur le C ercle de la rue Royale ; il y reçut le même accueil. Il essaya de l’Epatant ; il en fut honteusement éconduit.

« Bonne renommée, dit à cette occasion un des membres les plus spirituels du Cercle, vaut mieux que lorgnette dorée. »

Édouard de Rothschild ne se découragea pas. Le père avait pleuré de cet échec en plein Cercle, mais il n’avait pas exhalé de protestation bruyante ; on lui sut gré de cette humilité, et, au mois de janvier dernier, le rejeton des Rothschild était admis rue Royale.

Le malheureux Hirsch resta seul à la porte.

Au risque de donner raison à mon spirituel confrère, Paul Foucher, qui a prétendu, dans le Gil Blas, que le baron Hirsch m’avait acheté Bob 600,000 francs pour le faire entrer dans son écurie de courses, je dois dire que celui-là commence à m’inspirer une certaine admiration. Cette opiniâtreté dans la lutte n’est pas d’une âme commune. On a tout essayé pour faire entrer ce Juif dans le monde. Le prince de Sagan, qui avait ouvert la campagne, a succombé à la peine ; le général de Biré a été abandonné comme insuffisant. C’est le sauvetage de Barberousse dans le Cydnus :

Ea vain les plus forts accoururent,

Soixante-deux marquis, deux comtes y moururent.

Ce fut en vain...

Le prince de Galles et le duc de Chartres s’v sont alors mis eux-mêmes ; ils se sont adjoint le duc de la Trémoille et, au mois d’octobre dernier, on les a tous vus s’embarquer dans l’Orient-Express pour aller chasser sur les terres du baron. Pendant la route, le baron était heureux et gazouillait...

En homme pratique, le prince de Galles avait son plan ; il comptait glisser le baron dans un paquet, et il écrivit au comte Festetics qu’il allait venir le voir avec

PAROLES TESTAMENTAIRES

quelques amis. Le baron était rayonnant. Le lendemain arrive une lettre, dans laquelle le comte Festetics disait qu’il était certainement très touché, mais qu’il aimait mieux renoncer à l’honneur que voulait lui faire le prince de Galles, que de recevoir le baron !

L’héritier de la couronne d’Angleterre et le duc de Chartres se remirent en wagon, en se disant que leur colis était décidément difficile à placer. Le baron ne gazouillait plus...

Le Truth de Londres, qui a consacré aux infortunes du baron une partie de son numéro de Noël, et qui l’a même célébré dans une complainte, a fixé cette scène douloureuse. Les gens de la suite sont allés frapper à la porte du château des Festetics ; le prince de Galles et Hirsch attendent au dehors. Le prince de Galles a l’air vexé et grognon ; quant au baron juif, coiffé d’un chapeau tyrolien et armé de pied en cap pour la chasse, il prête l’oreille avec une expression d’angoisse qui attendrirait un tigre.

Qu a-t-il fait, cet homme, pour qu’on le traite comme cela ? 11 n est ni plus ni moins scrupuleux que les Rothschild, les Ephrussi, les Camondo, les Stern, qui constituent l’ornement du Cercle de la rue Royale ; il a donné aux grands seigneurs tout l'argent qu’ils ont voulu; il a pris lord Reresford pour chef de ses écuries, il est grand officier delà Légion d’honneur, grâce au duc Decazes.

Il n’a pas de chance, voilà tout; c’est une malhonnêteté méconnue. Un de ses gardes, obéissant à la consigne leroce des propriétaires juifs, tire sur un officier français qui passait avec son chien dans les bois de Versailles qui sont devenus le domaine du baron; il manque 1 officier et tue le chien... Gela arrive tous les jours, et les journaux républicains estiment que cela est 1res bien. 11 se trouve que l’officier, M. de F***, est un es membres du Cercle, qu’il a du sang sous les ongles etqu il déclare que si le baron est reçu, il le soufflettera e Jour où ü mettra les pieds dans le salon.

44 LE TESTAMENT d’üN ANTISEMITE

Le baron s’obstina. Le Cercle ne veut pas de lui ; il achète, moyennant 2 millions 700,000 francs, la maison où était le Cercle et il annonce qu’il va mettre à son tour à la porte ceux qui l’ont évincé. C’était une faute encore, le baron le comprit et, raisonné par ses amis, il se refit humble, il renouvela le bail aux mêmes conditions qu’auparavantet dit à ces hommes cruels : « Soyez heureux, mais laissez-moi espérer qu’un jour... »

Ne vous y trompez pas : c’est là la plus jolie documentation que vous puissiez avoir sur le Juif.

Songez en effet que celui qui, en présence de tout Paris qui rit, prend ainsi cette posture de pauvre chien assis sur son postérieur et faisant le beau éperdument devant des barbares qui l’envoient coucher, est déjà un vieillard, qu'il a six cents millions, qu’il est dans la vie ordinaire le plus brutal, le plus grossier des hommes, infiniment plus arrogant que les Rothschild...

Vous aurez la clef du caractère juif. Le Juif n’a pu arriver à ce sentiment de l’honneur, à ce respect de soi-même, à cette fierté native, qui sont propres aux races supérieures et qui étaient habituels aux plébéiens d’autrefois. Les siècles ont passé sur lui sans le modifier ; il est resté l’homme des vieilles civilisations orientales, se roulant la veille dans la poussière et le lendemain mettant son talon sur la tête des autres.

Ainsi que je vous l’ai démontré, ces grandes escroqueries financières ne sont même pas des conceptions originales ; ce sont des machinations d’enfants très voleurs, des tromperies de sauvages très corrompus. Quand son désir le tient, ce prétendu civilisé n’est retenu par rien ; pour le coup de Bourse à faire ou pour la bassesse à accomplir, il n’est pas arrêté par la pensée du jugement que portera sur lui le prochain... Croyez bien que, si cela devait assurer son admission, le baron Hirsch se mettrait à genoux en bas de l’escalier du Cercle de la rue Royale, quitte à se montrer, une heure après, plus \nsolent que jamais...

PAROLES TESTAMENTAIRES 45

Ces velléités de révolte ne durent pas, d’ailleurs dans aristocratie Le lendemain, le Juif reprend possession d etres faibles qui, après tout, ont besoin de lui. Alors meme qu ils sont indépendants parleur situation es représentants de la haute société parisienne se mettent entre les mains du Juif par paresse- ils ne peuvent pas faire un pas sans avoir un Juif pour les g-uider, leur montrer le chemin.

Quant a nous, nous avons fait notre devoir :

Nous avons indiqué aux Conservateurs où était la Voie la \ente et la Vie. Nous leur avons dit : « Appuyezvous sur votre race, reprenez votre force comme Antée en embrassant la terre natale ; avec une telle base vous etes invincibles... Au commencement on ne comprendra pas très bien, car l’instinct de race est momentanément submerg-e et noyé sous les idées du cosmopolitisme juif mais ce sentiment permane au fond des âmes comme le granit au fond de la mer. Les escroqueries, les exactions, les coups de Bourse des Juifs allemands travaillent pour vous; a chaque méfait commis, montrez du doigt le coupable, le financier, le Juif, et l’on finira par rega?der dans la direction de votre doigt. Tous ceux qui soutirent du système juif se grouperont autour de vous qui représentez l’idée de Patrie, et une explosion se produira qui jettera les corrupteurs et les envah sseurs hors de la frontière. »

On sait comment les Conservateurs nous ont écoutés. Les mieux disposés d’entre eux, tout en nous aimant’ nous déclaraient compromettants et, pour ne pas se compromettre avec des gens auxquels on n’a jamais pu rien reprocher contre l’honneur, ces hommes circonspects se mirent avec le Boulangisme, ils s’unirent publiquement à tous les aigrefins, à tous les sacripants à tous les marlous de Paris !...

On a versé des flots d’encre sur le Boulangisme, écrit

hmr ti deS volumes assez nombreux pour meubler une 10 cque, et, malgré tout, on prête encore attention des qu on en parle.

LE TESTAMENT d’üN ANTISÉMITE

Pendant huit jours, les gens qui avaient vu, de leurs balcons, la descente de la Courtille, la vraie, la grande descente, avaient dans les oreilles la rumeur de ce fleuve humain charriant, pendant des heures et des heures, toutes les ivresses, toutes les abjections, toutes les ignominies, toutes les prostitutions, toutes les crapuleries d’une capitale comme Paris; au moindre tumulte dans la rue, ils ouvraient leurs fenêtres et se disaient : « Ce n’est pas fini ! Il y en a encore. Ce sont des retardataires qui arrivent... »

La France est ainsi ; c’est en vain que le temps s’écoule ; elle n’a pas encore oublié cette liquidation ; elle a toujours présent à l’esprit ce cortège inoubliable, invraisemblable et fabuleux, où tendrement enlacés, déambulant bras-dessus bras-dessous, marchaient pêlemêle les duchesses et les cocottes, les ducs et les souteneurs, les membres des grands Cercles et les habitués du ruisseau, les vieux parlementaires et les ruffians, les camelots de toute provenance, les déclassés de tous les partis, les escrocs de tout poil, les faiseurs de toutes les catégories, les rastaquouères de tous les pays,1 les candidats à la députation les plus inouïs : Médéric Roux avec son nègre; Chevial, l’ancien teneur de baraques foraines; Abadie, le frère du valet de chambre de Mme de Bonnemain. Au milieu, comme le notaire que, dans l’ancien carnaval, on apercevait dans une calèche, très correct parmi les débardeurs et les chicards, Mackau, plein de gravité, représentait l’Ordre et la Religion...

C’est aussi pittoresque, on peut le dire, que la Révolution : c’est la frénésie de la boue au lieu de la frénésie du sang. C’est, comme il y a cent ans, un monde qui s’en va; seulement, au lieu de s’en aller dans la charrette sinistre, « la bière roulante », il s’en va dans un tombereau à ordures.

On s’accoutume à la boue comme au sang. Dans les prisons, les grands seigneurs et les grandes dames fraternisaient avec leur perruquier; pour passer le temps, on s’amusait à placer deux chaises l'une sur l’autre

PAROLES TESTAMENTAIRES

pour figurer la bascule et à s’entre-guillotiner pour rire en attendant qu’on fût guillotiné pour de bon Amour! d hui, les plus pudibonds sont les premiers à rire de bon coeur quand ils ont été bien éclaboussés.

a ri1 e,U^ ^ y a quinze ans, qu’on verrait iamai« Albert de Mun dans des histoires pareil] es ? '

il e J nîT” T3’ de.Mun’ est jeune, éloquentet beau, il est 1 incarnation même de l'honneur, un chevalier de

a i oi, un gentilhomme sans tache, prenant la défense

vres et les’ ZiïZÎ “ a tant aimé ,es pau'

Quinze ans après, le voilà recommandant à ses éleceurs de Lorient, appuyant près de Lambilly, un aventurier du dernier étage ! * ’

J^ZST'. ? n y ®,pas le moindre doute. Tout Pacomte !! tn1,e,X1Sftence de cet «range personnage, de ce

au'- moitié rfl * PaS C°mte’ de ce père qui n’était P^e qu a moitié de ce pauvre qui se disait riche et qui n’est

nd e que depuis qu’il se dit pauvre... Gela n’a pas em

teins11 deefEdreSdqUatfîfS’ !®S ,PlUS huppés’ les plus hautams de^ laire de cet homme leur ami.

Qm eut dit, il y a seulement six ans, que de Mun un ^îuer, un gentilhomme figurerait dans un comité avec

'omntes ®®cJ*et^e d’une fille, l’homme qui tenait les ' ltes et Portait les messages de Blanche d’Antignv

:«r„s;*ll*,ui,r,we «•>— * - «c

■oîrme nlde à1écfui70cIuer ^-dessus; il n’y a pas à dire, :N“ e dlsad encore il y a quelques années:

>esoo-nes7n. °y°nS Meyei\comme agent pour de basses existait „ n°UStne;oudrlons pas faire nous-mêmes.» i bourse I lCT u aCÜOn r°yaliste. le « comité de u même «le nUCheSSe>>.’ et>. dans ce comité, figuraient •reteuil le"3’ ans ™e égalité absolue, le marquis de ^rthur Meyer” ’ lecomtedeMartimpreyet...

pas, moi 5^ ai affirmé cela, et certes je l’aus su que Jaurais Wsité à le raconter. Ce sont les

LE TESTAMENT d’üN ANTISÉMITE

royalistes eux-mêmes, les renseigneurs des Coulisses du Boulangisme pour tout ce qui concerne le parti monarchiste qui nous ont révélé ce détail.

Dans ces conditions, j’ai parfaitement le droit, au point de vue de l’histoire sociale, d’exprimer les réflexions de tous les Parisiens qui ont vu débuter Meyer, de traduire l’espèce de haut-le-cœur attristé qu’a excité un pareil assemblage.

Le comte de Martimprey m’enverrait vingt-cmq témoins, j’aurais la poitrine traversée départ en part par une épée qui me sortirait dans le dos, que je lui dirais encore, si je pouvais parler: « Quand on est le fils d’un général respecté de tous, quand on a porté soi-même l’uniforme, il faut avoir le sens moral rudement atrophié pour figurer dans un comité, à côté d’un homme qui a déshonoré l’épée. Il y a une chose sur laquelle un Français ne devrait pas cracher, c’es l’honneur de l’épée, et ce sentiment, vous auriez di l’éprouver, non seulement pour vous, mais pour lei enfants que vous aurez ou que vous pouvez avoir. »

Rien n’était plus simple, en effet, on l’avouera, poui ces gentilshommes et ces officiers, que de dire : « Noui conspirerons avec des bandits, si vous voulez, mais ja mais avec des Juifs, des macs et des lâches. »

Le seul là-dedans qui sera juste pour moi, c’est Al bert de Mun. Au fond, il trouvera que j’ai raison.. C’est par cette sincérité que cette âme gén éreuse e belle se révèle toute différente des êtres pharisaïque qui l’entourent. C’est sous cet aspect qu’apparaîtra voilée de plus en plus de mélancolie, cette physionomi attachante et toujours noble même dans ses faiblesses De Mun sait mieux que personne combien je l’admire e je l’aime et combien aussi, par tant de côtés, il mérit cette admiration et cette affection qu’il inspire à tous il jugera tout naturel que, voulant faire des livres véri diques, j’écrive toujours sous l’impression de ce que j vois et de ce que je ressens.

En réalité, de Mun est resté ce qu’il était il y a quinze

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ans; il ne s’est pas vendu, il ne s’est mêlé à aucune opération financière; c’est le milieu, « l’environnement», disent les Anglais, qui ont changé et qui lui font accepter ce qu’il aurait jadis rejeté avec indignation. 11 n’a pas fait de chute, il est descendu progressivement avec tout le monde, à mesure que le sol s’effondrait et que la France descendait; il a dégringolé avec la maison.

Les Juifs nous ont fait une société à l’image de leur âme, et cette société de laquelle toute notion de pudeur ou d’honneur a disparu, devait être la société que nous vovons. Il faut être avec nous ou avec eux. Les Con-

servateurs, de Mun en tête, ne veulent pas être avec nous et réagir contre ce qui triomphe : il faut bien qu’ils soient avec les Juifs, et en conséquence qu’ils s’adaptent à un régime qu’ils refusent de combattre ouvertement . Du moment où l’on vit avec les gens, il est nécessaire d’accepter leurs conceptions, leur mentalité, leur façon de juger les questions de conscience, autrement la vie sociale serait un Enfer.

En définitive, ce sont les Juifs qui ont fini par tout conduire dans cette campagne boulaugiste, qui est une des plus admirables opérations d’Israël. Les Juifs ont compris que l’époque était climatérique, qu’il allait fatalement se produire un mouvement de réaction, de protestation nationale contre l’exploitation judéo-germaine qui dévore la France depuis quelques années. Si, au J: eu d’être un Mecklembourgeois, le comte de Paris a^eit eu du sang français dans les veines, il se serait mis à la tête du mouvement ; il lui aurait donné le sens d’une reprise de conscience de l’âme gauloise contre la tyrannie sémitique. Il n’y a pas songé une minute et les Juifs, très habilement, se sont emparés de ce mouvement qui au fond était dirigé contre eux ; ils en ont fait une immense spéculation cosmopolite, interlope et boulevardière.

La fin répond au commencement : Israël sort couvert de gloire de cette aventure. Le Deutz de l’affaire, ce

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trembleur et ce traître de Naquet, qui le premier, er cachette de ses collègues du Comité national, sigma sor passeport à Boulanger, donna à ce général foirard 1( petit papier dont, du reste, il avait un pressant besoin nous est montré sous un jour presque héroïque.

Au moment où il fut question d’arrêter les membre! du Comité, ce bossu, aussi fourbe que poltron, resta dit-on, quarante-huit heures caché dans une malle, Mermeix ne nous a pas raconté cet épisode ; en revanche, il nous présente un Naquet arborant crânement le panache d'Àugereau et réclamant violemmenl un coup d’Etat : un peu plus, Mermeix affirmerait qu’i] était prêt à le faire tout seul. Quant à Arthur Meyer, que le même Mermeix traînait autrefois dans la boue, il nous le peint sous les traits du parfait galant homme.

Bref, il n’y a de déshonorés là-dedans que les gens de la Droite. Les collaborateurs royalistes des Coulisses ont trouvé bon de livrer à la publicité le nom de de Mun, mais ils se sont bien gardés de prononcer le nom du baron Hirsch.

Si je n’avais pas révélé la part prise au complot par ce Bavarois véreux que nos affaires ne regardent en aucune façon, le public aurait ignoré qu’il était là-dedans. Encore Mermeix jugea- t-il à propos de me démentir et de déclarer imperturbablement que le baron Hirsch n’avait rien versé. N'ayant pas de journal à ma disposition, je serais resté sous le poids de cette dénégation, si un aimable reporter XIX* Siècle ri &vait eu l’idée de passer à Soisy. Jamais interviewer ne fut mieux reçu et ce fut une joie pour moi de fermer la bouche à Mermeix par une déclaration catégorique, contre laquelle ceux qui l’avaient renseigné l’engagèrent à ne pas protester.

Naturellement, les Conservateurs qui se sont salis dans le Boulangisme ne voient pas tout cela ; ils ne se doutent pas du rôle qu’on leur a fait jouer, et au fond, ils trouvent qu’ils se sont bien amusés. Cette promiscuité avec toutes sortes de gens bizarres les a divertis.

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C’est le ton des salons actuels : on y rit de tout. Un )ir, on avait fait venir chez une fort grande dame la uneuse dompteuse de lapins, qui est la maîtresse 'un jeune duc.

— Présentez-moi donc à ma belle-sœur, dit en riant i sœur du petit duc.

— N’est-ce pas, mon cher, que c’est tout à fait fin de iècle? disait un marquis à un Russe de ses amis, en li contant l’anecdote.

— Excusez-moi, mon cher, répondit le Russe, je suis (ranger, je ne puis juger exactement; pour moi, je ?ouve que c’est un peu fin de France...

Vous essaieriez de démontrer à la duchesse d’Uzès u’elle a été roulée par les Juifs, quelle ne vous écouteait même pas. Et cependant, c’est une des meilleures, aais elle est de son temps; elle aime la réclame par-desus tout, elle éprouve le besoin de faire parler d’elle. )Ous ce rapport, elle ressemble un peu à Mme Adam.

duchesse d’Uzès c’est Mme Adam jouant du cor de basse...

En réalité, elle n’est pas grande dame pour un sou; :11e n’a pas, en effet, ce qui caractérisait les grandes lames d'autrefois : la susceptibilité en tout ce qui touche a bravoure.

« Je ne savais pas que ce fût chose si blonde que la •éputation d’un homme », dit Mme de Sévigné en son oli langage, à propos d’un officier mis au ban de la société, parce qu’on le soupçonnait d’avoir eu peur. La luchesse d’Uzès n’a point de ces délicatesses à la ühevreuse ou à la Longueville ; elle aime les lâches, die se promenait au bras du youtre Meyer, quand le népris public environnait cet homme ; elle continua à subventionner Boulanger alors que les filles de nos 'aubourgs qui avaient cru en lui, elles aussi, faisaient : < Pouah ! » quand on prononçait le nom du fuyard à amais déshonoré.

Sous le casque d’argent qui le coiffe, le bouchon de Champagne laisse apercevoir la marque Cliquot chère

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aux amis des joyeux festins. Sous la couronne ducale retrouve la bourgeoise, plus humaine, plus pitovaf peut-être que les patriciennes d’autrefois, mais du: âme moins haute et moins fière, ayant pour les défa lances de l’homme des indulgences que n’auraient j mais eues les aristocratiques héroïnes de jadis...

Ce qui est inouï, c’est l’attraction que la vie de théâtr les planches exercent sur tout ce monde. La duchés: est comme les autres, elle compose des drames comn le Cœur et le Sang ; elle les joue elle-même; on crû « L’auteur! l’auteur! » Et elle revient saluer le public A la seconde représentation, la duchesse s’habille e Cléopâtre !

Rien n’y manque ; pas même l’aspic.

Et celui de la Cléopâtre de la Porte-Saint-Martin, s’il voi plaît ! s’écrie Meyer. Un ami de la maison était allé à la di robée, voir Mme Sarah Bernhardt, et l’avait priée de h

piêtci un des serpents inoffensifs de son magasin d’aece' soires.

La grande artiste se dépouilla gracieusement d’un de se p us gentils reptiles, et ce n’a pas été la moindre attractio de la tête que ce petit pensionnaire rampant de M. Duques nel. La duchesse l’enroulait de temps en temps autour deso oras, le retirait devant les gentils petits cris des peureuses et en prévoyante hôtesse, lui faisait avaler du lait sans attendr sa demande. Encore un qui se souviendra de Bonnelles ave une reconnaissance émue (1)1

Est-ce d un grotesque assez délirant, cette mère d< famille respectable, cette quinquagénaire qui vient d( marier sa fille et qui sera bientôt grand’mère, et qui si montre à tous sous les traits de Cléopâtre !

Henry Monnier nous aurait raconté une scène de ce genre, que 1 on aurait crié à l’exagération et à la charge Les déboires n’ont pas affaibli la confiance que la duchesse a mise en Meyer; il la conduira jusqu’au bout, il la fera echouer dans un hôtel meublé, il la

(b) Gaulois, 17 décembre 1890

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ruinera elle, ses enfants et ses proches, en lui plaçant des fonds dans des banques d’Etats quelconques ; il mettra le duché d’Uzès en loterie, il fera fondre le Louis XIII d’argent qui est à Dampierre et porter à l’hôtel Drouot la Minerve ivoire, argent et or de Simart. Les d’Uzès elles de Luynes seront toujours contents.

Ces gens, d’ailleurs, n’ont à être ni contents, ni mécontents. Us appartiennent à Meyer, il a sur eux le double droit: le droit d’Asaka-Méropïé, droit d 'Asaha sur les propriétés (depuis les entrailles de la terre jusqu’aux profondeurs des cieux: lire le livre du Kahal) — le droit de Méropïé sur les personnes.

En Russie, en Roumanie, en Galicie les plus violents antisémites n’essaient jamais de résister au Juif auquel dans le Heder-Kahal a été adjugé le droit d’Asaka sur eux ; ils savent qu’il n’y a rien à faire et qu’ils n’ont même pas la permission de changer de Juif. Leurs moissons sécheraient sur pied, se pourriraient dans lesg'ranges, mais personne, à vingt lieues à la ronde, ne voudrait les acheter en dehors du Juif autorisé par le Kahal.

C’est la doctrine: tout appartient à Israël. Le Goy étant de la semence de bétail n’est pas un homme, il ne peut disposer de lui-même, toutes les propriétés des Goyms ainsi que les Goyms eux-mêmes sont Hefher [objet de libre exploitation jusqu’à la ruine). Pour éviter les compétitions et les rivalités entre les frères juifs et en même temps pour alimenter la caisse de la collectivité, le Kahal met en adjudication ces propriétés sans maîtres et ces hommes sans droits.

Toutes les tribus juives aident le coreligionnaire à faire valoir le droit d’Asaka-Méropïé ; Juifs de salon, Juifs de Cercles, Juifs d’antichambre, Juives de théâtre, Juifs de la Presse, ils travaillent tous ensemble et abattent de la besogne. Je sais un jeune seigneur à Paris qui devait un million avant d’avoir atteint sa majorité et sur ce million il avait reçu trois cent mille francs !

Quoiqu’il en soit, les d’Uzès et les de Luynes sont

dévolus à Meyer; ils ne doivent rien faire sans lui et er réalité ils ne font rien. Quand ils veulent s’échapper or les reprend comme des esclaves fugitifs.

Ce pauvre duc de Luynes, auquel la foule avait fai un si chaleureux accueil à la réunion de Neuilly, n’ose rait écrire une lettre sans la soumettre à Mever et c’es

en compagnie de Meyer qu’il se présenta chez Constam qui, certainement, a dû bien rire ce jour-là.

Tout la haute société en est là. Notre ami Morès < été victime personnellement d’actes d’improbité de 1< part de Meyer ; il m’a raconté cette histoire à moi même : il n’en a pas moins poussé la bonté jusqu’* déclarer en plein tribunal, à la stupéfaction de l’assis tance, que Meyer, l’homme qui saisit l’épée de soi adversaire de la main gauche pour le frapper plus sûre ment, était « un parfait galant homme ».

En descendant de wagon, Bocher, lorsqu’il revien d’Angleterre, passe chez Mever pour lui rendre compte de son voyage.

— Faites porter chez moi un consommé et une aile de volaille, disait Meyer à un garçon de bureau du Gaulois , devant un de nos amis...

— Est-ce que vous attendez... ?

— Oh! non... j’attends Bocher qui arrive ce soir de Sheen-House.

Vous voyez d’ici le tête à tête : le vieux Philippotard l’honnête homme à la mode de Louis-Philippe, faisan! médianoche avec l’ancien secrétaire d’une femme galante.

Il y a cinquante ans d’histoire là-dedans. C’est la défaite de l’Épicier ; l’Épicier, le Philistin comme or appelait le Bourgeois du temps de Louis -Philippe, a vaincu Cabrion, mais il a été vaincu par le Juif, ce qui du reste était arrivé déjà aux Philistins de Palestine.

Le prince aux yeux d’azur, le duc d’Orléans qui avait une minute éveillé les sympathies autour de lui par un coup de tête juvénile, est maintenant enjuivé comme les autres. Il s’exprimait jadis sur le compte des Juifs en

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fines particulièrement grossiers. «Je vais écrire aux ifs » était son mot quand il allait au lieu secret. Il y a iniques mois il promenait les Rothschild dans sa voire et tout Londres s’est amusé de lui quand il courait ns les coulisses après les jupes de la vieille Sarah îrnhardt.

C’est le triomphe du chand d’habits...

L’avez-vous entendu ce chand d’habits! dans cerns quartiers à certaines époques, au commencement l’hiver par exemple, au bord de nuit, quand tous les uits de la rue sont d’un retentissement particulier semblent avoir pour accompagnement la plaintive âlopée du vent glacé ou le grelottement des vieillards ès du foyer sans feu... Ce cri prend alors des intotions qui remuent, il est éploré d’abord comme un :missement, psalmodié d’une voix traînante : chand habits! puis clair, giorieux presque, lancé comme ie provocation : chand d'habits !

On s’arrête pour écouter et l’on suit l’homme qui m va dans le lointain ; indifférent à tout comme le oque-mort, excepté au gain, il chemine, la tête un peu sse sous un ciel blanchâtre et laiteux; il commente miquement le néant de la vie par le disparate assemîge des effets hétéroclites qu’il a ramassés dans sa urse et porte, pêle-mêle, des voiles de deuil et des uliers de bal, une robe d’été au corsage de laquelle ie fleur desséchée est parfois restée attachée, des ûformes sur lesquels brille encore un bout de galon. C’est ainsi qu’apparaît Arthur Meyer, fils de chand habits , chand d'habits lui même... A mesure que la se souffle et que la nuit se fait autour de nous plus aisse, cette silhouette semble grandir, prendre du lief, atteindre des proportions presque fantastiques, îtte marche à travers Paris ressemble à une ballade ; Henri Heine illustrée par le crayon réaliste de ifaëlli.

Avec sa tête de chemisier, son œil vitreux et rond,

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son immobilité de mannequin, cet homme devn comme un symbole; il disparaît à l’horizon tout chai de dépouilles, pliant sous les défroques, il a en saut la trompe de Bonnelles, et sur la tête le chapeau g de la Trémoille ; de cette main gauche, qui lui ren tant de services, il traîne tant bien que mal, attacl avec une jarretière de prostituée, le sabre de Marti prey, la cuirasse d’Albert de Mun, le manteau de p resse de la duchesse d’Uzès ; dans la main droite porte la couronne de France...

En s’éloignant, il répète, par la force de l’habitue son éternel chaud d'habits! mais il ne racole pas passants, il ne s’arrête plus devant les maisons; ili l’air satisfait d’un homme dontla journée est faite. Q ! voudrait-il de plus? Il est entré dans l’histoire comi: il entrait autrefois dans les cours, en levantin tête po regarder à quel étage on l’appelait et le comte de Pa i lui a fait signe de monter. On pourrait écrire un li\ ! intitulé : Arthur Meijer , et ce serait un livre d’histob , Aussi heureux que ses collègues qui, en décousant ! vieilles houppelandes, y découvrent parfois des f<tunes, il a trouvé des millions dans un parti de fesf mathieux où j’ai vu refuser quinze louis à un journal^! royaliste de 70 ans qui mourait littéralement de faii Il n’a pas dit, d’ailleurs, son dernier mot : il comp bien découdre encore quelques houppelandes. Il au: belle clientèle et il pense qu’il y a encore à emporter quelque demeure illustre quelque chose qui aura éi grand. Il ne se trompe pas et si le Prince aux yei d azur réussit à taper Rothschild et prend la successif de Boulanger, Meyer est sûr d’être de la fête. C’e donc d’un ton gaillard et plein d’espoir que le Yout triomphant lance dans la nuit qui commence à donn à tout des formes vagues le dernier chaud d'habits!, chaud d'habits ... Habits galous!

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